Colère sociale : les ingrédients d’une mobilisation massive ?
L'Heure du Monde
October 6, 2026
Pouvoir d’achat en berne, salaires moyens qui décrochent, conditions de travail difficiles, manque de ressources dans les services publics dénoncés, pêle-mêle, par les pompiers, les enseignants, le personnel hospitalier, et même les lycéens, dont le mouvement de révolte grossit depuis une dizaine...
Speakers Sophie Larmoyer, Emmanuel, Alice, Arbanuva, Antoine, Aline Leclerc
TopicsDaily NewsNews
Sophie Larmoyer (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Sophie Larmoyer et il est l'Heure du Monde.
Aujourd'hui, voici les ingrédients d'une recette explosive. Pouvoir d'achat en berne et salaire qui décroche, conditions de travail difficiles, manque de moyens dans les services publics, dénoncé pêle-mêle par les pompiers, les enseignants, les personnels hospitaliers et même les lycéens, auquel L'Heure du Monde consacrera un épisode dans les jours qui viennent. Les colères sont multiples, tous les ingrédients semblent réunis pour une rentrée sociale sous pression.
Depuis le mouvement spontané des Gilets jaunes en 2018, demeure cette idée que le couvercle de la Cocotte-Minute peut sauter à tout instant sans prévenir. Vie-t-on l'un de ces moments, alors que le gouvernement n'a aucune marge économique pour apaiser les esprits ? Depuis les Gilets jaunes, les mobilisations ont été nombreuses, mais aucune n'a vraiment abouti. Est-ce différent cette fois, alors que le pays entre en campagne présidentielle ? Et que penser de ces appels à la mobilisation relayée sur les réseaux sociaux désignant le 17 octobre comme le Grand Soir ? Toutes ces questions, je vais les poser à Aline Leclerc, journaliste au Service Économie du Monde. Depuis huit ans, elle observe les mouvements sociaux écoute celles et ceux qui se mobilisent et rencontre aussi celles et ceux qui n'y croient plus. Mais juste avant de la retrouver, nous allons faire un petit détour dans le cortège parisien de la mobilisation de la fonction publique. Le 29 septembre, c'était la semaine dernière, où les manifestants ont raconté leur colère au micro de l'Heure du Monde. Colère sociale, les ingrédients d'une mobilisation massive, un épisode d'Esther Michon, réalisation Quentin Tenaud.
SPEAKER_2 (1:59)
Mardi 29 septembre 2026, Paris.
Emmanuel (2:02)
Qui sont les manifestants et pourquoi se mobilise-t-il aujourd'hui ? Je m'appelle Emmanuel. Je suis prof documentaliste.
Écoutez, je suis là parce que ça fait quand même un bon moment que nos salaires ne sont pas revalorisés. On a quand même une lourde responsabilité sur les épaules et on nous laisse en galère. Enfin, on a l'impression d'être complètement délaissés en fait. C'est surtout ça et que c'est de pieds en pieds.
Sophie Larmoyer (2:28)
Je m'appelle Alice. J'ai 16 ans.
Alice (2:30)
Je suis au lycée Jean-Jaurès à Montreuil et on est venu soutenir les fonctionnaires en grève et aussi pour plus de moyens pour notre lycée. Aujourd'hui, on est genre 30 à 40 élèves par classe. Le lycée est en train de se dégrader de plus en plus. C'est plus possible de grandir et d'étudier dans ce genre de conditions.
Arbanuva (2:48)
Je m'appelle Arbanuva, je suis élève dans un lycée à René-Cassin, qui est à Gonesse. Il y en a qui n'ont pas de chaise, de table pour travailler. Donc, il y en a qui ne font même pas cours, il y en a qui font même debout, ou même on n'a pas de clim. Il fait chaud, quand il fait froid, il n'y a pas de chauffage, on n'a rien du tout à disposition. Donc, l'avenir n'est pas que aussi pour ceux qui viennent de Paris, l'avenir est aussi pour ceux qui viennent de banlieues parisiennes.
SPEAKER_2 (3:13)
Colombe, je suis auxiliaire de périculture et de soins. On est là pour manifester, déjà parce que nos salaires ne augmentent pas, le SMIC augmente, ce qui fait qu'on a des collègues qui passent sous le SMIC.
Moi, j'ai plus de 20 ans de mairie de Paris et avec une nouvelle, j'ai 230 euros d'écart.
Antoine (3:32)
Je m'appelle Antoine, j'ai 28 ans, je suis en recherche d'emploi. Chaque année, le gouvernement et Macron diminuent les impôts sur les plus riches, sur les grandes sociétés et donc diminuent les recettes qu'on a à disposition. Ce qui fait que la France doit s'endetter pour financer ses services publics, erronier ses services publics.
SPEAKER_2 (3:51)
Que font-ils de leur colère ?
SPEAKER_7 (3:53)
Je lutte tous les jours, je lutte. Je suis à la CGT dans mon entreprise. Je lutte par petite injustice, par petite injustice.
SPEAKER_8 (4:03)
On essaie de la transformer en force positive, à militer au quotidien. Moi, je suis syndiqué, j'essaie d'organiser mes collègues, de défendre comme on le peut, école par école. Et puis des moments où on essaye d'être présents tous ensemble en même temps.
Sophie Larmoyer (4:16)
Qu'est-ce qu'ils se perdent en manifestant aujourd'hui ?
SPEAKER_9 (4:19)
C'est bien. Je suis conquis, moi, à Orléans. On sait très bien que les finances ne seront pas là, donc on va juste se montrer et montrer qu'on pourra faire plus fort s'il y a besoin.
SPEAKER_7 (4:28)
Les cinq semaines de congés payés, on ne les a pas eu parce qu'on a demandé Ah madame et monsieur, les patrons, s'il vous plaît, donnez-nous des semaines de congés payés. On les a eues grâce à la rue.
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