RESCAPÉ DU 11 SEPTEMBRE : AU 47EME ÉTAGE D’UNE TOUR, IL VOIT L’AVION ARRIVER FACE À LUI (Et nous parle de l'effondrement…) [REDIFF]
LEGEND
September 7, 2026
Merci à Bruno Dellinger d’être passé nous voir chez LEGEND! Rescapé du 11 septembre, il était dans la première tour du World Trade Center quand l’avion s’est écrasé dessus. Il a vu l’avion arriver, il a survécu, et viens nous raconter les horreurs qui ont suivi l’attentat.
Speakers Guillaume Pley, Bruno Dellinger
TopicsNewsSociety & Culture
Guillaume Pley (0:00)
Bonjour tout le monde et bienvenue sur Legend. Aujourd'hui, notre invité, c'est vraiment exceptionnel. Il s'appelle Bruno Dellinger. Il était dans les tours jumelles, les tours de New York le 11 septembre 2001 Il y travaillait. Il a eu de la chance à quatre reprises. Il est passé proche de la mort. Il va nous raconter ce qu'il a vécu. Et c'est parti avec l'interview de Bruno Dellinger.
Bruno Dellinger (0:17)
Je m'appelle Bruno Dellinger.
J'étais dans la tour nord du World Trade Center. Et maintenant, je suis sur Legend.
Guillaume Pley (0:30)
Tu veux te reprendre au clap ? On se tutoie ?
Bruno Dellinger (0:32)
Avec plaisir.
Guillaume Pley (0:33)
Écoute, ça fait très plaisir de t'avoir. Je sais que ça t'ennuie parfois de faire des interviews parce que tout le monde te demande. Depuis le 11 septembre 2001, tu étais dans une des tours jumelles. Tu as eu la chance de survivre en prenant le bon escalier. Tu vas nous expliquer tout ça. Tu as sorti un livre. Si vous voulez les chercher, je vous mets le lien en cliquet sous la vidéo. Il est dispo chez Amazon. Encore sur Amazon. Il s'appelle World Trade Center au 47ème étage. C'est aux éditions Robert Lafond si ça vous intéresse. Je vous mets le lien. Si le récit... Là, on a le temps de parler. Tu as vu un épisode de l'émission. Tu vois un peu. On a le temps de parler pour que tu nous racontes un peu ta vie, pour comprendre comment tu te retrouves aux États-Unis en tant que Français.
Je sais que tu as ramené des objets, mais tu vas nous en parler après. Tu vas nous expliquer ce que tu as ramené. Tu as entendu l'impact de l'avion. Tu as pris ton temps. Tu es sorti calmement. Tu as pris le temps même, tu vas nous raconter, mais d'éteindre les ordinateurs.
Tu vas nous expliquer tout ça.
Chaque année, on te demande de parler dans les interviews ou c'est plus dans les gros anniversaires ?
Bruno Dellinger (1:32)
Oui, les dix premières années, c'était chaque année.
Guillaume Pley (1:34)
Chaque année ?
Bruno Dellinger (1:35)
Chaque année. Et puis maintenant, on me ressort des placards, disons tous les cinq ans, voire les dix ans.
Et donc, c'est toujours intéressant parce qu'il y a parfois des angles nouveaux qu'ont les journalistes pour m'interroger. Et puis, à mesure qu'on s'éloigne de... Ça fait tout de même plus de vingt ans maintenant. Moi, il y a des choses qui ne m'aveuglent plus. Et puis, il y a des rideaux qui se déchirent. Et puis, il y a des choses surtout où on va vers l'essentiel, disons, de ce qu'on retient de cette journée. Parce que c'est vrai que pendant des années et des années, c'était une souffrance, d'en parler, une souffrance libératrice qui permettait d'expurger tout ce qu'il y avait au fond de moi-même. Et maintenant, ce processus de thérapie, d'une certaine manière, est terminé.
Et tu seras surpris de voir qu'au fond, ce que je retiens de cette journée, c'est toute la générosité et toute la bravoure des gens qui ont constitué le capital humain de cette journée. Et qu'au fond, le geste meurtrier, je le mets de côté, comme à jeter dans les poubelles de l'Histoire, pour se rappeler simplement le meilleur de l'homme.
Guillaume Pley (2:55)
Parce que tu y repenses, c'est quelque chose qui maintenant est enfoui au fond de toi depuis vingt et quelques années, on en parlera tout à l'heure, mais tu y repenses encore souvent ?
Bruno Dellinger (3:06)
Je n'y pense pas dans la vie quotidienne. Mais dès que je vois, évidemment, c'est quand même très très présent dans l'iconographie, notre société, ces images du 11 septembre. Donc il y a des tas d'occasions dans une année de les rencontrer ces images.
Guillaume Pley (3:22)
Toi tu grandis en Normandie, à Paris, à Lyon, tu grandis en France. Qu'est-ce que tu fais dans la vie pour comprendre ton parcours et comment est-ce que tu parles là-bas après ?
Bruno Dellinger (3:31)
Moi, je suis un petit gamin. Je suis un petit gamin assez turbulent, qui a une passion, c'est son chien et la pêche.
Guillaume Pley (3:40)
Tu pêches quoi ?
Bruno Dellinger (3:41)
La truite.
Guillaume Pley (3:42)
C'était un test pour voir si tu étais vraiment pêcheur.
Bruno Dellinger (3:45)
À la cuillère.
Guillaume Pley (3:48)
T'obtiens ton bac après ?
Bruno Dellinger (3:50)
Oui, il y a eu deux ou trois périodes intermédiaires. Ensuite, effectivement, j'ai été élevé à Lyon chez des Jésuites. Donc une éducation très classique.
Guillaume Pley (4:00)
Très stricte un peu ?
Bruno Dellinger (4:02)
Oui, un peu stricte.
Je suis un peu rebelle à l'ordre. J'aime pas tellement recevoir des instructions. Je suis un esprit libre et donc c'est l'occasion aussi comme toujours. C'est la loi des équilibres. Plus c'est stricte, plus je fais des bêtises, bien sûr.
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