Que veut faire Poutine en France ? (29/09)
HugoDécrypte - Actus et interviews
September 29, 2026
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Speakers Hugo Décrypte, Blanche
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Hugo Décrypte (0:00)
La France serait menacée par la Russie, c'est ce qu'a déclaré Emmanuel Macron. Mais alors, de quel risque parle-t-on exactement ? Vous allez le voir, et je pense que vous l'imaginez, on ne parle pas ici de risque d'invasion de la France ou autre. C'est d'autres types de risques qui sont avancés. Mais donc, on va voir tout ça. On va voir aussi comment est-ce que l'Europe et l'OTAN réagissent face à cette situation. Salut, c'est Hugo. J'espère que vous allez bien. Et c'est donc le sujet à la une de ces actualités du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes de podcast. Emmanuel Macron a donc affirmé que la situation actuelle était, je cite, une situation inquiétante qui monte en tension. On vous en a déjà parlé dans ce format, mais les dirigeants européens ainsi que de nombreux spécialistes estiment que la Russie mène en Europe ce que l'on appelle une guerre hybride. Une guerre hybride, c'est donc une méthode qui est utilisée pour faire pression ici en l'occurrence sur l'Europe, sans lui déclarer ouvertement la guerre. Ça peut mélanger plusieurs moyens. On peut penser à des cyberattaques, à des sabotages, à de la propagande ou encore à des ingérences, donc des interventions ou tentatives d'intervention dans les élections. L'idée derrière tout ça, évidemment, c'est donc de déstabiliser le plus possible ses adversaires sans jamais franchir une forme de ligne rouge, sans jamais, pour dire des choses aussi, déclarer ouvertement la guerre à tel ou tel pays. Et pourquoi est-ce que la Russie serait en train d'intensifier et de développer tout cela ? Il y a plusieurs éléments, plusieurs hypothèses qui sont avancées. L'objectif pour la Russie, ce serait notamment, avec ces attaques, de mieux connaître les capacités de défense de l'Europe et bien cette question de solidarité entre les pays. Il y a aussi l'idée de pousser certains pays à limiter leur soutien à l'Ukraine en disant en quelque sorte qu'autrement ils vont avoir des ennuis avec cette guerre hybride. Autre objectif potentiel, l'idée de miner le moral de la population en menant comme ça des sabotages, des cyber-attaques et des éléments comme ça régulièrement. Et tout cela d'ailleurs peut avoir un impact sur l'économie de ces pays européens en créant donc plus largement un climat d'incertitude. Et sur ce point évidemment, les pays d'Europe de l'Est comme la Lituanie, la Lettonie ou encore la Roumanie qui sont donc géographiquement proches de la Russie semblent aujourd'hui être les principaux concernés avec notamment des engins russes donc des drones notamment qui survolent régulièrement leurs espaces aériens. De la même façon, il y a des sabotages et des cyber-attaques qui touchent également ces pays, pas que ces pays mais notamment ces pays. Et c'est des choses qui se déroulent si ce n'est pas tous les jours au moins plusieurs fois par semaine. Et là par exemple, juste littéralement au moment où j'étais en train de commencer à enregistrer ces actus, on a eu une nouvelle actualité, l'Estonie qui a accusé la Russie d'avoir commis là encore un acte de sabotage, le tout en incendiant les locaux d'un fabricant de drones. Et encore une fois, c'est un exemple parmi d'autres récemment. Alors qu'en est-il maintenant de la France ? C'est important sur ce sujet d'être très factuel. Selon les mots du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, la France n'a constaté ni survol de drones au-dessus de son territoire, ni sabotage majeur en France. Mais la France a par contre été la cible de cyber-attaque. Début septembre, le ministre des Affaires étrangères a par exemple dénoncé une vaste opération cyber russe qui touchait plusieurs pays européens. Et dans ces attaques, la Russie vise notamment des données du gouvernement à des fins donc soit de sabotage, soit d'espionnage. Au-delà de ça, plusieurs opérations de déstabilisation auraient été menées sur le sol français ces dernières années. Il y en a qui ont pas mal fait la une de l'actualité. Par exemple, en 2023, des étoiles de David avaient été taguées sur les murs de Paris et de sa banlieue. En septembre 2025, des têtes de port avaient été déposées devant des mosquées à Paris et en région parisienne. Or, ces actions ont été attribuées directement et indirectement à la Russie, selon les premiers éléments de l'enquête et les éléments sortis par les autorités françaises. Mais là, la raison pour laquelle on en parle davantage ces derniers jours, c'est que beaucoup de dirigeants européens, et notamment Kajakalas, la chef de la diplomatie de l'Union Européenne, estiment qu'il y a une forme de moment de bascule et que les choses vont de plus en plus vite. Ça s'est notamment passé au mois d'août, lorsque des drones chargés d'explosifs ont été découverts à l'aéroport de Leipzig en Allemagne, le tout en fait tout près d'avions cargo ukrainiens. Alors ce drone a pu être intercepté, mais s'il avait explosé comme prévu, forcément ça aurait pu causer des dommages très importants. Et sur cet élément précis, eh bien l'Allemagne a formellement attribué cette attaque à la Russie début septembre. Alors autre chose qu'on peut noter, mais attention, il faut bien écouter jusqu'au bout, la semaine dernière, le journal espagnol El Mundo avait prévenu qu'une telle attaque était bien possible. Selon ces informations, la CIA, donc les services secrets américains, avait alerté plusieurs pays européens, dont la France, sur le fait que la Russie pourrait lancer des drones sur la France depuis des navires en Méditerranée. Mais attention, là il y a un élément très précis à comprendre. Emmanuel Macron a affirmé que la CIA n'avait pas informé les services français d'une telle éventualité. Alors évidemment, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas un risque potentiel. Mais attention, ça veut dire donc qu'à priori, la CIA n'a pas prévenu d'une telle attaque possible, d'autant que l'Italie a tenu des démentis similaires. Alors face à tout cela, il y a une question majeure. Que doit faire la France ? Que doivent faire les pays européens face à cette guerre hybride que j'évoque ici ? Déjà côté français, on peut noter qu'Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d'élaborer un plan qui viserait à mieux protéger les infrastructures stratégiques contre les attaques de drones et contre les cyberattaques. Pour ce qui est de l'échelle européenne maintenant, alors on en a beaucoup parlé sur la chaîne, il y a déjà beaucoup de sanctions économiques qui sont imposées à la Russie. Et l'Union Européenne menace toujours de les intensifier. En parallèle, on peut noter que les pays membres de l'Union Européenne, ils ont augmenté leur budget de l'armée. Et l'augmentation de ce budget de l'armée, ce n'est pas forcément encore une fois pour faire face à un risque d'invasion ou quoi. Ça peut être aussi tout simplement pour mieux répondre à ces nouvelles menaces. Puisqu'encore une fois, ça peut être des sécurisations de lieux stratégiques, des repostes typiquement à des attaques de drones ou autres. C'est le genre de choses qui peuvent se poser et qui peuvent passer par l'armée. Cela dit, il faut dire les choses telles qu'elles sont. Il y a quand même beaucoup de questions plus profondes qui se posent. Et là, on n'aura pas la réponse aujourd'hui. Une des questions, par exemple, c'est sur l'article 5 du traité de l'OTAN. Encore une fois, l'OTAN, c'est donc cette alliance militaire principalement de pays occidentaux, menée notamment par les États-Unis et dont fait partie la France. Il y a notamment donc l'article 5 de l'OTAN qui affirme qu'une attaque armée contre un pays membre doit entraîner une forme de réaction des autres pays. Ce ne veut pas dire forcément que les autres pays doivent entrer en guerre avec le pays qui a attaqué. Par ailleurs, ce qui est important à comprendre, c'est que cet article ne se déclenche pas automatiquement. Il n'y a pas réellement d'obligation. C'est simplement les pays membres qui doivent s'accorder sur la riposte à adopter, sur la façon de répondre. Et tous ces arbitrages, c'est justement ce qui est en discussion actuellement à l'échelle européenne. Si il y a un pays qui est attaqué ou il y a par exemple une attaque de drone, comment est-ce que les pays européens, comment est-ce que les pays de l'OTAN doivent répondre ? Comment faire en sorte de trouver le bon équilibre pour dissuader la Russie de mener comme ça cette guerre hybride tout en évitant donc une surenchère qui peut être inutile et qui peut être dans certains cas dangereuse ? A noter que certains experts appellent aussi à faire attention aux vocabulaires utilisés et aux déclarations des dirigeants européens pour éviter justement de semer encore plus la panique et donc de jouer indirectement le jeu de la Russie. Ce qui est sûr en tout cas, c'est qu'il y a énormément de débats en ce moment puisque encore une fois, les intentions réelles de la Russie ne sont pas forcément connues. On n'est pas dans la tête de Vladimir Poutine et donc il y a beaucoup de doute aussi sur la posture à adopter face à tout cela. Et encore une fois, même si la volonté ou la capacité réelle de la Russie va t'espiper d'envahir un nouveau pays, c'est quelque chose qui est nuancé par beaucoup de spécialistes qui estiment que la Russie est déjà dans une situation délicate en Ukraine, y compris d'un point de vue économique pour son pays. Mais il reste donc encore une fois cette question de la guerre hybride qui est en cours. En tout cas, si vous voulez en savoir plus, il y a quelques semaines, j'étais en Pologne pour tourner un documentaire justement, précisément sur cette question là. Tu allais notamment à la frontière avec l'enclave russe au nord de la Pologne. J'ai rencontré beaucoup de personnes sur place, c'était extrêmement intéressant. Et du coup, pour le découvrir, de façon très simple, soit il est diffusé ce dimanche à 20h45 sur France 5 ou autrement alternative. Il sera aussi disponible sur ma chaîne YouTube dédiée au Grand Format ce dimanche aussi. Je vous mets le lien de la chaîne YouTube directement en description. Il fait très chaud dans ce studio où je tourne aujourd'hui, ça se voit peut-être. Donc je laisse la parole à Blanche pour le reste de l'actualité importante du jour et je reviens juste après.
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