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Pourquoi les jeunes sont en colère (03/10)

HugoDécrypte - Actus et interviews

October 3, 2026

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Hugo Décrypte (0:00)

Après plusieurs jours de manifestations, les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés par les organisations étudiantes à bloquer leur établissement la semaine prochaine. Mais aujourd'hui, on va donc revenir factuellement sur les différentes revendications et prendre du recul sur la situation des écoles et surtout des lycées en France. Salut, c'est Hugo et c'est donc le sujet à la une de ces Actualités du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes de podcasts. Alors ce mouvement de blocus des lycées, il a donc commencé il y a maintenant plusieurs jours avec certains blocages ponctuels depuis quelques temps. Mais c'est bien ce mardi que les mobilisations ont pris une toute autre ampleur. Après notamment que l'Union Syndicale Lycéenne a appelé à bloquer tous les lycées en France. Aujourd'hui, je le disais, on ne va pas revenir sur toute la semaine écoulée, tout ce qui s'est passé à tout point de vue entre les blocus, qui pour la majorité étaient pacifiques, mais aussi des incidents qui se sont produits. Tout ça, c'est évidemment des sujets très importants qu'on a couverts toute la semaine sur ce format et beaucoup évidemment sur Instagram. Simplement, aujourd'hui, ce n'est pas l'objet de ces actus. Aujourd'hui, on va se concentrer sur cette question, les revendications des lycéens. Très globalement, les lycéens et les étudiants dénoncent le manque de moyens accordés à l'éducation, qui se répercute directement sur les conditions d'apprentissage. Pour vous donner une idée, selon les données de l'Assemblée nationale, près de 10 % des écoles, collèges et lycées publiques présentaient un état de vétusté important en 2023 Cette vétusté, elle se ressent directement avec certains lycées délabrés ou encore avec des températures très froides dans certaines salles de classe en hiver ou très chaudes en été, ou en tout cas l'approche de l'été. On l'a beaucoup vu lors des dernières canicules évidemment. On parle notamment de 13 500 établissements scolaires qui ont dû fermer leurs portes ou aménager leurs horaires, selon le ministre de l'Éducation nationale. Et voilà, je pense que ça concerne forcément pas mal d'entre vous que vous soyez d'ailleurs élèves ou d'ailleurs parents d'élèves. Mais au-delà en fait de cette insalubrité, c'est aussi un sujet dont on parle beaucoup sur la chaîne. Les manifestants dénoncent le manque de professeurs et de personnels. Il manquait, par exemple, à la rentrée, au moins un professeur dans la moitié des collèges et des lycées publics, selon une enquête des syndicats d'enseignants. Et selon un récent rapport parlementaire, entre 2024 et 2025, environ 7,5 % d'heures d'enseignement n'ont pas été assurées à cause justement du non remplacement des professeurs dans le second degré. Résultat, on se retrouve avec des lycées qui bien souvent possèdent des classes surchargées et où les enseignants n'ont pas forcément l'occasion de s'occuper correctement de chaque élève. C'est donc évidemment aussi des conséquences et une frustration qui est ressentie par beaucoup d'enseignants. Et là, on parle du manque de moyens donc à la fois au niveau des bâtiments et à la fois au niveau des enseignants. Il faut aussi comprendre qu'il y a aussi beaucoup de choses qui sont dénoncées, par exemple, parfois sur le manque de psychologues ou encore le manque d'infirmières ou d'infirmières dans les lycées. En plus de ça, justement, les lycéens demandent davantage de mesures en faveur de la santé mentale et du bien-être psychologique. Ça passe notamment par une demande de suppression de parcours sup ou en tout cas de grands changements de parcours sup. Il faut noter que selon une étude d'opinion qui a été menée par l'Institut CSA en 2025, 84 % des lycéens jugeaient la plateforme stressante, notamment en raison des temps d'attente et des processus jugés encore assez opaques. Parmi les autres revendications qu'on peut noter, les lycéens dénoncent des emplois du temps trop chargés par rapport à la moyenne des pays développés. Les élèves français ont en effet plus de vacances, mais des journées de cours qui sont plus longues. Donc là aussi, comme sur tous les sujets, bien entendu, c'est une question politique et c'est un choix politique. Est-ce qu'il faut moins de vacances, par exemple des vacances d'été plus courtes, avec par contre en échange du coup des journées dans l'année qui sont plus courtes pour privilégier par exemple l'après-midi, les activités artistiques, les activités sportives, comme c'est le cas dans certains pays. Alors maintenant attention, les revendications peuvent varier d'un établissement à l'autre, d'un syndicat à l'autre et évidemment d'un élève à un autre. Ce qu'on a pu observer notamment, c'est dans les lycées les plus aisés, par exemple au centre de Paris, dans certains cas les déclarations de lycéens qui estimaient vouloir se mobiliser en solidarité avec les lycées moins favorisés. Et puis encore une fois, il y a tout un tas de revendications. Certains dénoncent globalement la baisse du niveau des élèves et estiment encore une fois que c'est une question de moyens. Il y a la question évidemment du coup des inégalités. Il y a aussi des revendications plus larges, par exemple liées à la Palestine, à l'environnement ou encore avec des critiques du gouvernement sur ce sujet comme sur d'autres. Il y a aussi une forme d'inquiétude qui est exprimée par beaucoup de jeunes. On le lisait à l'instant sur l'environnement, mais même sur la question de l'intelligence artificielle, de l'impact que ça peut avoir chez eux et sur le marché de l'emploi dans les prochaines années. On voit que c'est des choses qui reviennent souvent. Et d'ailleurs, beaucoup de spécialistes parlent ici d'un contexte de polycrise. C'est-à-dire qu'il n'y a pas forcément qu'une seule mesure ou une seule chose qui fait débat, comme par exemple, je ne sais pas, quand on parle de la réforme des retraites et les manifestations à l'époque. Là, c'est quelque chose qui est beaucoup plus large. Alors, face à tout cela, le ministre de l'Éducation nationale a affirmé que pour l'an prochain, l'État ne comptait pas faire d'économie sur la jeunesse. C'est une citation ici. Il a assuré qu'il y aurait une hausse de 1,2 milliard d'euros du budget de l'éducation nationale, malgré donc les contraintes budgétaires dans d'autres secteurs. Mais en parallèle, ce qu'on peut noter, c'est que le gouvernement prévoit de supprimer plus d'un millier de postes d'enseignants l'an prochain. Le gouvernement justifie cette mesure par la baisse démographique du nombre d'élèves. Autrement dit, il y a de moins en moins d'élèves. Le gouvernement assure que ces postes qui évoluent à la baisse évoluent moins vite que la baisse du nombre d'élèves. En gros, pour dire les choses, le gouvernement estime que ça ne va pas aggraver la situation. Vous l'imaginez, c'est une crainte importante des syndicats d'enseignants. Cette semaine, on a été énormément sur le terrain avec toute l'équipe pour vous informer sur la situation, pour comprendre les raisons de cette mobilisation des lycéens, pour voir aussi ce qui se passait sur le terrain, avec beaucoup de blocus qui se sont déroulés globalement dans le calme, mais aussi dans certaines villes, des tensions qui ont éclaté. On peut noter qu'il y a plus de 170 élèves et plus de 65 membres du personnel qui avaient subi des blessures depuis le début du mouvement. Et ça, c'est uniquement les blessures qui ont été rapportées, puisque évidemment, tous les élèves ne le déclarent pas nécessairement. Du côté des membres des forces de l'ordre, le ministère de l'Intérieur avance le chiffre de 305 membres des forces de l'ordre. Des enquêtes ont aussi été ouvertes, avec à Belfort par exemple, une enquête qui a été ouverte pour tentative d'homicide volontaire visant un policier. Atour, c'est un lycéen de 16 ans qui a perdu l'usage d'un œil, avec des liaisons qui, je cite selon la procureure, sont compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD, qui peuvent être donc utilisées par les policiers.

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