Le Royaume-Uni vit-il ses dernières heures ?
HugoDécrypte - Actus et interviews
September 16, 2026
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Speakers Hugo Décrypte, Léa
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Hugo Décrypte (0:00)
Le Royaume-Uni va-t-il bientôt disparaître ? Pour la première fois, l'Ecosse, le Pays d'Igale et l'Irlande du Nord sont dirigés par des partis favorables à une rupture avec le Royaume-Uni, et leurs dirigeants se sont réunis ce lundi pour réclamer ensemble leur droit à l'autodétermination. Mais alors, comment fonctionne exactement le Royaume-Uni aujourd'hui ? Et ces nations pourraient-elles vraiment le quitter ? Salut ces blanches, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet, la une de ce format d'Actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Pour comprendre l'enjeu, il faut d'abord rappeler comment est organisé le Royaume-Uni. Il regroupe quatre nations, l'Angleterre, l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord. Depuis 1999, ces trois dernières disposent de parlements et de gouvernements autonomes avec des compétences sur des sujets comme la santé, l'éducation ou le logement. Mais certains domaines restent gérés au niveau britannique, notamment la défense, la diplomatie et les questions constitutionnelles, c'est-à-dire les règles qui organisent le fonctionnement du Royaume-Uni. Et c'est justement là que ça se complique. En Écosse et au pays de Galles, les parlements locaux ne peuvent pas décider seuls d'organiser un référendum d'indépendance. La Cour suprême britannique, donc la plus haute juridiction du Royaume-Uni, l'a d'ailleurs confirmé en 2022, l'Écosse ne peut pas organiser seul un tel vote. En Irlande du Nord, la situation est un petit peu différente. Les accords de paix de 1998, qui ont été signés après 30 ans de conflit entre les partisans du Royaume-Uni et ceux du Irlande réunifié, prévoient la possibilité d'organiser un référendum sur la réunification avec la République d'Irlande si le gouvernement britannique estime qu'une majorité de la population y est favorable. Pour rappel, la République d'Irlande, c'est aujourd'hui un pays indépendant qui ne fait pas partie du Royaume-Uni. Et c'est donc notamment cette question du droit à décider de leur avenir que les trois nations veulent faire évoluer. Cela dit, leurs dirigeants se sont réunis pour la première fois à Cardiff, au Pays de Galles, John Swinney, le premier ministre écossais, Runape Yeowarth, qui est le premier ministre du Pays de Galles, et Michelle O'Neill, la première ministre de l'Irlande du Nord. Tous les trois sont issus de partis indépendantistes qui sont favorables à une réunification irlandaise. Ils ont signé un texte commun affirmant que leurs nations ont le droit à l'autodétermination et qu'aucun gouvernement britannique ne devrait pouvoir, je cite, faire obstacle à la démocratie. Ils demandent aussi au gouvernement britannique de préparer et faciliter de futurs changements constitutionnels, donc de la constitution, la norme suprême du pays. Mais alors que demandent-ils précisément ? En réalité, leurs objectifs ne sont pas exactement les mêmes. L'Écosse, elle, réclame un nouveau vote sur l'indépendance que John Swinney espère organiser dans les deux prochaines années. Un premier vote avait eu lieu en 2014 et le nom l'avait emporté avec 55 % des voix. Au pays de Galles, Runa Peaworth défend surtout à court terme une autonomie beaucoup plus importante. Et en Irlande du Nord, Michelle O'Neill réclame un référendum sur la réunification avec la République d'Irlande. Elle estime qu'un tel vote est tout à fait envisageable d'ici à 2030 Ça c'est donc pour les spécificités de chacun, mais les trois nations ont un point commun. Elles estiment que leur avenir est dans l'Union européenne. Dans leurs textes communs, elles affirment notamment que le Brexit, donc la sortie du Royaume-Uni de l'UE actée en 2020, a endommagé leurs économies et réduit certaines opportunités. Mais là encore, chacune des nations envisage un chemin différent pour revenir au sein de l'Union européenne. L'Ecosse et le pays de Galles souhaiteraient y adhérer en tant que nouveau pays membre indépendant. Mais en cas de réunification de l'Irlande, l'Irlande du Nord intégrerait en revanche un pays, la République d'Irlande, qui est déjà membre de l'Union européenne. Maintenant qu'on a vu tout ça, quelle a été la réponse du gouvernement britannique ? Le premier ministre britannique, Andy Burnham, réagit ce lundi par la voix de son porte-parole, en disant croire, je cite, fermement, en l'Union du Royaume-Uni. Cependant, sa position sur l'Ecosse a évolué ces derniers jours. En juillet, il avait d'abord jugé hors de question un nouveau référendum sur l'indépendance, mais il a depuis laissé entendre qu'un vote pourrait être envisagé s'il existait, je cite, un consensus clair dans la population, à voir donc si une décision sera prise prochainement là-dessus. En Irlande du Nord, on le disait, le mécanisme est différent, ce qui laisse une marge de manœuvre au gouvernement britannique. En tout cas, ce sommet intervient dans un contexte particulier. Quelques jours plus tôt, le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui était en visite en Irlande, a déclaré qu'une réunification de l'île serait, je cite, fantastique, ajoutant que ça finira par arriver. Ces propos ont été salués par le camp indépendantiste, mais n'ont pas été commentés directement côté britannique. Mais alors, ces trois nations pourraient-elles vraiment sortir du Royaume-Uni ? Pour l'instant, ça n'est pas imminent. Selon une spécialiste de la civilisation britannique, interrogée par Le Parisien, il est difficile d'imaginer un dirigeant britannique accepter formellement d'ouvrir cette voie, car ça reviendrait à entamer le démantèlement de son propre pays. Et même si un vote était organisé, il faudrait ensuite obtenir une majorité en faveur de l'indépendance. En tout cas, les dirigeants des trois nations ont reconnu que chaque nation sera responsable de son propre parcours, et le texte qu'ils ont signé ne change pas pour l'instant le statut juridique des territoires au sein du Royaume-Uni. Bref, on suivra tout ça. Je vous laisse avec Léa pour le reste de l'actualité importante du jour.
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