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Le chiffre qui révèle l’explosion de la pauvreté en France (05-10)

HugoDécrypte - Actus et interviews

October 5, 2026

Chaque jour, en moins de 10 minutes, un résumé de l’actualité du jour. Rapide, facile, accessible. 🔗 DES LIENS POUR EN SAVOIR PLUS PRÉCARITÉ EN FRANCE: Restos du Coeur, Le Monde, TF1, Franceinfo Écriture: Blanche Vathonne - Léah Boukobza - Samy Rabbata - Hugo Travers Hébergé par Acast.

Speakers Blanche Vathonne, Samy Rabbata

TopicsNews

Blanche Vathonne (0:00)

Le nombre de personnes vivant dans la grande pauvreté en France a augmenté de 37 % entre 2018 et 2025, selon les données des Restos du Coeur. Toujours selon cette étude, une personne sur dix en France pourrait avoir besoin de l'aide alimentaire dans les dix prochaines années, si rien n'est fait d'ici là. Mais alors, que révèle précisément cette étude ? Qui est concerné ? Et surtout, comment lutter contre ce fléau ? Salut, c'est Blanche. J'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'Actu du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. C'est donc ce lundi qu'est sortie cette nouvelle étude, réalisée par 5 chercheurs en économie à partir d'une base de données inédite, issue des Restos du Coeur, la plus grande association d'aide alimentaire en France. L'étude se base notamment sur la grande précarité ou grande pauvreté à travers deux cadres très précis, à savoir le recours à l'aide alimentaire et les difficultés d'accès à un logement stable. Des données qui sont globalement difficiles à récupérer et à analyser, car les personnes concernées passent souvent entre les mailles du filet de ces fameuses études. Ici, en se basant donc sur les données des Restos du Coeur, on apprend notamment que 5,5 millions d'individus ont bénéficié d'une aide alimentaire entre 2018 et 2025 Ça représente 8 % de la population française qui a donc eu besoin de cette aide pour se nourrir. Pour ces personnes, l'étude estime que le recours à l'aide alimentaire dure en moyenne 18 mois. La majorité en sort au bout d'un an, tandis qu'une minorité, 14 %, continue d'en avoir besoin pendant plus de trois ans. L'étude souligne donc que la majorité des personnes ont recours à cette aide pendant relativement peu de temps, mais ça ne signifie pas que le nombre de bénéficiaires diminue, puisque de nouvelles personnes ont besoin de cette aide en permanence. Les jeunes représentent une part importante des personnes accueillies par les Restos du Coeur. Entre 2024 et 2025, sur 1,3 million de personnes venues chercher de l'aide, une personne accueillie sur deux avait moins de 25 ans, et près d'une famille sur quatre était monoparentale. Il s'agit souvent de mères célibataires qui s'occupent seules de leurs enfants. Plus largement, 90 % des personnes accueillies au Restos du Coeur entre 2018 et 2025 étaient sans emploi. Ce chiffre inclut notamment 3 % d'étudiants, 10 % de personnes handicapées et 11 % de retraités. Au total, 40 % des personnes qui ont eu besoin d'aide alimentaire au Restos du Coeur sont aussi en situation de précarité résidentielle, c'est-à-dire qu'elles sont sans logement personnel et sont donc hébergées par quelqu'un d'autre ou sont sans abri. A noter que si le nombre de personnes ayant été accueillies pour une aide alimentaire a augmenté de 37 % pendant ces sept années, celui des personnes en précarité résidentielle a lui aussi explosé de 62 %.

Et parmi les personnes en précarité résidentielle, 25 % sont des enfants de moins de 10 ans. Alors on va pas pouvoir vous donner tous les chiffres de l'étude, si vous voulez en savoir plus, le lien est en description. Mais maintenant qu'on a vu ça, comment expliquer ces hausses ? L'étude souligne notamment que l'augmentation du coût de la vie, notamment des loyers, fait partie de l'un des principaux facteurs qui peut faire basculer dans l'extrême pauvreté. L'inflation, donc la hausse générale des prix, serait par exemple responsable de plus de la moitié de la hausse du nombre de personnes sans abri depuis 2018 Selon l'étude, une augmentation de 10 % des prix des loyers mène, selon les situations, à plus 5 voire plus 18 % de précarité résidentielle et plus 9 % de précarité alimentaire. Concernant le chômage, une hausse de 10 % en France entraîne aussi une augmentation d'environ 10 % du nombre de personnes sans abri ou en situation de précarité résidentielle et même de 13 % pour la précarité alimentaire, selon les chercheurs. Alors, il y a évidemment beaucoup de raisons pour expliquer ces situations et elles varient d'un individu à l'autre, mais les données montrent notamment que ces difficultés ont augmenté après la pandémie de Covid en 2020, puis avec la flambée des prix due à l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022 Ces différentes crises ont largement fragilisé les ménages les plus modestes et aggravé certaines situations de pauvreté. Ça résulte donc des crises mondiales mais aussi de choix politiques liés au financement de l'État. On peut par exemple citer le manque de logements sociaux sur le territoire et qui sont aujourd'hui et notamment à Paris largement saturés avec des mois et des mois d'attente dans la plupart des cas. Le tout dans un contexte où la précarité est en augmentation en France depuis le milieu des années 2000 selon l'Observatoire des Inégalités pour ne citer que lui. Face à tout ça, cette nouvelle étude souligne donc qu'à l'échelle de l'État, c'est bien la prévention qui reste le levier le plus puissant pour lutter contre l'augmentation de cette précarité. Les politiques qui agissent sur la stabilité des prix, le marché du travail ou encore l'offre de logements peuvent en effet aider à prévenir les basculements dans la grande pauvreté. En revanche, elles ont peu d'effets pour aider les personnes qui sont déjà tombées dans la grande précarité à en sortir. Le tout dans un contexte où plus une personne est confrontée depuis longtemps à la grande pauvreté, plus il est difficile de s'en sortir car les difficultés s'accumulent. L'étude appelle donc à construire et à adopter des politiques en amont de manière ciblée avec pour objectif d'empêcher les basculements plutôt que de seulement répondre à l'urgence. Pour être très concret, les auteurs ont par exemple calculé que sans l'inflation des prix et des loyers, le nombre de ménages sans abri accueillis par les Restos du Coeur aurait par exemple progressé de seulement 29 % contre 61 % entre 2018 et 2025 A voir si cette étude sera écoutée et permettra de faire changer les choses. Je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour.

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