Le 17 octobre approche, le gouvernement prépare sa réponse (16/10)
HugoDécrypte - Actus et interviews
October 16, 2026
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Speakers Samy Rabbata, Blanche Vathonne
TopicsNews
Samy Rabbata (0:00)
Après bientôt, un mois de mobilisation lycéenne, rejoint depuis par les étudiants. Le gouvernement a bien apporté quelques mesures, mais pour certains, ils chercheraient surtout à gagner du temps, et la mobilisation se poursuit. Mais alors, quelle est la véritable stratégie du gouvernement ? Salut c'est Samy, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet, elle a une de ce format d'Actu du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. On vous en a beaucoup parlé, les lycéens manifestent depuis plusieurs semaines pour demander plus de moyens pour l'éducation nationale, plus de profs, des classes moins chargées, plus du budget pour rénover les établissements vétustes, ou encore pour avoir plus de transparence concernant Parcoursup. Là-dessus rien de nouveau, ces problèmes sont dénoncés depuis des années, mais cette fois, les élèves eux-mêmes ont décidé de manifester partout en France pour obtenir des réponses. Et après de très nombreuses mobilisations lycéennes, puis étudiants, soutenus par de nombreux syndicats, quelles réponses le gouvernement a-t-il réellement apporté ? Spoiler, les lycéens, étudiants et beaucoup d'autres sont de nouveau appelés à se mobiliser ce 17 octobre, une preuve que pour les principaux concernés, le compte n'y est pas encore. Dans un premier temps, la réponse au mouvement a surtout été policière et sécuritaire, sans véritable dialogue. Plusieurs syndicats ont même dénoncé une forme de mépris et de décrédibilisation des mouvements lycéens. Et même si attention, d'autres pistes ont été engagées par le gouvernement depuis, cette question de réponse policière reste encore aujourd'hui une source de critique. Au total, le ministère de la Justice recensait ce mercredi près de 8000 gardes à vue et 2700 personnes poursuivies dans toute la France, en grande majorité des mineurs. Et la France a aussi été épinglée par l'ONU et par différentes ONG, dont Amnesty, pour sa réponse policière inédite envers les jeunes manifestants. On parle de centaines de blessés chez les lycéens, le personnel de l'éducation ou encore chez les policiers et les gendarmes. Concernant l'IGPN, la police des polices, plus de 30 enquêtes ont été ouvertes après des signalements de violences policières depuis le début du mouvement lycéen. Parmi elles, on retrouve notamment le cas d'un lycéen de 15 ans à Lens, dans la main du être amputé après l'explosion d'une grenade. Mais il ne s'agit évidemment que d'un cas parmi d'autres et on a d'ailleurs fait un post là-dessus sur Instagram si vous voulez en savoir plus. En tout cas, face aux accusations de répression, le gouvernement affirme que les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens mais bien de répondre à ce qu'ils considèrent être des violences urbaines ou des émeutes. Son le ministre de l'intérieur, Laurent Nunez, les interventions se font avec proportionnalité et dans le respect du cadre légal. Il a toutefois suspendu l'usage des grenades assourdissantes après le drame de Lens avant d'annoncer qu'elles pourraient de nouveau être utilisées le 17 octobre en cas je cite de violences urbaines extrêmement graves. Enfin bref, c'est aussi dans ce contexte que beaucoup de manifestants dénoncent cette importante réponse policière. Maintenant concernant les réponses du gouvernement aux revendications, Édouard Jeffrey, le ministre de l'éducation nationale, a annoncé certaines mesures. La mesure phare concerne le fait que 3000 professeurs remplaçants ont selon le gouvernement déjà commencé à être envoyés dans les lycées sous tension. Le syndicat SNES-FSU, le premier syndicat français des personnels enseignants, parle cependant d'un leur. Selon lui, il ne s'agit pas de nouveaux recrutements, mais de mobiliser des remplaçants déjà employés. Et selon le syndicat, les enseignants disponibles ne correspondent d'ailleurs pas forcément aux besoins des lycées, notamment dans les matières où il manque de profs. Il s'agit donc selon leurs mots d'un bricolage qui ne répondrait en réalité pas aux problèmes. Édouard Géffret a aussi annoncé l'ouverture temporaire d'une consultation sur la plateforme en ligne Agora. L'objectif, c'est que les lycéens fassent directement remonter leurs problèmes au gouvernement. 100 contributions auraient déjà été émises, mais reste à voir quelles réponses seront apportées. Le gouvernement affirme en tout cas qu'elles seront apportées fin octobre. Le ministre a aussi reculé sur le projet de créer des frais d'inscription en BTS et en prépa dans le cadre du prochain budget de l'Etat. Et depuis, il a reçu à trois reprises plusieurs organisations lycéennes pour tenter de trouver une solution, mais jusque là, ces consultations n'ont débouché sur aucune avancée concrète. Et c'est en fait tout l'enjeu, même si le gouvernement a fait certains gestes. De nombreux syndicats lui reprochent de ne toujours pas avoir apporté de réponses concrètes aux revendications des lycéens. Certains observateurs et des sources internes citaient anonymement dans les médias, reprochent aussi au gouvernement d'avoir trop tardé à réagir et de ne pas avoir pris la mesure du problème. En privilégiant dans un premier temps la confrontation, plutôt que la désescalade et le dialogue, de la colère contre la gestion du mouvement s'est aussi ajoutée aux revendications, selon certaines analyses, le gouvernement pourrait aussi miser sur l'essoufflement de la mobilisation, notamment avec l'arrivée des vacances scolaires. A ce stade, le gouvernement peine donc à trouver le juste équilibre entre le fait de sécuriser les manifestations, écouter les revendications et y apporter des réponses, pour expliquer pourquoi il ne peut pas répondre à toutes les demandes, le gouvernement met aussi en avant les contraintes budgétaires et la nécessité de maîtriser le déficit public de la France, un sujet qui est là aussi débattu. Une crainte potentielle pour le gouvernement serait aussi de voir ce mouvement se mélanger durablement à d'autres colères, liés par exemple à la crise du carburant ou aux difficultés du monde agricole. On parle donc ici d'une contestation qui pourrait être plus large, à l'image de ce qui pourrait avoir lieu ce 17 octobre, on vous en parlait justement hier. De son côté, Emmanuel Macron a reconnu que la jeunesse exprime des angoisses légitimes tout en dénonçant les violences, et le premier ministre Sébastien Lecornu a lui promis que les premières décisions du gouvernement seraient présentées à la fin du mois d'octobre, avec notamment du nouveau concernant Parcoursup. On verra ce qu'il en sera réellement et on continuera évidemment, de notre côté, de suivre et d'analyser tout ça. Sur ce sujet, on a déjà eu l'occasion d'interviewer le ministre de l'Éducation, le lien est en description, et on sera également présents demain sur le terrain pour écouter la parole des manifestants ce 17 octobre. D'ici là, je vous laisse avec Blanche pour le reste de l'actualité importante du jour.
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