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La France peut-elle réellement manquer d’essence ? (23/09)

HugoDécrypte - Actus et interviews

September 23, 2026

Chaque jour, en moins de 10 minutes, un résumé de l’actualité du jour. Rapide, facile, accessible.

Speakers Hugo Décrypte, Samy

TopicsNews

Hugo Décrypte (0:00)

La France risque-t-elle d'être à court d'essence ? Les prix continuent à grimper, le gouvernement a annoncé des nouvelles mesures, mais alors, y a-t-il réellement un risque de pénurie ? Quelle est réellement la situation sur place ? On va faire un point factuel et nuancé sur la situation. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. C'est donc le sujet à la une de ces Actualités du Jour, disponible, vous le savez, sur YouTube et en podcast audio, sur toutes les plateformes de podcast. Vous êtes d'ailleurs de plus en plus nombreux en podcast à découvrir ce format des Actus du Jour, mais aussi les interviews et les actualités culturelles en exclusivité là bas. Donc merci et bienvenue à tous les nouveaux. Alors pour être très concret, le prix du baril de Brent, qui est considéré comme la référence pour suivre le prix du pétrole, est passé d'environ 80 dollars début juillet à majoritairement plus de 100 dollars depuis le 9 septembre. Et à titre de comparaison, c'est près de 50 % de plus que l'an dernier à la même période. On vous en a déjà parlé, cette augmentation elle est due principalement, pas que attention, ça aussi on en a beaucoup parlé sur la chaîne, mais principalement au contexte géopolitique, et notamment aux tensions au Moyen-Orient, depuis les bombardements israéliens et américains sur l'Iran au mois de février, depuis aussi la riposte iranienne dans la région. Il y a toujours le détroit d'Hormuz, par lequel donc transite près de 20 % du commerce mondial d'hydrocarbures, qui est bloqué par l'Iran, et les États-Unis de leur côté bloquent des ports iraniens. Plus récemment c'est un autre détroit, celui de Babel Mandeb, qui est perturbé à cause des rebelles outils du Yémen, qui sont alliés de l'Iran. Tout cela fait qu'il y a moins de pétrole qui sort, et donc l'offre de pétrole est fortement perturbée. Rien qu'en France, le prix du gazole s'établissait par exemple, en moyenne, à 2,41€ le litre ce mardi, tandis que l'essence SP98 est à 2,27€, le SP95 est à 2,17€, et ces chiffres là vraiment c'est des records, avec, il faut le noter tout de même, des niveaux beaucoup plus élevés parfois à l'échelle locale. On approche des 3€ le litre sur certains types d'essence et dans certaines stations. Alors dans le cas du gazole au passage, s'il y a des records qui sont atteints, c'est aussi à cause d'un autre enjeu. Il faut savoir qu'en France, environ la moitié du gazole est importé déjà raffiné, c'est-à-dire que c'est un gazole déjà transformé donc à partir de pétrole brut. Or aujourd'hui, plusieurs raffineries sont perturbées, notamment au Moyen-Orient ou encore en Russie à cause de la guerre. Résultat, l'offre de gazole disponible sur le marché mondial diminue, et ça contribue à faire monter encore davantage le prix. Sachant que sur la question des raffineurs, il y a aussi évidemment la question des marges. On en reparle juste après. Tout cela, je ne vous apprends rien. Malheureusement, ça a des conséquences directes sur la vie de millions de Français avec des dépenses en carburant en hausse. Ça a entraîné une colère importante. On a parlé des appels à manifester, des potentiels retours de mouvements type Gilets jaunes. Et en parallèle, beaucoup de Français et de responsables politiques ont accusé le gouvernement de profiter de la situation actuelle. Alors là-dessus, il faut déjà comprendre que l'État touche deux grandes taxes sur chaque litre de carburant. La première taxe qu'il faut connaître, c'est la TVA. Bon, ça, c'est la taxe probablement la plus connue. C'est une taxe de 20 % en général qui est ajoutée au prix de vente. Et donc, quand le litre de carburant devient plus cher, proportionnellement, forcément, la TVA devient plus chère. Et donc, l'État récupère un peu plus de TVA. Mais ce n'est pas la seule taxe qui existe. La deuxième grande taxe, c'est la taxe d'assises. C'est une somme qui est fixe et qui est prélevée sur chaque litre. En l'occurrence, elle est de 60 centimes par litre de gazole et de 69 centimes pour l'essence. Peu importe le prix du litre, que ce soit 1,50, 2 euros ou 3 euros, cette taxe, en l'occurrence, ne bouge pas. On a donc une situation où il y a une taxe qui évolue en fonction du prix du carburant. Là, c'est la TVA. Une autre taxe qui est fixe et simplement qui fait rapporter plus ou moins d'argent en fonction du nombre de litres de pétrole qui sont achetés et consommés. Le résultat, et j'espère que c'est clair, je ne sais pas si j'arrive à bien expliquer tout ça, donc vous me direz dans les commentaires, mais on peut se retrouver potentiellement dans une situation où si les prix augmentent et que les Français achètent moins de carburant parce qu'ils estiment que c'est trop cher, et bien l'État peut finir par gagner moins d'argent puisque potentiellement, ils touchent plus grâce au montant de la TVA qui augmente, mais ils perdent finalement via l'autre taxe. Alors est-ce que en ce moment, l'État gagne plus ou moins d'argent dans la situation actuelle et avec l'évolution de la consommation aussi des Français, ce que déclare aujourd'hui le gouvernement et c'est pour l'instant donc une déclaration du gouvernement, c'est que l'État n'a pas profité selon lui de l'évolution des prix et que l'État aurait même perdu 407 millions d'euros de recettes depuis le début de la crise par rapport à la même période l'an dernier. Alors évidemment, au delà de cet effet d'annonce, c'est des choses qu'il va falloir vérifier et confirmer dans les prochains jours, y compris d'ailleurs en fonction de l'évolution de la situation. Mais en attendant cette crise, il semblerait surtout qu'elle profite potentiellement aux producteurs et aux raffineurs de pétrole, des raffineurs de pétrole notamment, dont les marges explosent. Selon Le Monde, qui se base sur les chiffres de l'administration française, les marges des raffineurs ont été en moyenne presque 7 fois plus importantes pendant les 11 premiers jours de septembre qu'au mois de février dernier. C'est donc évidemment un élément là de débat et de discussion, le fait que potentiellement certaines entreprises profitent de la crise, profitent de la situation pour s'enrichir, au détriment aussi donc des français. Alors on va parler de la question du gouvernement dans un instant, puisque même si potentiellement l'état perd de l'argent, ce n'est pas pour autant que le gouvernement n'est pas accusé de ne pas faire suffisamment pour aider les français. On revient là-dessus juste après. Mais avant ça donc, au-delà de la question des prix, je le disais, il y a aussi la question des stocks. Ce lundi, un peu plus d'une station service sur 6 était à sec sur au moins un carburant. C'est ce qu'indique là les données du gouvernement. Mais le gouvernement de son côté affirme qu'une véritable pénurie d'essence vraiment à l'échelle nationale et sur tous les carburants n'est pas à l'ordre du jour et qu'il reste dans tous les cas trois mois de stocks stratégiques. Ces stocks stratégiques, on peut l'imaginer qui pourraient être utilisés à l'avenir si on voit que la crise se poursuit et dans un objectif d'injecter davantage d'essence et de permettre de faire potentiellement baisser les prix en ayant donc potentiellement une offre plus importante, ce qui allégerait en quelque sorte les tensions sur le marché. Autre information, le ministère de l'économie précise aujourd'hui que 9 stations sur 10 qui rencontrent actuellement un problème temporaire d'approvisionnement font partie des enseignes qui pratiquent un plafonnement de leurs prix et qui captent donc forcément une partie de la demande. Là, c'est très simple en l'occurrence à expliquer. Il y a certaines stations où il y a un plafond, notamment Total qui a annoncé un plafonnement en partie des prix. Ça peut donc créer un décalage par rapport à d'autres stations où il n'y a pas forcément ce plafond. Donc forcément, les gens vont davantage dans les stations où c'est moins cher et ça peut entraîner des pénuries parfois occasionnelles. Bref, pour résumer sur la question de la pénurie, dans l'immédiat, il n'y a pas de pénurie au sens de pénurie réelle des sens. La réalité, par contre, qu'on observe, c'est surtout des pénuries temporaires. Même si, et ça par contre, c'est une réalité, la situation ne semble malheureusement pas prête de s'arranger. Les tensions géopolitiques, elles persistent. Il y a toujours ce blocage. Depuis le déclenchement de la guerre avec les bombardements israéliens et américains sur l'Iran, on l'a dit, il y a ce détroit d'Ormuz qui est bloqué. Et pour l'instant, il n'y a pas de perspectives de sortie de guerre avec des changements, notamment du côté de Donald Trump. En attendant, il y a de nouvelles aides qui ont été annoncées. Je vous en parlais hier, donc on ne va pas revenir en détail là-dessus. Mais il y a donc le dispositif grand rouleur qui a été renouvelé et élargi. C'est une aide de 100€ versée une seule fois pour les mois d'octobre à décembre pour aider les travailleurs modestes qui utilisent leur voiture pour aller travailler et donc pour compenser une partie de leur dépense de carburant. Là-dessus, je vous renvoie soit aux actus de jour qu'on a fait hier, soit aux posts qu'on a fait directement sur Instagram, sur Élan et sur HugoDécrypte. Je vous mets tous les liens du compte Instagram en description. On va essayer de détailler ça le mieux possible. Alors maintenant, vous le savez, ça, c'est des mesures qui ont été annoncées. Ces mesures, elles sont jugées là aussi largement insuffisantes pour pas mal de partis politiques ou de candidats à la présidentielle. Même si c'est un sujet qui est lié à une situation géopolitique internationale, je ne vous apprends rien si je vous dis que c'est aussi un sujet politique français. Et en l'occurrence, le positionnement de la France Insoumise n'est pas celui du PS, qui n'est pas celui du camp présidentiel ou encore du Rassemblement National. Là dessus, je vous ai présenté déjà la semaine dernière les différentes mesures proposées par les différents partis. Là aussi, je vous mets en description le lien. Je me voulais voir tout ça plus en détail. Le débat politique sur le sujet et ce que devrait faire selon certains le gouvernement. On aura l'occasion de reparler de ce débat politique dans les prochains jours. Courage en tout cas à toutes les personnes qui sont concernées et impactées par la situation actuelle, que ce soit d'un point de vue personnel ou professionnel. Je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour. Et je reviens juste après pour la bonne nouvelle du jour.

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