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J’ai interrogé le ministre sur la colère des lycéens

HugoDécrypte - Actus et interviews

October 8, 2026

Mon interview du ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, au coeur de la crise des lycées.

Speakers Hugo Décrypte, Edouard Geffray

TopicsNews

Hugo Décrypte (0:00)

Aujourd'hui, j'interviewe le Ministre de l'Éducation Nationale, Edouard Geffray. Je vais l'interroger sur la situation avec les blocus, ce qui a pu se passer aux abords des lycées ces derniers jours. On va aussi parler de la suite, mais je vais surtout l'interroger sur les revendications des lycéens. Je tiens en passage à vous remercier pour vos témoignages, notamment sur Instagram où on vous informe chaque jour. Vous avez été nombreux à nous contacter pour partager votre situation. D'ailleurs, que vous soyez lycéen, parent de lycéen ou encore professeur, vous allez le voir, on va aussi lui montrer un certain nombre de témoignages que vous nous avez transmis. Comme d'habitude, l'objectif est d'aborder un maximum de questions qui vous concernent avec des éléments factuels. Je vous laisse avec l'interview. Bonjour Edouard Geffray.

Edouard Geffray (0:39)

Bonjour.

Hugo Décrypte (0:40)

Merci d'avoir accepté cette invitation. J'ai travaillé sur cette interview afin qu'elle porte avant tout sur la situation dans les lycées et les revendications à des jeunes. Vous êtes Ministre de l'Éducation Nationale. On a en effet reçu beaucoup de messages au passage de personnes qui nous éparent parfois de leur frustration avec ce sujet, la question des revendications des lycéens et de la situation dans les lycées, qui se retrouvait paradoxalement reléguée dans le débat, que ce soit dans les médias ou parmi certains politiques. Avant de commencer, je souhaitais vous interroger sur ce qui a pu se passer aux abords de certains lycées ces derniers jours. Maël, 16 ans, a perdu l'usage de son œil après un tir compatible à celui d'un LBD. Eden, âgé de 14 ans, a eu la mâchoire fracturée après un tir de grenade de gaz lacrymogène. Un autre jeune, à Lens, a eu la main arrachée par une autre grenade. Plus largement, les autorités évoquent de très nombreux blessés, qu'on va tous citer ici pour être complet.

85 personnels d'établissement, le chiffre a peut-être évolué hier. Plus de 700 forces de l'ordre, plus de 215 élèves aussi blessés. Ce dernier chiffre étant probablement sous-estimé puisque les décomptes sont peut-être plus difficiles dans le cas des élèves au quotidien. Quand on voit ces situations se multiplier, est-ce qu'il n'y a pas là un échec immense de la part du gouvernement dans la gestion d'une telle situation ?

Edouard Geffray (1:49)

D'abord, les cas que vous mentionnez sont évidemment des drames. Je veux dire, les seules personnes qu'il faut penser dans ces cas-là, c'est évidemment les jeunes qui sont victimes et leurs familles. Et d'ailleurs, les victimes en général. Je pense aussi aux personnels, parce que c'est la première fois qu'on a quand même des personnes d'éducation nationale qui sont attaquées dans un mouvement. Ça n'est jamais arrivé. Il pouvait y avoir parfois, j'allais dire, par vraiment effet de bord, un ou deux personnels blessés. On n'a jamais vu des personnes d'éducation nationale ciblées.

Qu'est-ce qui s'est passé et qu'est-ce qui se passe quand il y a eu des violences ? Quelque chose de très précis. Ce ne sont pas les lycéens qui sont violents au départ.

On a des gens qui arrivent à 7 heures du matin en voiture, intégralement billets en noir, cagoulés avec des mortiers qui se glissent au milieu des jeunes et qui tirent des mortiers dans tous les sens. Et pas que des mortiers. Quand quelqu'un vient avec une bousée d'essai de chloyridrique, a priori son intention n'est pas de discuter. Et une fois que vous avez un mélange dans une foule, avec mouvement de foule, etc. et puis avec l'effet d'entraînement qui peut y avoir aussi quand on a un petit peu d'effet de surchauffe, une fois que vous avez donc dans une foule des individus violents qui se sont infiltrés, le maintien de l'ordre devient objectifment beaucoup plus difficile. Je ne suis pas spécialiste de maintien de l'ordre, je suis ministre de l'Éducation Nationale, moi je m'occupe de former la jeunesse. Mais je veux pas dire qu'on a été dans un contexte, et c'est pour ça qu'hier, c'était bien qu'il y ait une manifestation parce que justement c'est encadré, ça s'est bien passé. Mais on a été dans un contexte ces derniers jours où en fait nos lycéens et leurs revendications se sont retrouvés en fait noyautés, confisqués par des groupes usculs qui étaient en fait pour en découdre.

Hugo Décrypte (3:20)

Est-ce qu'il n'y a pas eu là des erreurs importantes de la part du gouvernement ? On a listé là plusieurs cas, on l'a dit, des lycéens qui se sont retrouvés mutilés, de situations qui sont graves dans certains cas, de personnel aussi vous l'avez dit qui ont été ciblés. Laurent Nunes sur TF1 il y a quelques jours a déclaré Vous avez sur la droite ou l'extrême droite de l'échiquier politique des gens qui disent que le Ministre de l'Intérieur donne des consignes de retenue. C'est faux, il n'y a aucune consigne de retenue.

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