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Des centaines de milliers dans la rue puis des violences, on fait le point (17/10)

HugoDécrypte - Actus et interviews

October 17, 2026

Chaque jour, en moins de 10 minutes, un résumé de l’actualité du jour. Rapide, facile, accessible.

Speakers Blanche Vathonne, Léah Boukobza

TopicsNews

Blanche Vathonne (0:00)

C'est une mobilisation d'ampleur nationale qui a eu lieu ce samedi 17 octobre. Plus de 800 personnes ont manifesté partout en France selon la CGT et 550 selon le ministère de l'Intérieur. Alors comment s'est déroulée cette journée de mobilisation ? Vous allez le voir, l'immense majorité a défilé dans le calme, mais des violences importantes ont éclaté en marge de certains rassemblements. On fait le point sur tout ça. Salut, c'est Blanche. J'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'Actu du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Alors déjà, revenons rapidement sur le contexte. Le mouvement du 17 octobre est né début septembre sur les réseaux sociaux, après une vidéo TikTok d'un créateur surnommé V2, qui appelait à une grande mobilisation ce jour-là et qui a fait des millions de vues. À l'origine, les revendications concernaient surtout la hausse des prix des carburants et la baisse du pouvoir d'achat. Mais le mouvement s'est rapidement élargi, comme nous l'a expliqué ce manifestant à Paris, à qui on a demandé pourquoi il était venu.

SPEAKER_2 (0:46)

Pour soutenir le mouvement lycéen de prime abord et aussi pour soutenir tout ce qui se passe dans le monde, pour dire qu'on oublie personne, que pour qu'on puisse être privilégié à avoir demandé des droits en plus, c'est une possibilité. Mais on n'oublie pas ceux qui souffrent plus que nous, que ce soit dans les domtomes, dans les régions rurales, dans les banlieues, mais aussi dans le Soudan, à Gaza, et qu'on se réunit tous pour ça, pour un but commun. C'est ce qui est beau aujourd'hui, je pense.

Blanche Vathonne (1:06)

Des organisations lycéennes et étudiantes ont d'ailleurs appelé à rejoindre la mobilisation pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation nationale. Des agriculteurs, la CGT, plusieurs figures des Gilets jaunes, mais aussi des fonctionnaires et des agents des services publics qui protestent notamment contre le gel de leur salaire prévu dans le budget, se sont également joints à l'appel. On assiste donc à une véritable convergence des luttes, comme on a pu le voir avec Alain, un Gilet jaune depuis 2018 et qui était ce samedi de retour dans les cortèges à Lyon.

SPEAKER_3 (1:32)

Je soutiens les lycéens, je soutiens les étudiants, je soutiens les professeurs. Il faut aller jusqu'au bout car ça fait des années et des années qu'on leur a promis et rien n'est arrivé.

Blanche Vathonne (1:45)

Résultat ce samedi, ce sont donc 800 personnes qui ont manifesté en France selon le bilan définitif des organisateurs de la mobilisation. À 17h, la CGT comptait 1750 rassemblements ou manifestations dans le pays. Le ministère de l'Intérieur de son côté parle de 550 manifestants en France dont 110 à Paris. A noter que la veille de cette journée de mobilisation, donc ce vendredi, Emmanuel Macron avait appelé les manifestants au calme. Il avait déclaré que le droit de manifester doit s'accompagner de respect sans insulter ni casser. Le président a aussi apporté son soutien en force de l'ordre qui, je cite, sont confrontés à une extrême violence. De son côté, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, avait annoncé que les forces de l'ordre pourraient utiliser des armes intermédiaires en cas, je cite, de violences urbaines. Ces armes permettent de neutraliser une personne sans recourir à des armes à feu létales, mais elles peuvent quand même provoquer des blessures graves, voire la mort. Et parmi elles, il y a donc les grenades assourdissantes dont l'usage avait été temporairement suspendu dans le cadre du mouvement lycéen après qu'un jeune de 15 ans a eu la main arrachée à lance après l'explosion d'une de ces grenades. Alors pour revenir à cette journée de samedi, je le disais et on va en reparler, l'immense majorité des manifestants ont marché dans le calme et des incidents sont survenus souvent avant même le début de la manifestation. À Lyon, les locaux d'une antenne de l'office de tourisme ont été dégradés puis incendiés en marge d'une mobilisation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes place Belcourt, malgré l'interdiction préfectorale. Dans la matinée, des groupes de jeunes cagoulés ont lancé des projectiles et des mortiers d'artifices contre les forces de l'ordre qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes, des grenades de désencerclement et un canon à eau. Grégory Doucet, le maire écologiste de la ville, a dénoncé des scènes de violences inacceptables. À Marseille, une dizaine de manifestants se sont brièvement introduits dans le hall de la mairie. Un buste de Marianne a été jeté à terre. Un tag anarchiste a été inscrit sur un mur, mais il n'y a pas eu de blessés. Le maire de la ville, Benoît Payan, a dénoncé un acte inacceptable. Il a cependant indiqué que l'ampleur des dégâts était objectivement assez limitée. À Lille, des manifestants ont également pénétré dans la mairie et saccagé une partie des locaux avant de s'enfuir. Et à Saint-Etienne, un manifestant tout juste majeur a été grièvement blessé. Il a eu sa main arrachée par une grenade policière, selon l'AFP qui cite une source policière. Il a expliqué avoir ramassé la grenade qui a ensuite explosé dans sa main, selon le personnel médical de la manifestation. On ne sait pas pour le moment de quel type de grenade il s'agit. À Limoges, un incendie a ravagé l'hôtel de ville en marge de la mobilisation. Le Campanile et une partie du toit se sont effondrés. Le bâtiment est, je cite, en grande partie perdu, a affirmé le préfet dans la soirée. À Paris, la préfecture de police avait fixé un parcours entre la place de la République et la place de Clichy. Plusieurs secteurs étaient interdits aux manifestations, notamment les Champs-Élysées, la Place de la Bastille et les abords de Matignon et de l'Élysée, à noter que les personnes participant à une manifestation interdite risquent une amende de 135 euros. Mais malgré ces restrictions, plus de 300 personnes se sont rassemblées en fin d'après-midi dans le bas des Champs-Élysées, selon l'AFP. Une dizaine de manifestants ont aussi tenté de s'approcher de l'Élysée, mais les forces de l'ordre les ont tenues à distance. Place de la République, le socle du monument à la République, a été partiellement détruit par des individus. Plusieurs magasins ont aussi été attaqués et pillés, notamment des boutiques de téléphonie, de cosmétiques et de sport. D'autres pillages ont aussi eu lieu vers Strasbourg Saint-Denis et sur le boulevard des Capucines, toujours à Paris. Mais attention, toutes les mobilisations ne se sont pas déroulées dans la violence. Certains manifestants décrivent même une journée calme, comme celui-ci qu'on a rencontré à Paris.

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