Détrompez vous : le détroit d’Ormuz est en fait quasiment ouvert
HugoDécrypte - Actus et interviews
October 2, 2026
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Speakers Blanche Vathonne, Samy Rabbata
TopicsNews
Blanche Vathonne (0:00)
Le Détroit d'Ormuz vient-il de rouvrir ? L'Iran affirme toujours en contrôler l'accès, et les États-Unis restent très largement présents dans la région, alors que les deux pays sont toujours officiellement en guerre. Et pourtant, plusieurs analyses affirment aujourd'hui que des pétroliers recommencent à y passer. Mais alors quelle est réellement la situation sur place ? Et si tout ça est vrai, pourquoi les prix ne retombent pas ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet là une de ce format d'Actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Le Détroit d'Ormuz, on en parle très très souvent, c'est un passage hautement stratégique pour le commerce mondial et en particulier pour le passage de pétrole et de gaz. Depuis février et le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, l'Iran bloque ce détroit et a notamment attaqué plusieurs navires, ce qui impacte largement l'économie mondiale. On le voit très concrètement aujourd'hui en France et en Europe, avec des prix à la pompe qui atteignent des records. Mais cette semaine, plusieurs médias ont affirmé que l'Iran était en train de perdre une partie de son influence sur le Détroit d'Ormuz, selon les données du site Kepler qui suit les données maritimes qui ont été partagées par CNN et le New York Times. Environ 10 millions de barils de pétrole ont transité quotidiennement dans le Détroit en septembre. Pour vous donner une idée, avant la guerre, on parlait plutôt d'entre 15 et 20 millions de barils qui circulaient chaque jour dans le Détroit. Toujours selon Kepler, la semaine dernière, c'est environ 13 millions de barils qui ont circulé chaque jour dans le Détroit, un niveau record depuis le début de la guerre. Maintenant attention, même si ces données sont largement reprises par les médias et jugées fiables, les données diffèrent d'un site à l'autre et il faut aussi avoir en tête qu'elles n'ont été confirmées ni par les Etats-Unis ni par l'Iran. En tout cas, même si ces chiffres peuvent varier, ils s'accordent tous sur le fait que davantage de pétrole circule actuellement par Ormuz, mais malgré tout, la situation exacte autour du Détroit reste assez floue et l'Iran continue d'ailleurs d'y bombarder des navires. Selon les informations d'un groupe de la Marine britannique, au moins 13 navires, principalement des pétroliers, ont été touchés par des projectiles ou des débris de projectiles depuis le 10 septembre dernier. Mais alors comment ce pétrole arrive-t-il à circuler alors que l'Iran menace toujours le Détroit ?
Selon un responsable de l'analyse pétrolière chez Kepler cité par Franceinfo, il faut bien noter que ce n'est pas parce que du pétrole circule de nouveau que le trafic a réellement repris. Selon lui, seuls 6 pétroliers passent en moyenne chaque jour dans le Détroit d'Ormuz contre une cinquantaine avant la guerre. Peu de navires y circulent donc aujourd'hui, mais ils seraient chargés de beaucoup de pétrole. Et pour éviter d'être repérés, ils passeraient de nuit au large des cote aux manaises, donc toujours dans le Détroit, mais le plus loin possible du territoire iranien, tout en coupant leurs signaux électroniques. C'est d'ailleurs ce qui rend la situation difficile à analyser. Certains navires échappent au radar et aux sites de suivi, ce qui empêche de connaître précisément le nombre réel de navires qui entrent et sortent du Détroit. Un autre élément à prendre en compte, c'est la présence américaine avec les États-Unis qui affirment escorter ou faciliter la navigation des navires commerciaux. Il est difficile de savoir précisément ce qui se passe sur place. L'armée américaine avait notamment affirmé en août que les principaux couloirs de navigation internationaux avaient été déminés. En parallèle, il faut noter que des navires passent aussi par la route iranienne, avec une autorisation donnée par l'Iran au préalable. Ce sont donc ces nombreuses situations qui permettraient d'expliquer ces potentiels nouveaux flux de pétrole circulant dans le Détroit. Mais alors, une fois qu'on a dit ça, pourquoi les prix ne baissent pas ? Et bien, même si des navires circulent de nouveau, la navigation n'est pas officiellement rétablie et les États-Unis et l'Iran sont toujours en guerre. Aucun traité de peine a été signé et d'importantes tensions pourraient reprendre à tout moment. Les négociations en cours concernant la réouverture du Détroit peinent d'ailleurs toujours à avancer, dans un contexte où les ports iraniens sont aussi toujours sous blocus états-unien et qu'aucun pétrole ne peut donc en sortir. Le résultat de tout ça, c'est que comme le Détroit n'est pas sûr, tout le monde continue de rester prudent, les armateurs limitent leur traversée, les assurances pour circuler dans le Détroit restent extrêmement élevées et les prix du pétrole restent aussi élevés car les acteurs du marché craignent de nouvelles crises potentielles dans la région. Au-delà de ça, il faut aussi noter que même si le pétrole recommençait à circuler comme avant, les stocks mondiaux ont été particulièrement touchés. Résultat, chaque pays pourrait chercher à reconstituer ses réserves, ce qui risque de maintenir les marchés sous tension. Selon plusieurs médias, dont Reuters, la Chine aurait par exemple prévu de limiter ses exportations de carburant en octobre afin de reconstituer ses propres stocks. D'ailleurs, concernant le pétrole qui sort aujourd'hui du Détroit, beaucoup d'analystes estiment qu'il est principalement vendu à la Chine, qui est historiquement le principal client du pétrole produit par les pays du Golfe. Donc même si du pétrole sort à nouveau du Détroit, il ne semble pour l'instant pas destiné à l'Europe. Et dernier point à noter, même si du pétrole brut peut à nouveau circuler, il faut ensuite le faire passer par des raffineries pour le transformer en essence, en diesel ou en kérosène. Et dans le Golfe, plusieurs raffineries ont été largement endommagées par l'Iran, et il faudra donc du temps avant de retrouver une situation comparable à celle d'avant-guerre. Ce vendredi, à la suite de pressions étatsuniennes, Emmanuel Macron a notamment annoncé que les pays membres du G7 allaient libérer, je cite, jusqu'à 100 millions de barils de diesel et pétrole brut dans les 4 prochains mois. Le G7 est composé de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Royaume-Uni, du Canada, du Japon et des États-Unis. A voir si cette mesure permettra de diminuer les prix à la pompe. On aura l'occasion de reparler de tout ça. D'ici là, je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour.
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