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Celles et ceux qui ont besoin d’un héros - La chronique de Juliette Arnaud artwork

Celles et ceux qui ont besoin d’un héros - La chronique de Juliette Arnaud

La dernière

September 6, 2026

Références: The greatest love of all (Linda Creed) - L’Odyssée (Homère et Nolan) - Les fous du roi (Robert Penn Warren) La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 6 septembre 2026 sur Radio Nova.

Speakers Juliette Arnaud

TopicsComedyNews

SPEAKER_1 (0:00)

Vous écoutez Radio Nova, La dernière tournée avec NR-Cop.

SPEAKER_2 (0:08)

En avant, toute ça aurait pu être également le titre de sa chronique, celle qu'on va retrouver maintenant, la seule, l'unique, Juliette Arnaud et son jingle.

Juliette Arnaud (0:28)

Cet été, entre deux canicules, j'ai machonné ma rage féminine, en prenant conscience qu'au printemps 2027, j'allais sans doute voter pour un homme. Blanc.

SPEAKER_1 (0:42)

6 genres.

Juliette Arnaud (0:43)

Encore deux rechefs. Et en plus, Bonnie Tyler venait de mourir. Alors je l'entendais clamé régulièrement à la radio I need a hero I'm always over here with you I need a hero J'ai besoin d'un héros et je l'attends jusqu'à la fin de la nuit. Et je me disais putain, on va arrêter deux secondes avec les héros dont on slangue les sauveurs, les guides, les êtres supérieurs, attendus, espérés, guettés, pires, auto-révelés. Et si plus tôt on réécoutait Whitney Houston dans The Greatest Love of All, chanson de 77 écrite par une femme, les paroles, Linda Creed, où Linda pose les termes, je trouve, de manière assez spectaculaire puisqu'elle écrit Everybody's searching for a hero, tout le monde est entre à la recherche d'un héros, people need someone to look up to, les gens ont besoin de quelqu'un à admirer et Linda enchaîne en disant I decided long ago never to walk in anyone's shadow. J'ai décidé il y a fort, fort longtemps de ne jamais marcher dans l'ombre de quelqu'un. Et bien cette chanson à la beau être un tube, on ne peut pas dire pour autant que les indés de Linda ont fait floresce. J'imagine même que les millions de gens, et moi, et moi, et moi, qui sont allés voir l'Odyssée, adaptation d'Homère par Christopher Nolan, ce n'était pas seulement pour trois heures de clim, c'était aussi parce qu'il y a un endroit en nous où ça sentait à chantonner I need a hero Trois heures de cinéma, canon à mon sens, où on voit Ulysse, qui veut rentrer chez lui à Itac, une fois la guerre de Troyes gagnée, c'est-à-dire une fois la civilisation troyenne mise à sac, violée, anéantie, pulvérisée. Et ceci grâce à une ruse qui déglingue toutes les lois de l'hospitalité, grâce à une ruse qui est l'ADN même de Ulysse, parce que Ulysse, c'est l'homme qui a la métisse, c'est-à-dire l'intelligence rusée. C'est-à-dire que Ulysse, au sein de tous ses petits potes de l'Iliade et de l'Odyssée, donc tous ses petits potes, ils sont demi-dieux, héros, roi des rois, frère du roi des rois, lui, c'est l'homme politique, c'est l'homme qui n'accepte pas son destin, qui négocie, qui se débat et qui part ailleurs à charge d'hommes, ses compagnons dans le cas d'Ulysse. Et nous, millions de gens, ce qu'on a vu à l'image, même si merde, on la connaît, cette histoire qui nous vient du fond des âges, c'est que Ulysse, c'est pas le SID. Le SID, quand il dit nous partîmes 500, mais par un prongon fort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port. Parce que nous, ce qu'on a vu à l'image, c'est qu'Ulysse, il quitte trois vainqueurs avec un bon millier de gars. Et quand il arrive à son port, qui est là pour lui dire Youpi, on l'a fait bordel, on l'a fait, niquez-vous les dieux.

Personne.

Tous ses potes sont morts.

Ça, c'est pour l'image. La phrase à présent. Dans le roman de l'écrivain américain Robert Penn Warren, qui s'appelle All Kings Men, Les Fous du Roi, qui date de 1946, là on est dans les années 30, il y a une crise financière abominable aux Etats-Unis, une dépression terrible, misère, et l'apparition d'un homme politique providentiel, Willie Stark. Cette histoire est racontée par un jeune homme qui n'est ni naïf ni idéaliste, il est ex-journaliste et ex-étudiant en histoire, il s'appelle Jack, mais Jack va quand même se laisser hypnotiser par le chant de cette sirène appelée Willie Stark, appelée The Boss. Parce que Jack, il est admiratif de la capacité du fils de fermier pauvre devenu avocat à produire des discours adressés au peuple sudiste des campagnes. Le Boss, il commence ses discours comme ça. Amis, paysans, bouseux, couillons, mes frères, ces putains de rusés. C'est une insulte, mais l'insulte, elle est aussi pour lui. Et Jack ne peut s'empêcher d'attendre la clameur de la foule qui arrive, je cite l'écrivain, Rien n'égale la clameur qui s'élève d'une foule subitement et en cœur, ce cri qui fuse de chaque homme et le dépasse pourtant. Bref, de clameur en clameur et des élections, il est élu gouverneur. Evidemment, ces méthodes de gouvernance sont au mieux douteuses. Par exemple, il trompe beaucoup sa femme. Mais, je cite l'auteur, Tout ce que ça montrait, c'était que le boss voulait le beurre et l'argent du beurre et que ça semblait être la marque des élus et des êtres supérieurs. Et puis, quand les ennuis arrivent, Jack tente de rassurer son épouse cocu et il lui dit, Il trouvera une solution et tout ira bien.

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