BRAQUAGES DE FOURGONS, ÉVASIONS, FUSILLADES : L’INCROYABLE VIE DE FRANÇOIS TROUKENS
LEGEND
September 23, 2026
Merci à François Troukens d’être venu sur Legend. Ancien braqueur dans les années 1990, François Troukens a passé plusieurs années en prison, où il a entamé une reconversion en étudiant le cinéma.
Speakers Guillaume Pley, François Troukens
TopicsNewsSociety & Culture
Guillaume Pley (0:00)
Salut et bienvenue sur Legend. Aujourd'hui, on reçoit François Troukens, réalisateur de films de gangster, de films d'action. Il est belge. Il a une petite particularité, c'est qu'avant de devenir réalisateur, il a été ennemi public numéro un en Belgique. Il a gagné beaucoup d'argent, il en a perdu beaucoup aussi. Il a été en cavale pendant plusieurs années en France, en Belgique, en Amérique du Sud aussi. Il avait une couverture, éditeur de BD. Il est devenu vraiment éditeur de BD. Il avait une autre couverture, c'était réalisateur. Il est devenu vraiment réalisateur. On racontera aussi comment sa vie a changé, comment même elle a basculé le jour de l'arrivée de son enfant, mais aussi le jour où il a utilisé son arme contre un policier. Il s'est reconstruit depuis. Il est venu nous raconter cette histoire. Il s'appelle François Troukens et il est avec nous aujourd'hui sur Legend.
François Troukens (0:42)
François Troukens, réalisateur et ex-braqueur.
Guillaume Pley (0:49)
Je suis très content de te recevoir François.
François Troukens (0:51)
Merci de me recevoir.
Guillaume Pley (0:51)
T'es auteur, réalisateur, ancien braqueur, tu l'as dit, c'est comme ça que je t'ai présenté au début. Je sais que c'est pas forcément la formule que tu préfères, toi. En tout cas, j'ai entendu dire dans l'interview que...
François Troukens (1:01)
Disons que ça me résume à quelque chose. Et moi, je dis toujours, j'ai braqué, ça, je m'en défouse pas. Mais j'ai aussi coupé du bois et je suis pas bûcheron. Donc, je sais couper du bois, je sais braquer une banque ou un fourgon, mais ça me résume pas à ça, ma vie n'est pas...
Puis je pense que c'est pas une profession, braqueur. Donc voilà, donc quand on me dit t'as un braqueur, bah non, j'ai braqué, mais je ne suis pas un braqueur.
Guillaume Pley (1:23)
Tu disais aussi que t'as commencé à braquer parce que tu voulais te faire une place dans la société. Qu'est-ce que ça veut dire ça exactement ?
François Troukens (1:33)
Je pense que comme beaucoup de jeunes, on a envie d'embrasser la vie quand on a 18 ans et on a envie d'aller beaucoup plus vite que les autres. Et donc on se dit, je vais passer du temps à travailler, ça va mettre un temps fou. Moi, je rêvais de faire de la musique, de la BD, du cinéma.
Et j'ai eu l'idée folle de me dire, je vais me financer quelque part à compte d'auteur, en disant je vais gagner du temps, j'en ai perdu. J'ai perdu de l'expérience, j'ai gagné de l'expérience, j'ai perdu du temps forcément.
Guillaume Pley (1:59)
Ton idée c'était quoi ? C'était de braquer, amasser un mago pour pouvoir te permettre de produire des choses, de créer des choses, c'est ça ?
François Troukens (2:05)
Oui, alors c'est plus complexe que ça en fait. J'ai un père qui est chanteur d'opéra et aussi un gène à rago-nom, une mère qui était prof. Donc j'ai évolué dans un milieu artistique. Et il se fait que pour faire chier mon père, je voulais rentrer à l'armée.
J'ai m'occuper de la protection rapprochée.
Guillaume Pley (2:19)
D'accord.
François Troukens (2:20)
Et donc j'ai eu des missions de protection rapprochée pendant quelques années. Moi j'étais très fier de ça. Mon père me traitait de con.
Guillaume Pley (2:25)
Antimilitariste à fond ton père.
François Troukens (2:26)
Antimilitariste plus ou moins. J'étais en costard avec mon pétard et tout. Je protégeais des hommes politiques, des hommes d'affaires, des gens importants.
Guillaume Pley (2:34)
T'avais déjà le look un peu de gangster.
François Troukens (2:36)
Sauf que... Ouais alors j'ai pu vous compter à ce moment-là, tu vois. Mais j'ai vu aussi l'envers du décor on va dire. Et j'ai perdu ma place.
Et là il y a eu un social, je me suis dit mais je peux pas...
Je peux pas retourner à l'école. J'avais commencé des études de cinéaste. Je me voyais mal repartir comme un étudiant. Et donc j'ai eu cette idée complètement dingue. J'ai dit ben j'ai un port d'arme. Je vais me faire engager dans une société de transport de fond. Et avec cet argent-là, je vais pouvoir créer et devenir le réalisateur que j'avais envie de devenir. Donc c'était une idée complètement...
Guillaume Pley (3:06)
Quand tu dis ça comme ça, ça a l'air... Sauf qu'en fait l'idée c'est de braquer un fourgon.
François Troukens (3:10)
Oui c'était de braquer un fourgon. Alors sans violence parce que je me suis dit je vais faire le cheval de trois, je vais rentrer dans une société, me faire engager, apprendre toutes les techniques et voir comment faire pour parvenir à faire ce coup-là. Et après je me disais bon je vais monter une boîte et j'aurai des fonds pour pouvoir financer...
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