Y a-t-il un plan pour sauver DON'T NOD ?
Serious Gaming et l'actu JV sur Origami
September 30, 2026
Serious Gaming bonjour! Cette semaine votre focus actu jeu vidéo se concentre sur la chute libre du studio français Don't Nod, qui entame son deuxième plan de licenciement de masse en deux ans sur fonds de perte totale de confiance des éditeurs.
Speakers Gautoz
TopicsVideo GamesLeisure
Gautoz (0:00)
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Bonne émission !
Le studio français Don't Nod comptait 240 personnes il y a encore deux ans et pourrait passer sous la barre des 50 employés d'ici la fin de l'année. Celle chute libre, j'ai voulu la comprendre, alors je suis allé discuter avec des proches du studio. C'est parti.
Serious Gaming, bonjour, bienvenue dans votre focus actu JV sur Origami. Avec cette semaine un zoom particulier sur la situation de Don't Nod, notre bon vieux fleuron français qui va de Gaddin commerciaux en plan de licenciement depuis plusieurs années. Le dernier ayant été annoncé il y a quelques semaines, j'ai pu discuter avec plusieurs personnes passées ou présentes chez Don't Nod pour comprendre un peu mieux pourquoi l'histoire semble se répéter indéfiniment pour le studio français. Et une fois qu'on aura terminé notre sujet du jour, il restera quand même des choses à se dire. Et oui, c'est pour ça que la vidéo et le podcast sont chapitrés. N'hésitez pas à l'utiliser, surtout ce chapitrage. Maintenant voilà, vous êtes bien installés, c'est super, mais est-ce que vous savez que Serious Gaming ce n'est plus juste une émission hebdo, mais aussi une infolettre hebdo et gratuite. La dernière édition est partie ce matin même. Vous pourrez aussi la lire sur notre site, et si vous préférez que ça tombe directement chez vous à l'heure du 2ème café environ, filez vous inscrire sur SeriousGaming.News.
Voilà, maintenant direction Don't Nod dont la chute libre n'en finit pas de ne plus finir.
De 270 employés fin 2024 à près de 50 d'ici la fin 2026, bienvenue donc chez Don't Nod qui annonçait début septembre une nouvelle réduction drastique de ses effectifs, la deuxième en deux ans. Don't Nod, je pense que vous connaissez au moins pour Life is Strange et pour Remember Me et si vous êtes restés fidèles vous remettez certainement aussi des jeux comme Vampire, Tell Me Why, Twin Mirror, Banishers Ghost of New Eden ou encore comme Juson que j'aime d'amour. Notez que tout ce qu'on va se dire là ça concerne Don't Nod Paris, le QG historique, celui qui a récemment sorti Aphélion que vous ne connaissez peut-être pas ou moins en tout cas et dont le nom revient surtout dans les médias ces dernières années quand on parle de difficultés financières et de réduction du personnel. Techniquement il y a aussi Don't Nod Montréal, l'antenne qui est à l'origine de Lost Records, Bloomin Rage qui a aussi eu droit à quelques dizaines de licenciements l'an dernier. Mais eux se tiennent un peu plus loin des problèmes rencontrés par la Maison-Mère grâce à un contrat signé pour un jeu à sortir. Alors après, bon, leur bouclier, c'est un deal avec Netflix pour un jeu adapté d'une série Netflix. Donc, ce n'est pas non plus le gage de stabilité le plus ouf.
Mais donc, voilà, Don't Nod, PSE, plan de sauvegarde de l'emploi, épisode 2 Ça se passe chez Don't Nod Paris. Donc, un PSE pour rappel, un plan de sauvegarde de l'emploi. Si vous n'aimez pas le terme, dites-vous qu'avant on appelait ça un plan social. Donc, ce n'était pas bien mieux. C'est un dispositif qui va encadrer d'office dans les entreprises françaises, le licenciement pour motif économique d'au moins dix personnes. Si ça s'appelle comme ça, c'est parce que sur le papier, le but, c'est de permettre aux instances qui protègent les employés de sauver certains emplois en proposant, en négociant une version alternative du plan proposé par l'employeur. Par exemple, via des reclassements en interne, du soutien à la création d'entreprise, de l'aide à la formation et ainsi de suite. Bien sûr, le but est de réduire le nombre de licenciements proposés par l'employeur. C'est pour ça qu'on ne dit pas simplement, OK, ben voilà, Don't Nod licencie 90 personnes, parce qu'on pourrait le dire comme ça. Mais ce serait vous priver d'une partie des faits dont Don't Nod veut licencier 90 personnes. Ça va se négocier avec le CSE, le Comité social et économique, qui est donc la représentation et la protection des employés au sein de l'entreprise. Ça va se négocier avec les syndicats aussi. Il y a tout un boxon de catégories professionnelles visées auxquelles l'entreprise est censée se conformer. Tout le monde devra se mettre plus ou moins d'accord et signer.
Par exemple, parfois on signe parce qu'on n'a plus trop le choix et parce que c'est peut-être le moindre mal. Manifestement, c'est ce qui s'est passé récemment chez Quantic Dream où ça a signé, mais ensuite on a eu un communiqué des syndicats, en tout cas du STJV, pour dire que quand même la signature s'était faite plutôt dans le sang, en tout cas dans les regrets. Et puis, on le rappelle aussi, une fois que tout ça s'est signé, cet accord est envoyé à un organe de l'inspection du travail qui va passer le dossier en revue, ne serait-ce que pour vérifier le bien fondé économique du plan de licenciement. Donc tout ça, même s'il ne faut pas s'attendre à un miracle côté volume de licenciement, même si au fond, oui, ça reste un plan de licenciement, même si la novlangue c'est globalement caca, on appelle ça un PSE pour que vous sachiez ce qui se joue et sur quel calendrier ça va se jouer, c'est-à-dire sur plusieurs semaines, sur plusieurs mois. Et si vous entendez de plus en plus parler de PSE dans le jeu vidéo, c'est parce que certains fleurons de l'industrie française sont en train de payer leurs errements stratégiques de quand la thune coulait un peu plus à flot. Les ambitions démesurées, les objectifs court-termistes, le management inadapté à la situation, ce n'est pas directement le sujet du jour dans tous les studios français, mais si on en croit la dizaine de témoignages que moi j'ai pu recueillir auprès de gens passés par Don't Nod, c'est quand même manifestement ce qui fait que Don't Nod aujourd'hui déclenche un deuxième PSE, deux ans seulement après le précédent, le précédent qui devait justement sauvegarder l'activité de l'entreprise et lui offrir une occasion de se restructurer, de signer les bons contrats et de retrouver la santé. En tout cas, le management de l'entreprise est vraiment dans le viseur d'une communication qui m'a beaucoup intéressé récemment, celle publiée sur son site le 4 septembre dernier par le syndicat français des travailleurs du jeu vidéo, le STJV. Si vous avez l'impression d'avoir entendu une paire de gants tomber lourdement au sol, c'est sûrement les gants du STJV parce que le communiqué est titré Oscar Gilbert s'aborde Don't Nod. Oscar Gilbert, c'est le patron de Don't Nod. Et lui et son comité de direction ont fait l'objet de plusieurs communiqués assez salés ces derniers mois. Mais le dernier à date nous offrait quand même une perspective assez inédite sur ce qui s'est passé au sein de l'entreprise depuis la dernière grosse coupe d'effectifs qui a donc été annoncée fin 2024 et qui a été effective au début de l'année 2025 On découvre par exemple qu'aucun partenaire d'édition n'a souhaité suivre Don't Nod sur leur prochain jeu en production et en vérité sur leur dernier jeu en production à l'heure actuelle. Nom de code P14. En tout cas, si vous avez déjà lu à propos du jeu, c'est sous le nom P14 parce que c'est comme ça qu'il est appelé auprès des actionnaires. Mais sinon, on l'appelle Blood Mask aussi. Un projet qui a d'abord été placé sous le signe d'ambition absolument démesuré, une fois de plus chez Don't Nod. Si on en croit les nombreuses remontées d'infos qu'on a pu avoir à propos du studio. Et un projet pour lequel plusieurs démos business ont été produites, chacune avec son lot de stress sur les équipes, dans l'espoir d'attirer des financeurs qui n'ont finalement jamais été convaincus. Depuis, le projet a été redimensionné, il a carrément été reboûté récemment. Et le truc, c'est que là encore, les financeurs n'ont pas l'air de vouloir suivre. Et donc, la réponse du management de Don't Nod, c'est ce second plan de licenciement, un peu en urgence. Licenciement de masse, on le rappelle, 90 personnes, qui, s'il atteint ses objectifs, doit faire passer Don't Nod Paris d'une boîte de 140 personnes à une boîte de 49 personnes. Alors, gardez bien ce chiffre en tête, 49, car comme dirait Mickey, C'est un outil surprise qui nous servira plus tard.
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