Solution n°75 - Julia Faure (LOOM) en lutte contre la fast fashion (pour produire moins et consommer mieux)
IMPACT POSITIF - les solutions existent
November 24, 2022
Julia Faure a créé sa propre marque de vêtement éthique « Loom » mais elle est aussi militante au sein du Collectif en Mode Climat.
Speakers Sylvia Amicone, Julia Faure
Sylvia Amicone (0:02)
Une fois que vous êtes en mouvement, vous recréerez de l'espoir chez vous et chez les autres.
Julia Faure (0:07)
Tous ceux qui se lancent dans des alternatives, ils vont mieux qu'avant, parce que c'est bon pour le moral.
Sylvia Amicone (0:12)
On peut changer le monde à son échelle. Cet engagement peut devenir exponentiel. Je n'aime pas trop donner de conseils, mais il faut peut-être écouter sa petite voix intérieure.
Impact Positif, Sylvia Micone. Le Black Friday arrive avec son lot de promotions et ses publicités tonitruantes. Avons-nous vraiment besoin d'acheter encore quelque chose? Pour Julia Faure, c'est non. Et pourtant, elle est à la tête d'une entreprise de mode éthique, Loom, avec des produits bio et fabriqués en Europe, certes, mais une entreprise court même. Et elle se porte bien d'ailleurs. Mais la vérité, c'est que les entreprises éthiques ne vont pas vraiment changer le monde. Il faut produire moins, c'est le plaidoyer qu'elle porte avec son Collectif en Mode Climat. Pour cette militante, il faut aller plus loin, comme réguler le secteur dans sa totalité, pour freiner les ravages de la fast fashion. C'est ce qu'elle nous explique dans cet épisode. Merci de nous suivre dans cette cinquième saison. Merci de continuer à nous suggérer des idées. Nous sommes sur Twitter, à rebas e-positif au pluriel. Nous sommes sur Instagram, impactpositif.podcast. Et vous pouvez aussi nous retrouver sur TF1info.fr. Et si vous voulez nous soutenir, n'hésitez pas à vous abonner et à nous noter. C'est important pour nous rendre visibles.
Impact Positif, c'est parti!
Julia Faure, bonjour.
Merci beaucoup d'être avec nous sur Impact Positif. On est ravis de vous recevoir. Vous êtes l'une des voix de la mode éthique, une de ses porte-paroles les plus déterminées, une entrepreneur que fondatrice de la marque Loom depuis cinq ans. Vous avez aussi co-créé le Collectif en Mode Climat qui réunit les acteurs de la mode engagée, un blog dans lequel vous documentez vos idées, vous proposez aussi vos solutions. Vous êtes conscient de ne pas peser très lourd dans ce secteur, mais vous vous employez à changer les choses de l'intérieur. Vous défendez régulièrement des propositions dans la presse ou auprès des acteurs politiques pour en finir avec la fast fashion. Fait d'ailleurs partie des 11 nouvelles voies de l'action climatique. C'est une initiative qui est soutenue par la Fondation Européenne pour le Climat. Vous représentez votre secteur, la mode en tant que leader pour cette action climatique. On va revenir sur votre parcours, votre marque Loom, vos actions militantes. Mais tout d'abord, qu'est-ce qui vous a amené vers la mode? J'ai vu que vous étiez diplômé en agronomie et en études de gens.
Qu'est-ce qui vous a amené sur ce chemin?
Julia Faure (2:24)
C'est un peu le hasard en fait. J'ai rencontré mon associé et on a eu une bonne idée de business. À la base, on était vraiment un pur entrepreneur quoi. On se disait c'est bizarre, on peut acheter des vêtements chers et les passer à la machine et qu'ils soient rétrécis ou détruits quoi.
Sylvia Amicone (2:39)
Pas satisfaisant en tout cas.
Julia Faure (2:41)
Ouais, c'est ça. On s'est dit c'est hyper bizarre, c'est impossible de prédire la qualité d'un vêtement. Même en mettant le prix, on ne sait pas si on va avoir un truc bien ou un truc de mauvaise qualité. Et donc, on s'est dit, ça veut dire qu'il y a un marché, il y a un marché pour faire des vêtements de bonne qualité au bon prix.
Et c'est comme ça que Loom est né.
Sylvia Amicone (2:57)
Alors, la mode, vous êtes dedans aujourd'hui jusqu'au cou et vous avez une obsession régulée, le secteur. Dans cet automne, on parle beaucoup de sobriété, des efforts que les entreprises doivent faire. Où en est le secteur de la mode? La mode qui est un secteur qui pollue. Alors, il y a beaucoup de chiffres qui circulent, mais la réalité se situe plutôt entre 2 et 8 % des émissions de CO2 pour la mode, donc c'est un secteur qui pollue. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui? Est-ce que certaines marques ont pris conscience qu'il fallait qu'elles changent, qu'elles évoluent, qu'elles se régulent elles-mêmes ou le compte n'y est pas encore?
Julia Faure (3:32)
Alors, je suis sûre que le compte n'y est pas et pas du tout. Pour une bonne raison, c'est que les solutions qui sont importées n'adressent pas le vrai problème. Je m'explique, les marques, elles vont souvent parler de leur packaging qui sont en craft, de leur coton qui est recyclé, de leur matière qui sont 100% éco-responsable. Mais elles n'adressent pas le cœur du problème. Le cœur du problème de la mode, c'est qu'elle produit trop de vêtements. Pour vous donner un chiffre, en France chaque année, il y a 2, 8 milliards de vêtements qui sont mis sur le marché. C'est deux fois plus que dans les années 80
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