[EXTRAIT] Dimitri Rassam - La mécanique cachée derrière chaque film que nous regardons
Génération Do It Yourself
September 13, 2026
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Speakers Matthieu Stefani, Dimitri Rassam
TopicsEntrepreneurshipBusinessTechnology
Matthieu Stefani (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs, sportifs ou artistes qui vont faire exploser notre moyenne.
Dimitri Rassam (0:16)
Moi, j'ai un moment donné, j'ai pensé que ma carrière allait s'arrêter au tout début parce qu'on a fait le premier film à l'intérieur, on découvre ce que c'est que le garant de bonne fin, on se fait massacrer et on abîme le film, c'est de notre faute. Mais en France, on n'a pas ce système de garant de bonne fin. La garantie de bonne fin est donnée au producteur.
C'est quelque chose qui est relativement unique au monde. Et donc, tu as ce système de cooptation. Les banques connaissent et généralement, quand Kofi Loisir voit un producteur un peu trop jeune arriver, même s'il a réuni les financements, il l'invite à s'associer avec quelqu'un en lequel ils ont confiance et qui aient cette cour d'expérience.
Matthieu Stefani (0:54)
Ce sera leur garant de bonne fin.
Dimitri Rassam (0:55)
Oui, parce que c'est vraiment un business qui fonctionne à la confiance.
La qualité du projet, c'est évidemment essentiel, mais il y a quelque chose de l'ordre de l'appréciation humaine. Et ça, tu reviens sur tous les corps de métier. Mon métier jusqu'ici, c'était essentiellement producteur. Maintenant, je fais du financement, de la distribution, même si je le fais déjà beaucoup, mais je le fais complètement avec Y'a plus qu'à. Mais c'est aussi de me sentir, de choisir les hommes, que ça soit ceux qui viennent me voir avec un projet ou ceux que je vais chercher. Est-ce qu'on partage la même vision ? Est-ce qu'on pourra s'engueuler, ne pas être d'accord et arriver à bon port ? Parce que si t'es pris en otage, tu files un peu les clés aussi par quelqu'un avec lequel il y a une vraie dissonance sur la nature de ce que t'es en train de faire. Si t'es pas capable de te dire, non mais attends, là on est complaisant, le montage ça va pas. Si tu penses pas que tu vas pouvoir avoir cette conversation-là, tu vas dans le mur. Et de ce point de vue-là, c'est vraiment pas différent de n'importe quelle constitution d'équipe d'une startup.
Et quand tu trouves tes équipes, tu les fidélises. Et là où je reviens encore une fois sur le fait d'avoir des moyens et de porter du risque, c'est d'avoir les moyens d'avoir une forme de récurrence.
Pour moi, le principal constat sur la Pluca, c'est de me dire pour faire ce que j'ai envie de faire, je pourrais pas le faire seul. Je vais réunir des moyens, je pense que je peux produire des producteurs, je peux accompagner des producteurs, je peux les financer. J'ai été ce mec-là, des mecs plus talentueux que moi, des réalisateurs qui ont des projets et leur faire bénéficier des moyens que j'ai réunis de cette courbe d'expérience-là, de tout ce que j'ai vécu de compliquer aussi, de la remise en question, y compris dans le succès et de fédérer. Et j'en reviens, c'est pour ça que je te parlais de Claude, espérer être un centre de gravité pour les meilleurs en Europe. Pour réussir ce que je veux réussir, j'y arriverai jamais seul.
Matthieu Stefani (2:44)
Pour finir sur tout ça et comprendre jusqu'au bout, ce que tu donnes donc à TF1 ou M6, par exemple, généralement, ça peut être les deux temps.
Dimitri Rassam (2:53)
C'est une fenêtre de diffusion.
Matthieu Stefani (2:54)
Soit un dimanche soir, soit un machin. Soit il peut passer deux fois dans les prochaines années, donc c'est assez long parce qu'ils ne vont pas le passer deux fois en deux ans.
Dimitri Rassam (3:03)
Alors en fait, maintenant, ils se demandent, et c'est aussi du gré gré, des multidiff sur leur plateforme. Il y a la catch-up, il y a leur sister channels, enfin les TMC, etc. Mais ce que tu leur vends, c'est effectivement un nom de diffusion pendant une fenêtre. Et les RTSIEN, ils passent au bout de 18 mois. Donc en fait, tu vends entre 18 et 36 mois. Puis après, tu peux vendre un deuxième passage. En France, t'es limité à deux passages en pré-vente.
Ce que t'as vendu avant, c'est ce qu'on appelle la P1-P2. Donc ça, tu peux faire soit tout canal, soit tu peux faire du Canal plus Netflix, soit tu peux faire du Disney-Netflix, ce que je vais faire là dernièrement, soit tu peux faire du Netflix. Enfin bref, il y a toute une série de combinaisons possibles et qui sont en échange, encore une fois, de droits.
Matthieu Stefani (3:53)
Juste là-dessus, normalement, évidemment, on connaît la chronologie des médias. Enfin, je la connaissais. Avant, c'était simple, entre guillemets, c'était cinéma, canal plus, air tient.
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