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[Critique] L'Ukraine : de l'indépendance à la guerre (Alexandra Goujon) Résumé. artwork

[Critique] L'Ukraine : de l'indépendance à la guerre (Alexandra Goujon) Résumé.

9Natree French

September 15, 2026

L'Ukraine: de l'indépendance à la guerre (Alexandra Goujon) #Indépendanceukrainiennede1991 #AnnexiondelaCrimée #GuerreduDonbass #Nationalismedéfensifukrainien #Héritageimpérialrusse #L039Ukraine Publié initialement en 2021, L’Ukraine: de l’indépendance à la guerre est un essai de science politique...

Speakers Olivier

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Olivier (0:00)

Bonjour, je suis Olivier. Bienvenue dans le podcast de 9Natree. Aujourd'hui, je vais résumer et critiquer le livre, publié initialement en 2021

L'Ukraine de l'indépendance à la guerre est un essai de sciences politiques et d'histoires contemporaines d'Alexandra Goujon, spécialiste de l'Ukraine, de la Biélorussie et de l'espace post-soviétique. L'ouvrage examine la trajectoire ukrainienne depuis la proclamation de l'indépendance en 1991, tout en inscrivant cette période dans une histoire plus longue. Marquée par les dominations impériales, l'expérience soviétique et les luttes pour la souveraineté. Son objectif central est de déconstruire des représentations simplificatrices une Ukraine naturellement russe durablement coupée en deux hostile à ses russophones, ou encore réduite à la corruption et à ses crises géopolitiques. S'appuyant notamment sur un travail de terrain engagé depuis les années 1990, Goujon privilégie les contrastes, les transformations sociales et les rapports entre politique intérieure et pression extérieure. Le livre ne propose donc pas une chronique militaire de la guerre, mais des instruments historiques et politiques pour comprendre pourquoi l'invasion russe de 2022 s'inscrit dans une conflictualité déjà ouverte en 2014 et dans une contestation, plus profonde de l'existence même de l'état ukrainien. Je vais vous présenter les points clés de ce livre. Premièrement, défaire les idées reçues pour restituer la complexité ukrainienne.

La méthode de l'ouvrage consiste largement à partir d'affirmations répandues sur les crènes, afin d'en examiner les présupposés. Cette démarche est importante parce que les clichés ne sont pas seulement des erreurs de connaissances, ils structurent souvent les interprétations politiques du conflit.

Réduire le pays aux greniers à blé de l'ancienne URSS au berceau exclusif de la Russie. À une terre kozak, où un espace dominé par la corruption empêche de voir la pluralité de ses expériences historiques et de ses acteurs. Alexandra Goujon ne nie pas les difficultés institutionnelles, les inégalités régionales ni les enjeux linguistiques. Elle montre plutôt qu'aucun de ses éléments ne suffit à définir l'Ukraine ou à rendre inévitable son éclatement. Le livre invite ainsi à distinguer diversité et division, présence de la langue russe et loyauté envers la Russie, conflits armés et simples guerres civiles. Cette clarification est particulièrement utile pour évaluer des énoncés tels que la Crimée a toujours été russe ou les Russophones sont menacés. Qui condensent des réalités historiques et juridiques beaucoup plus complexes. L'intérêt analytique du livre tient à ce refus des explications monocausales.

Il remplace une lecture figée du pays par l'étude de processus construction de l'état, mobilisation citoyenne, recomposition identitaire et effet successif de la pression russe. Cette méthode donne au lecteur un cadre pour interroger les récits plutôt que les accepter comme des évidences. Deuxièmement, l'indépendance de 1991 comme point de départ d'une construction nationale inachevée. L'indépendance approuvée par référendum le 1er décembre 1991 ne constitue pas. Dans la perspective du livre, l'aboutissement automatique d'une nation homogène. Elle ouvre plutôt une période de construction politique durant laquelle l'état, la citoyenneté et les références collectives doivent être consolidées. Goujon replace ce processus dans une longue durée l'héritage de la rousse de Kiev, les partages territoriaux, la tentative d'indépendance de 1918, l'intégration à l'URSS et les violences du XXème siècle, notamment la famine de 1932-1933 et les répressions soviétiques. Il ne s'agit pas de tirer de cette histoire une essence nationale immuable, mais de comprendre pourquoi la mémoire des dominations et des catastrophes pèsent sur les choix contemporains. L'auteur mobilise l'idée d'un imaginaire collectif. Proche de la communauté politique imaginée, formulée par Benedict Anderson, une nation se forme aussi par des représentations partagées, des institutions et des expériences civiques.

L'Ukraine indépendante rassemble des populations aux langues, mémoires et trajectoires régionales diverses, sans que cette pluralité abolisse le cadre politique commun. Les révolutions de 2004 et de 2013-2014 illustrent l'importance des mobilisations autour de la représentation politique, de l'état de droit et de l'orientation européenne. Le livre aide donc à comprendre l'identité ukrainienne comme une réalité dynamique, elle s'est affirmée à travers l'indépendance. Les crises démocratiques et la défense d'un état souverain, plutôt que comme le produit d'une opposition ethnique simple. Troisièmement, la Russie impériale et soviétique une continuité de domination à analyser sans anachronisme. Un apport majeur de l'essai est de replacer les relations russe-ukrainienne dans le cadre des héritages impériaux. Alexandra Goujon souligne que l'Empire russe, puis l'Union soviétique ne doivent pas être interprétés comme de simples cadres neutres d'unité entre peuples frères. Derrière les discours d'intégration ou de fraternité, des hiérarchies politiques, culturelles et linguistiques ont durablement placé les Ukrainiens dans une position subordonnée.

Notamment à travers l'ancienne représentation des pétirusses. Cette perspective éclaire les sensibilités ukrainiennes face aux discours contemporains, niant l'autonomie historique ou nationale du pays. Elle ne revient pas à projeter mécaniquement le passé sur le présent, le livre évite de faire de toute l'histoire une marche inéluctable vers la guerre. Elle permet en revanche d'identifier une logique de pouvoir récurrente, dans laquelle la pleine souveraineté ukrainienne est difficilement admise par les autorités russes.

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