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[Critique] Le Blanc de l'Algerie (Assia Djebar) Résumé. artwork

[Critique] Le Blanc de l'Algerie (Assia Djebar) Résumé.

9Natree French

September 24, 2026

Le Blanc de l'Algerie (Assia Djebar) #Décennienoirealgérienne #Intellectuelsassassinés #Mémoiredesdisparus #Écritureélégiaque #Pluralitélinguistiquealgérienne #LeBlancdel039Algerie Publié en 1996, *Le Blanc de l’Algérie* d’Assia Djebar est un récit hybride, à la croisée du témoignage, de l’essai...

Speakers Olivier

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Olivier (0:22)

BKFC 94, Till versus Ramiro. Rejoignez-le en live, seulement sur Dazone. Signez-vous maintenant à dazone.com.

Bonjour, je suis Olivier. Bienvenue dans le podcast de 9Natree. Aujourd'hui, je vais résumer et critiquer le livre. Publié en 1996, Le Blanc de l'Algerie d'Assia Djebar est un récit hybride, à la croisée du témoignage, de l'essai historique, de l'autobiographie et de l'élégie. L'ouvrage naît dans le contexte de la guerre civile algérienne des années 1990, marqué notamment par l'assassinat d'intellectuels, d'artistes et de journalistes. Djebar y part d'abord de la disparition violente de trois proches, le psychiatre Mahfoud Boucebci, le sociologue M'Hamed Boukhobza et le dramaturge Abdelkader Alloula, pour élargir progressivement son hommage à plusieurs figures majeures de la culture algérienne. Elle évoque ainsi une histoire longue, allant de la guerre d'indépendance aux violences contemporaines, sans réduire ses morts à une simple liste de victimes. Le Blanc du titre désigne à la fois le deuil, le silence et une présence que l'oubli ne parvient pas à effacer. Par l'écriture, Djebar interroge la vulnérabilité des voix intellectuelles et fait de la mémoire une exigence éthique, politique et littéraire. Je vais vous présenter les points clés de ce livre. Premièrement, une liturgie des disparus contre l'effacement des vies intellectuelles.

Le livre se construit comme une cérémonie de mémoire plutôt que comme une chronique linéaire des événements. Assia Djebar convoque les morts, restitue ce qui peut l'être de leurs derniers jours et s'attarde sur le choc éprouvé par leurs proches, leurs amis et leurs lecteurs. Ce choix formel est décisif, l'auteur refuse que les assassinats commis dans l'Algérie des années 1990 deviennent des faits divers absorbés par la répétition de la violence. Les trois amis auxquels l'ouvrage est particulièrement lié, Mahfoud Boucebci, M'Hamed Boukhobza et Abdelkader Alloula, ne sont pas présentés comme des symboles abstraits. Leur disparition met en évidence ce que perd une société lorsque ceux qui soignent, étudient, crètent et transmettent son visée. La mort atteint alors aussi les espaces de discussion, de théâtre, de savoir et de relations humaines qu'ils avaient contribué à faire vivre. Djebar donne à cette remémoration une dimension rituelle nommée, rappeler et écrire deviennent des gestes de fidélité. Mais cette fidélité n'est pas uniquement privée. Elle répond à une menace collective d'anésie et affirme que les morts continuent d'appartenir à l'histoire du pays. Le récit fait donc du deuil une pratique active, conservée des visages, des voix et des trajectoires contre la réduction de l'histoire à la peur ou au seul discours politique. Deuxièmement, relier la décennie noire au silence plus ancien de l'histoire algérienne. L'une des forces de Le Blanc de l'Algérie tient à son refus d'isoler la guerre civile des années 1990 du reste de l'histoire nationale.

Djebar remonte vers d'autres disparitions et d'autres blessures. En évoquant notamment des écrivains et intellectuels tels que Mulud Ferahun, Frantz Fanon, Jean Senac, Mulud Mamery, Katab Yassin ou Tahar Djaout. Il ne s'agit pas de prétendre que toutes ces morts ont les mêmes causes ou le même contexte. L'auteur met plutôt en lumière une continuité troublante l'histoire culturelle algérienne et traversée par des ruptures, des exils, des assassinats et des formes de mise à l'écart qui empêchent la transmission sereine des héritages. La guerre d'indépendance.

Les tensions de l'après-indépendance et la violence fratricide constituent ainsi des temporalités distinctes mais liées par des questions non résolues qui peut parler au nom d'eux. L'Algérie, dans quelle langue, pour quelle mémoire et à quel prix.

Cette perpétive historique évite une lecture réductrice de la crise contemporaine comme une soudaine anomalie.

Elle montre que la violence des années 1990 réactive des fractures politiques, culturelles et mémorielles plus profondes. Pour Djebar, comprendre le présent exige donc de regarder ce qui a été tué, mal transmis ou transformé en récit officiel. L'hommage aux morts devient simultanément une enquête sur les conditions historiques de leur vulnérabilité. Troisièmement, l'écrivain et l'intellectuel comme cible dans une société en guerre, Djebar examine une situation particulièrement inquiétante dans un pays déchiré par la violence politique. L'écrivain, l'artiste ou le chercheur peut devenir une cible parce qu'il incarne la pluralité des savoirs et des imaginaires. L'ouvrage ne traite pas les intellectuels comme une catégorie séparée de peuples ou naturellement héroïques. Il insiste plutôt sur leur exposition concrète, ils sont des personnes prises dans des liens d'amitié, de famille, de travail et de création. Mais leurs activités publiques les rendent visibles. Le dramaturge, le psychiatre, le sociologue ou le romancier contribuent chacun à leur manière, à maintenir des lieux où la société peut se penser autrement que par les mots d'ordre et la peur. Leur élimination a donc une portée qui dépasse leur destin individuel. Elle attaque les conditions mêmes du débat, de la critique et de la création. La formule de l'écrivain offert en victime propitiatoire éclaire cette logique une société en crise peut chercher à sacrifier les voix qui rappellent sa diversité, ses contradictions ou ses blessures. Djebar ne propose pas une théorie systématique de la violence, mais son récit rend sensible la valeur civique de la culture. Écrire après ses morts ne revient pas à leur attribuer une pureté rétrospective. C'est refuser que leur silence imposée devienne définitif.

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