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[Critique] La grande rupture (Georges-Henri Soutou) Résumé.

9Natree French

September 17, 2026

La grande rupture (Georges-Henri Soutou) #ChutedumurdeBerlin #Transitionrussepostsoviétique #RelationsOTANRussie #Nationalitésd’Europeorientale #GuerreenUkraine #Lagranderupture Paru chez Tallandier en 2024, La grande rupture: 1989-2024.

Speakers Olivier

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Olivier (0:00)

Bonjour, je suis Olivier, bienvenue dans le podcast de 9Natree. Aujourd'hui, je vais résumer et critiquer le livre. Paru chez Tallandier en 2024, La grande rupture 1989-2024.

De la chute du mur à la guerre d'Ukraine est un essai d'histoire des relations internationales signé par Georges-Henri Soutou, professeur émérite à Sorbonne Université et spécialiste de l'Europe au XXe siècle. Le livre couvre la séquence ouverte par la chute du mur de Berlin. La disparition de l'URSS est l'espoir d'un ordre européen pacifié pour aboutir à la guerre russe contre l'Ukraine. Son objet n'est pas de proposer une explication instantanée du conflit, mais d'en restituer les conditions historiques et diplomatiques sur plus de trois décennies. Soutou examine notamment les héritages des nationalités en Europe orientale et dans les Balkans les effets durables de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide. La transition russe après 1991 ainsi que les tentatives inabouties de coopération entre Moscou et les puissances occidentales.

Sa thèse générale est celle d'une rupture progressivement construite l'agressivité croissante de la Russie comte, mais les erreurs. L'assurance et certaines initiatives occidentales font également partie de la trajectoire analysée. Je vais vous présenter les points clés de ce livre. Premièrement, de l'optimisme de 1989 à l'effondrement d'un ordre européen espéré. Le point de départ du livre est le contraste entre les attentes suscitées en 1989-1991 et la situation européenne issue de l'invasion de l'Ukraine.

La chute du mur de Berlin. Puis la disparition de l'Union soviétique, semblait annoncer la fin de la division du continent et l'intégration graduelle de la Russie dans un ordre international libéral. Soutou prend cette attente au sérieux, elle permet de comprendre que la guerre actuelle ne relève pas d'une fatalité immédiatement inscrite dans l'après-guerre froide. Elle résulte plutôt d'un cheminement fait de décisions, de malentendus, de rapports de forces et de tentatives de rapprochement qui n'ont pas produit un cadre durable. Cette perspective longue corrige deux simplifications courantes. La première consiste à traiter 1991 comme le commencement évident d'une paix occidentale étendue à tout le continent. La seconde est de lire les événements récents comme la seule réapparition mécanique d'un antagonisme ancien entre Russie et Occident. Entre ces deux lectures, l'auteur rappelle l'existence de phases intermédiaires ouverture diplomatique, recherche de coopération, mais aussi frustration et désaccords accumulés.

L'enjeu est donc de reconstituer la transformation d'un moment de possibilité en une confrontation armée. Le titre désigne moins un basculement unique qu'une dégradation historique des rapports est-ouest devenu manifeste lorsque la guerre revient durablement au cœur de l'Europe. Deuxièmement, les nationalités d'Europe orientale et des Balkans comme héritage politique durable, Soutou inscrit la crise ukrainienne dans une géographie historique plus large. Celle des nationalités en Europe orientale et dans les Balkans. Cette dimension est essentielle.

Car l'effondrement des empires puis du bloc soviétique n'a pas fait disparaître les questions de frontières, de minorités, de souveraineté et d'appartenance nationale. Au contraire, la fin de l'ordre communiste a rendu à nouveau visible des problèmes longtemps contenus, gelés ou administrés par des structures impériales et fédérales. L'intérêt de cette approche est d'éviter de réduire l'Ukraine à un simple terrain de rivalité entre grandes puissances. Les États, les populations et les identités politiques de la région ont leur propre histoire. Ils ne sont pas seulement les objets des stratégies de Moscou, de Washington ou des institutions euro-atlantiques. L'auteur relie ainsi le présent à des héritages plus anciens, sans pour autant dissoudre les responsabilités contemporaines dans un déterminisme historique. Les mémoires de domination, les expériences de violence et les contestations territoriales contribuent à rendre certaines questions particulièrement sensibles après 1991 Cette mise en perspective éclaire aussi les difficultés de toute architecture de sécurité européenne.

Un arrangement entre capitales ne suffit pas lorsqu'il ignore la souveraineté des états concernés ou les craintes nées de l'histoire régionale. La question nationale est donc chez Soutou une variable concrète de la diplomatie, elle structure les perceptions de la sécurité. Les choix d'alliances et les conflits de légitimité qui traversent l'Europe post-soviétique. Troisièmement, la transition russe manquée après 1991 est le retour d'une politique de puissance. Un axe majeur de la grande rupture concerne la trajectoire de la Russie après la disparition de l'URSS. Soutou décrit un pays qui paraissait initialement susceptible de trouver une place dans le nouvel environnement international, mais dont la transition démocratique et politique n'a pas consolidé une relation stable avec l'Occident. Cette question ne se limite pas aux institutions intérieures, elle touche directement à la manière dont la Russie a interprété sa sécurité. Son statut international est la perte de l'Empire soviétique. L'analyse refuse d'exonérer Moscou.

Selon la présentation du livre, la Russie est devenue progressivement plus agressive, jusqu'à défier ouvertement l'ordre issu de l'après-guerre froide. Cette évolution doit être prise au sérieux pour comprendre la guerre contre l'Ukraine, les griefs géopolitiques ou les frustrations accumulées ne transforment pas l'usage de là. Force en conséquence inévitable ni légitime. En soulignant ce point, Soutou distingue l'explication historique de la justification politique. Mais l'auteur cherche aussi à comprendre les conditions qui ont favorisé cette évolution. La fragilité de la transition, le sentiment de déclassement et l'échec d'un partenariat réellement stabilisé ont pesé sur la relation avec l'ouest. Le livre privilégie donc une causalité historique plurielle ni l'image d'une Russie éternellement identique. Ni celle d'une rupture exclusivement imposée de l'extérieur ne suffisent. Il montre comment un projet d'insertion post-soviétique a cédé la place à une politique plus conflictuelle, fondée sur une affirmation sans concession de la puissance russe.

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