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[Critique] La ballerine de Kiev (Stéphanie Perez) Résumé. artwork

[Critique] La ballerine de Kiev (Stéphanie Perez) Résumé.

9Natree French

September 17, 2026

La ballerine de Kiev (Stéphanie Perez) #Balletdel’OpéranationaldeKiev #Invasiondel’Ukraineen2022 #Danseetrésistanceculturelle #Secoursauxblessésdeguerre #Deuilethandicap #LaballerinedeKiev Publié aux éditions Récamier en 2024, La ballerine de Kiev est le deuxième roman de Stéphanie Perez,...

Speakers Olivier

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Olivier (0:00)

Bonjour, je suis Olivier, bienvenue dans le podcast de 9Natree. Aujourd'hui, je vais résumer et critiquer le livre. Publié aux éditions Récamier en 2024, La ballerine de Kiev est le deuxième roman de Stéphanie Perez, journaliste et grande reporter pour France Télévisions. Cette fiction contemporaine aborde l'invasion russe de l'Ukraine à partir de février 2022, non par les seuls récits militaires ou diplomatiques, mais depuis l'univers du ballet de l'opéra national de Kiev. Au centre du livre se trouvent Svitlana et Dmytro, couple de danseurs d'étoiles dont l'existence.

Réglé par le travail du corps, la scène et la musique, est brutalement déplacé par la guerre. Dmytro s'engage dans l'armée, tandis que Svitlana participe au secours avant d'affronter la possibilité d'un retour à la danse profondément transformée. Nourri de l'expérience de terrain de l'autrice et inspiré de rencontres réelles sans en être un témoignage direct, le roman interroge la survie individuelle et collective. Il examine surtout la place de l'art, lorsque les repères ordinaires, les corps et les liens affectifs sont atteints par la violence.

Je vais vous présenter les points clés de ce livre. Premièrement, le ballet de Kiev comme point d'entrée humain dans la guerre. Le choix du ballet constitue la singularité principale du roman. Stéphanie Perez ne traite pas la guerre depuis les centres de décision ni depuis une chronique de combat. Elle la fait irruption dans une institution artistique et dans le quotidien de personnes vouées à la scène. Cette perspective rend immédiatement perceptible ce que le conflit détruit au-delà des infrastructures des routines, des vocations, des relations de travail et une conception patiemment construite de l'avenir. Le contraste entre l'ouverture associée au lac des signes et le basculement du 24 février 2022 met en relief la violence de la rupture. Le monde du ballet n'est pas décoratif. Il impose une attention particulière à la discipline, à la fragilité physique et à la dépendance envers un lieu collectif, l'opéra. Quand celui-ci ne peut plus remplir son rôle ordinaire, la question de l'identité des danseurs devient concrète que restait-il d'un artiste privé de répétition, de public ou même de sécurité. En resserrant l'histoire sur Svitlana, Dmytro et leur milieu, le livre évite de réduire la population ukrainienne à une abstraction médiatique. Il rappelle que la guerre affecte aussi les métiers civils, les formes de création et les espaces où une société se reconnaît elle-même. Deuxièmement, Svitlana et Dmytro, deux réponses à la destruction du quotidien. Le parcours du couple permet au roman d'examiner des formes distinctes d'engagement sans les présenter comme interchangeables. Dmytro, danseur étoile, rejoint l'armée dès les premiers temps de l'invasion. Son choix illustre le passage brutal d'une existence construite autour de la précision artistique à une responsabilité militaire imposée par les circonstances. Svitlana, elle aussi danseuse, devient secouriste après le choc initial. Son action place au premier plan le soin, l'assistance aux blessés et la confrontation avec des corps que la violence a mutilé ou épuisé. Ces trajectoires font du corps un enjeu central dans le ballet, il est instrument de beauté, de maîtrise et de langage. Dans la guerre, il devient vulnérable, blessé, mobilisé et parfois empêché. L'idée que Svitlana ne dansera plus comme avant ne renvoie donc pas uniquement à une difficulté technique ou à un traumatisme individuel. Elle désigne une transformation de son rapport au monde, à son métier et à ce qu'elle peut encore transmettre sur scène. Le roman met ainsi en tension le devoir de défendre, le devoir de secourir et le désir pour conserver une vie artistique. Cette pluralité évite une vision uniforme du patriotisme et donne une dimension intime au sacrifice engendré par le conflit. Troisièmement, l'art comme résistance, mémoire et reprise de souffle, La ballerine de Kiev pose explicitement une interrogation danser conserve-t-il un sens face à la barbarie ? Le roman ne répond pas en opposant naïvement l'art à la guerre comme si la beauté pouvait annuler les pertes ou protéger des bombes. Il montre plutôt que l'art peut maintenir une capacité de sentir, de se réunir et de se projeter lorsque la peur tend à réduire l'existence à la survie immédiate. La danse, la musique et la réouverture possibles des lieux de culture prennent alors une valeur de résistance civique autant qu'intime. Elle réaffirme que la vie ukrainienne ne se résume pas à son statut de territoire attaqué. Dans cette perspective, le ballet devient également un langage de mémoire, les gestes appris avant l'invasion portent désormais la trace des absents, des blessés et des déplacements. La scène n'efface pas le deuil, elle offre un cadre où il peut être partagé sans être réduit au silence. Cette approche explique la tonalité lumineuse souvent relevée chez l'autrice malgré la gravité du sujet. La lumière ne relève pas d'un adoucissement des faits, mais de l'attention portée aux solidarités et à la persistance des pratiques culturelles. Le livre défend ainsi l'idée que créer ou regarder une œuvre est aussi une manière de préserver l'humanité menacée par la guerre. Quatrièmement, du reportage de guerre à la fiction, rendre l'actualité sensible, l'expérience professionnelle de Stéphanie Perez, comme reporter de guerre, informe le cadre du roman. Les descriptions de l'invasion, de l'exode, de l'entraide, des abris ou de la peur de la mobilisation s'inscrivent dans une réalité contemporaine immédiatement reconnaissable. Toutefois, l'ouvrage reste un roman, ses personnages sont présentés comme une synthèse de personnes rencontrées par l'autrice, et non comme la restitution documentaire d'un destin unique.

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