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40 I Nesrine, 40 ans – Exorcisme religieux, hyménoplastie et voile imposé

Révolution des Cœurs

September 8, 2026

Née en Belgique dans une famille marocaine très conservatrice, Nesrine grandit dans un environnement marqué par les violences intrafamiliales, les abus et une forte pression religieuse.

Speakers Nesrine

TopicsRelationshipsSociety & Culture

SPEAKER_1 (0:00)

Bienvenue sur Révolution des Cœurs, le podcast qui donne la parole aux femmes de culture musulmane qui luttent contre le patriarcat. Ici, on brise les tabous et on parle sans filtre. De pression religieuse, du poids des traditions, de couple mixte et de liberté de conscience. C'est un espace d'émancipation où la parole se libère pour parler d'amour, de courage et de liberté.

Pour remarquer ce 40e épisode de Révolution des Cœurs et nos retrouvailles après ces deux mois de pause, je vous propose un épisode profondément bouleversant. Aujourd'hui, je reçois Nesrine au micro du podcast. Né en Belgique, Nesrine grandit dans une famille marocaine très conservatrice où la violence intrafamiliale et la pression religieuse façonnent son quotidien. Pendant 18 ans, elle subit des séances d'exorcisme, sa famille justifiant chaque dysfonctionnement par la sorcellerie. Confrontée aux tabous les plus profonds et aux poids étouffants de la virginité, Nesrine a dû tout traverser pour se reconstruire. Mais malgré un récit très lourd, ce témoignage, c'est avant tout le récit d'une renaissance. Grâce à la thérapie, aujourd'hui libérée et apaisée, Nesrine a repris le contrôle de sa vie et réinventé sa propre liberté. Merci Nesrine pour ce témoignage bouleversant. Un grand bravo et bonne écoute à tous.

Nesrine (1:19)

Alors bonjour, je m'appelle Nesrine. J'ai 40 ans, je suis née en Belgique. Mes parents sont originaires du Maroc. Je suis issu d'une fratrie de sept enfants. Je suis la quatrième. Mon père, lui, il était venu très tôt dans les années 65 Il est venu en Espagne. Il est resté dix ans en Espagne. C'est en 76 Mon père a épousé ma mère et il l'a ramené en Belgique. En 77, elle a sa première fille, ma grande-soeur, presque dix ans, mon aînée, puisque moi, je suis née en 86 Je viens d'une famille très religieuse où l'islam, c'était vraiment très important. Et voilà, j'ai baigné dans une famille très, très conservatrice. Mes souvenirs d'enfance. Je vis dans une famille qui est très violente. Mon père qui est très violent. Ma mère qui est très violente. C'est un schéma très toxique. Vraiment, c'est très toxique. Une maman, j'ouvre les yeux, qui est dépressive, qui est fatiguée. Une femme qui est accro, qui nous menace tout le temps de partir. Et un papa qui est très terrorisant. Et où l'islam est très important pour lui. Pour lui, en fait, l'éducation, c'est super important dès le départ. Lui, il a une pression en tant que père. Et nous, il nous met une pression. Voilà. Pour lui, il faut qu'il rentre au paradis. Il faut qu'on rentre au paradis. Donc ça, c'était vraiment très important pour lui. Ma maman, c'était quelqu'un de très dépressif. Et puis, elle remettait ça beaucoup sur la sorcellerie. La sorcellerie, on lui a fait de la sorcellerie. Déjà, ça, c'est quelque chose qui m'a vraiment marqué dans mon enfance. Plus la pression de mon père, pression religieuse de mon père. Comment je fais pour me retrouver dans tout ça ? J'essaye de satisfaire mon père au niveau religion. Et j'essaye de satisfaire ma maman de l'alléger au niveau de son travail en tant que mère. J'apprends très tôt la prière, j'apprends très tôt ma religion. Le foulard, c'était quelque chose que je ne voulais pas mettre. Dès le départ, même s'il me mettait la pression de mettre le voile, je me cachais derrière la scolarité, je me cachais derrière, ben voilà, je suis en Belgique, c'est compliqué. Papa ne m'afflige pas tout de suite ça. J'essaye de négocier, on négocie. J'y arrive. Douze ans, là, ça devient beaucoup plus compliqué. J'ai douze ans. Il m'oblige concrètement à porter le voile. Parce qu'il a peur, voilà, il a peur que j'aille en enfer. Il a peur d'aller en enfer. Là, ça devient vraiment un parcours du combattant. Je sors de la maison, j'ai le voile sur la tête, mais je le retire. Dès que je traverse la porte, je le retire, je l'accroche au poilier de la porte. Je reviens, je sais que je vais me faire frapper, mais c'est pas grave. Le foulard, je ne veux pas le mettre. Mon père aussi, c'était quelqu'un qui ne voulait pas décevoir ma mère. Il ne voulait pas la décevoir, donc limite si elle venait, par exemple, le soir, elle lui parlait, oui, mes filles, elles ont été désagréables, elles n'ont pas fait le ménage comme il faut, elles n'ont pas été assez correctes. Donc pour elle, moi, ce que j'ai compris avec le recul, elle voyait une frustration à travers ses filles. En fait, ses filles, elles s'émancipaient, elles allaient à l'école, elle, ma mère, elle n'a jamais été à l'école, ça a été une grosse frustration pour elle. Et donc, voilà, elle avait une certaine haine ou des fois, elle allait inventer vraiment des bêtises à mon père qui nous frappent. Et s'il ne nous frappait pas, s'il ne nous frappait pas, donc c'était limite tous les jours, tous les soirs, ma soeur et moi, donc j'avais une soeur d'un an moins que moi, quasi tous les soirs, ils nous frappaient. Pourquoi vous avez fait ça à votre mère ? Vous avez fait trop de bruit ? Vous avez fait ceci ? Vous n'avez pas répondu à vos responsabilités, à vos devoirs ? Parce que mon père, il avait peur, parce qu'elle le menaçait beaucoup de, je ne vais pas coucher avec toi, je ne coucherai pas avec toi, je râle, non, on ne dormira pas ensemble, je vais découcher. Et voilà, je grandis dans cette violence et malgré tout ça, je m'accroche à ma religion. Pour moi, Dieu, il est beau. Malgré que mon père m'enseigne cette religion dans la violence, je grandis dans la violence, je me dis Dieu, il est là. Dieu, il est bon, je vais apprendre à prier, je vais prier, je vais faire ce qu'il faut pour apaiser cette violence au sein de la famille. Ma mère, elle reste comme ça, je suis comme une rivale pour elle. Et c'est les trois sœurs, je ne vais pas dire moi je suis la rivale, c'était mon aînée, la grande. Voilà, on est des rivales pour elle. Elle enchaîne les garçons. Donc j'ai deux grands frères et j'ai deux petits frères. Et un grand frère aussi qui est très terrorisé. Donc il avait cette culpabilité lui aussi. Il voulait avoir cet amour de ma mère. Donc pour lui, elle lui disait, écoute, tu vas lui frapper. Elles se sont rasées les jambes, tu les frappes.

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