Skip to content
31 | Salma, 38 ans – Double vie et pression religieuse dans une famille musulmane artwork

31 | Salma, 38 ans – Double vie et pression religieuse dans une famille musulmane

Révolution des Cœurs

March 17, 2026

Dans cet épisode, Salma raconte sa double vie sous pression religieuse au sein de sa famille musulmane. Pendant des années, elle cache une relation avec un homme non musulman tout en continuant à répondre aux attentes de sa famille.

Speakers Salma

TopicsRelationshipsSociety & Culture

SPEAKER_1 (0:00)

Bienvenue sur Révolution des Cœurs, le podcast qui libère la parole des femmes de culture arabo-musulmane. Ici, nous brisons les tabous et nous parlons d'amour et de liberté.

Dans ce nouvel épisode, Salma raconte la double vie vécue et la pression religieuse subie au sein de sa famille musulmane. Pendant des années, elle cache une relation avec un homme non musulman, tout en continuant à répondre aux attentes de sa famille. Lorsque ses parents découvrent cette relation, la situation bascule. La réaction est violente, marquée par la peur et le contrôle, et Salma se retrouve contrainte de retourner vivre chez eux. Ce témoignage met en lumière les mécanismes d'emprise familiale, la difficulté de vivre une double vie, et les conséquences d'une pression religieuse constante. Peu à peu, Salma raconte comment elle a réussi à reprendre sa vie en main, malgré la culpabilité et les liens familiaux qui restent forts. Merci Salma pour ce témoignage bouleversant. Un grand bravo et bonne écoute à tous.

Salma (1:08)

Je m'appelle Salma, j'ai 38 ans et je suis née dans une famille marocaine. Mes parents sont arrivés en France dans les années 70 Ils se sont rencontrés dans un petit village dans l'est de la France, et ils ont eu 5 enfants, 3 filles, 2 garçons, et moi, je suis au milieu. Et donc, d'aussi loin que je me souvienne, la religion a toujours été présente dans notre vie. Et même si c'était plutôt modéré jusqu'à ce qu'on arrive à l'âge adulte, j'ai quand même été élevée avec l'idée de Dieu qui punit, avec cette peur de l'enfer. Et je me souviens d'ailleurs, quand j'étais enfant, dès qu'il m'arrivait quelque chose de négatif, je faisais le lien très rapidement avec quelque chose que j'avais fait d'interdit. Si j'avais menti par exemple, si j'avais regardé quelque chose d'interdit à la télé, je me disais, ben voilà, je vubie ce truc négatif parce que Dieu me punit. Et du coup, en parallèle de ça, ces jeunes, j'ai développé une espèce de rejet communautaire parce que je me suis sentie étouffée par toutes ces règles, tous ces jugements, la misogynie, l'hypocrisie. Et ça s'est déployé aussi envers les garçons. Du coup ici, les garçons de Ma Gréban, en fait, j'avais un jugement très dur, en fait. Je voyais chez eux tout ce qui me rebutait, l'espèce d'autorisation absolue qu'ils avaient à faire ce qu'ils voulaient, tout leur comportement macho, et qui était tacitement accepté par les parents, les mamans, et à l'inverse, comment nous, les filles, on était traités, et toutes ces règles qu'on nous imposait.

Et du coup, très tôt aussi, j'ai commencé à fantasmer d'un futur différent de ce que je voyais autour de moi. Je voulais aller dans un autre pays, loin de ma famille, pour juste être libre de faire ce que je voulais, et donc savoir tout ce qui était interdit. Enfin, pas que, mais une grande partie de ce que je voulais faire, c'était des choses interdites. Et du coup, mes présentations, c'est vrai que c'était des Français, principalement. Et rapidement, j'ai eu un peu l'étiquette de mouton noir. J'étais un peu le mouton noir de la famille. On me sait que j'étais un peu francisée.

Et en fait, ça a mené à, comment dire, quelque chose qui s'est un peu nourri de lui-même, parce que plus on me collait cette étiquette, plus je me rendais compte que oui, je ne voulais pas faire partie de tout ce clan-là et de tous ces dogmes-là. Et en parallèle de cela, ce qui a rendu la suite de mon histoire très difficile, c'est que mes parents étaient très dévoués. Comme beaucoup de parents, ils sont d'immigration. Ils ont vraiment poussé au paroxysme le sacrifice parental. La priorité, c'était vraiment nos études. On aille en vacances. On vit aussi bien que leurs revenus assez modestes qu'on peut les permettre. Et donc, du coup, ça, ça crée un sentiment vraiment de culpabilité. J'ai eu et j'ai encore aujourd'hui une dualité entre je les aime et j'ai envie de les fuir. Et du coup, il y a aussi du chantage affectif. Ou en fait, pour moi, très tôt, on nous met entre les mains. On nous fait comprendre qu'on a entre les mains le bonheur de nos parents. Que nous, en tant qu'enfants, on a le pouvoir de faire le malheur ou leur bonheur. Et donc, quand on est jeune, ados, ça peut être une bêtise, une dispute entre frères et soeurs, ou je ne sais pas, des mauvaises notes. Et d'un coup, on voit nos parents tristes, sombres, silencieux. C'est encore pire que se faire engueuler ou se faire punir. C'est vraiment... J'ai le spectacle sous mes yeux en tant qu'enfant ou ados de mes parents qui sont mal à cause de moi. Et du coup, dans cette atmosphère-là, les études, c'était rapidement en tremplin, en fait, pour préparer un petit peu ma fuite. J'avais toujours ça un peu en filigrane de je pourrais être moi, je pourrais vivre quand je vais faire mes études. Là, tout de suite, ce n'est pas la vie. Je serre les dents, mais la vie, ça va être plus tard. Et ça a été vraiment un moteur pour moi qui n'était pas spécialement bonne à l'école pour me dire je vais tout faire pour réussir, pour pouvoir aller loin. Et ensuite, j'ai dû négocier pendant des mois avec mes parents pour aller faire mes études à l'étranger. Mes parents ne comprenaient pas pourquoi je devais aller aussi loin. Ils ne comprenaient pas pourquoi mes frères et soeurs étaient restés dans les alentours et pourquoi moi je voulais aller dans un autre pays. Puis, il y avait cette espèce de peur, de risque, du danger. Et je savais que dans la partie risque-danger, il y avait l'aspect garçon, elle sera toute seule, elle va faire potentiellement quelque chose d'autre. Mais moi, ça a été vraiment ma bataille, en fait. Et j'ai réussi à obtenir ce que je voulais. Et j'ai passé des années incroyables, du coup, à l'étranger. Donc, je me disais enfin, en fait, je reprends possession de ma vie. Enfin, je peux être juste moi et je peux commencer à vivre, en fait, tout ce dont j'étais spectatrice jusqu'ici. J'ai commencé à avoir une double vie comme ça. C'est-à-dire que quand j'étais loin, j'avais ma version qui était libre, aventurière, extravertie. Et quand je leur rendais visite, je passais sous silence une grande partie de ma vie étudiante, et je ne faisais pas de vagues, en fait, tout simplement. Mais en fait, en parallèle, je me suis affranchie doucement mais sûrement de toutes les règles et les obligations qui m'avaient impulquées. Mais dans le silence, je ne le partageais pas, ni avec mes frères, ni avec mes sœurs, parce que je ne sentais pas cette proximité-là du fait de cette enfance où j'étais un peu le mouton noir. Donc, c'était vraiment un cheminement que je faisais toute seule. C'était vraiment une évolution interne. Et la problématique, c'est que cette séparation a plutôt bien marché. Du coup, vu que ça a bien marché, moi, j'ai continué et j'étais vraiment deux personnes différentes. Ou quand j'étais dans mon autre pays, j'étais une version qui savait d'une certaine manière, qui avait des convictions, qui buvait, qui pouvait faire la fête, qui rencontrait les gens. Et quand je rentrais chez mes parents en visite, j'étais une autre personne, mais qui était au final pas vraiment de moi non plus. Mais j'ai continué comme ça parce que c'était le seul moyen d'avoir les deux, de surtout ne pas aller à l'encontre de mes parents. Et plus moi, j'allais de plus en plus vers cette liberté là, mes parents, eux, faisaient l'inverse. C'est-à-dire qu'ils se recentraient de plus en plus sur leur religion parce qu'il y a eu des décédés grand-parents, parce qu'il y a eu des problèmes de santé, et juste la vieillesse qui se profile. Et tout ça, en fait, on fait qu'ils ont vraiment mis la religion au centre avec le discours que, de toute façon, cette vie sur terre ne compte pas. Ce qui compte, c'est la vie d'après. Sauf que eux, ils ont eu ce discours à partir d'un certain âge. Nous, on était encore jeunes et on devait embrasser cette même vision. Que tout ce qui compte sur cette vie-là, ce n'est pas important. Et donc ensuite, on peut tout mettre dedans. Ce n'est pas important de sortir, ce n'est pas important d'avoir des amis, ce n'est pas important de se réaliser, ce n'est pas important de travailler, parce que de toute façon, mourir, ce qui est important, c'est la suite. Et donc, à savoir le paradis ou l'enfer. Après mes études à l'étranger, je suis rentrée chez mes parents. Et sans surprise, j'ai senti que j'ai tout fait très rapidement. Que le cadre était devenu trop petit pour moi et la personne que j'étais devenue. Et je voulais juste reprendre ma liberté. Et je me suis rendu compte que ce que moi, j'appelais liberté, c'était juste la vie normale pour les autres. Et donc, j'ai fait la même chose qu'avec mes études. J'ai utilisé le travail comme moyen de partir de nouveau. Donc là, je suis partie à l'autre bout, à Bordeaux, parce que c'était le plus loin que je pouvais faire. Et j'ai rejoint un garçon qui était mon copain. Et j'ai vécu avec lui. C'était ma première relation. Mais je savais qu'il y avait une date de fin. Et j'avais une espèce d'épée d'amoclès au-dessus de la tête, en lui disant, Profites-en, parce que ça ne va pas durer, et ça ne peut pas durer. J'étais quand même assez lucide sur ça, c'est que je me suis rendu compte que je sabotais un peu les choses, c'est-à-dire qu'elle a moindre dispute, elle a moindre problématique. Je parlais de rupture, et j'envisageais la fin, parce que je savais que de toute façon elle allait arriver. Donc c'était autant en être maîtresse et la déclencher moi-même, mais la vie ne fonctionne pas comme ça, parce que j'aimais très très fort ce garçon, et il m'aimait aussi, et à lui j'ai passé sous silence l'aspect très très religieux de mes parents. Il savait que j'étais d'origine marocaine, il savait que mes parents étaient musulmans, et que moi-même je l'étais un peu d'une certaine manière, mais il ne savait pas du tout l'ampleur que ça représentait. Jusqu'au jour où il me demande un mariage, et donc là c'est un mélange de je suis la plus heureuse et panique total, où je me dis après cinq ans de vie clandestine entre mes études et ma vie avec lui, là je vais devoir en fait faire fusionner mes deux vies. C'était fini en fait la récréation, c'était fini d'avoir la visite chez mes parents où je me ressourçais, où c'était quand même plaisant, où c'était quand même une bonne ambiance familiale. Et dès que je commence à en avoir marre, ça y est, je peux repartir vers ma vie à moi, où je suis libre et où je suis une personne différente. Et ce que j'ai fait, c'est que quand j'ai décidé d'en parler à mes parents, j'ai utilisé la même méthode qui avait marché jusqu'ici, à savoir le mensonge. Et donc j'ai menti en disant qu'il était converti, qu'il était converti avant de me connaître. Et donc là, la réaction de mes parents, c'est que mon père est parti. Il a quitté la pièce tout simplement. Ma mère s'est mise à pleurer. Et le lendemain, elle est venue me voir en me disant, écoute, j'ai bien réfléchi, ce n'est pas possible. Ton père, de toute façon, n'acceptera jamais. Et de toute façon, ça ne peut pas marcher, ce genre de chose. Donc, n'en parlons plus. Et vraiment, elle a balayé mon histoire comme si ça ne comptait pas. C'est que tu peux supprimer cette histoire d'amour parce que moi, en tant que ta mère, j'ai mis mon veto. Je suis repartie sur Bordeaux en me disant, je trouverai un moyen. Là, tout ce que je veux, c'est le retrouver. Et en fait, je ne me faisais qu'acheter du temps. C'est tout ce que je faisais.

30 more minutes of transcript below

Thousands of transcripts fetched by people building searchable podcast archives

Fetch the whole transcript

The demo key returns a sample episode in full, no card needed:

request
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
  https://spoken.md/transcripts/1000651996090

Markdown with the speakers named, for your notes, your knowledge base, or anything that makes HTTP calls.

From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire. Prices exclude VAT, added at checkout for EU customers. Not what you expected? Email us within 14 days with 20 or fewer credits used and we refund the pack in full.

Using your own key:

request
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
  https://spoken.md/transcripts/1000755940124