24 | Sabrina, 26 ans – Grandir sous contrôle religieux, s’arracher à l’emprise familiale
Révolution des Cœurs
December 3, 2025
Sabrina est née en France de parents algériens. Elle raconte son enfance et son adolescence dans un foyer marqué par la violence, le contrôle social et le chantage affectif sur fond de religion.Très jeune elle comprend qu’elle devra s’arracher à cette emprise pour survivre.
Speakers Soraya, Sabrina
TopicsRelationshipsSociety & Culture
Soraya (0:00)
Bienvenue sur Révolution des Coeurs, le podcast qui libère la parole des femmes de culture arabo-musulmane. Ici, nous brisons les tabous et nous parlons d'amour et de liberté.
Dans ce nouvel épisode, Sabrina, née en France de parents algériens, raconte son enfance et son adolescence dans un foyer violent où le contrôle social et le chantage affectif règne sur fond de religion. Sabrina arrache son indépendance dans la douleur très tôt et est à présent épanouie dans sa nouvelle vie. Bienvenue dans l'aventure Sabrina, je suis ravie de t'accueillir sur le podcast. Un grand bravo pour ce témoignage courageux et bonne écoute à tous !
Sabrina (0:48)
Alors, je m'appelle Sabrina, j'ai 26 ans. Donc je suis française, je suis née en France de parents. Donc mon père d'origine algérienne, c'est-à-dire que lui est né en France aussi. Ses parents à lui, donc mes grands-parents paternels, étaient algériens. Ils sont venus, enfin, je ne connais pas toute l'histoire, mais si j'ai bien compris, ils sont venus pendant la guerre d'Algérie. Et ma mère, elle, est algérienne. Elle est venue, je crois qu'elle devait avoir 25 ans, quelque chose comme ça. J'ai 6 frères et sœurs, donc on est 7 enfants. Et je suis la cadette. Moi, j'ai 26 ans. Ça va de 97 jusqu'à 2012 Et en fait, je ne sais pas si je dois raconter ça tout de suite ou pas, parce que ça fait partie des choses qui m'ont amené, du coup, à me questionner, à questionner la religion, tout ça. Donc, je ne vais pas trop spoiler, mais en fait, on était huit à un an donné. Je raconterai plus tard. Mon père est, selon moi, un salafiste, c'est-à-dire qu'il pratique, il essaye en tout cas de pratiquer l'islam de façon la plus proche de celle qui était... celle des compagnons du prophète, celle... voilà, ce qu'on appelle le wahhabisme, le salafisme, tout ça. Mais en fait, il joue un double jeu, parce que dans la vie de tous les jours, c'est quelqu'un qui paraît intégré en société, voilà, il fait un métier qui fait que beaucoup de gens le connaissent et le considèrent comme quelqu'un d'ouvert d'esprit. Et donc, voilà, il a ce double jeu. Et ma mère, d'où qu'elle, elle porte le voile, mais je dirais qu'elle est quand même plus modérée que mon père. Elle a une vision d'islam qui, je l'ai senti en tout cas, n'est pas la même que celle de mon père, c'est-à-dire que par exemple sur certains points, par exemple, prenons l'égalité homme-femme, je pense que si on lui pose la question, elle se considère comme... Enfin, elle ne va pas donner le terme de féministe, mais voilà, elle pense que les hommes et les femmes sont égaux, donc elle a une vision quand même de l'islam qui n'est pas en tout cas la mienne, qui n'est pas celle de mon père, je pense non plus. Quand j'étais petite, j'étais plutôt croyante, croyante en Allah, mais aussi en mes parents. Les relations étaient apaisées avec mes parents. On avait une famille plutôt saine, on va dire, parce que tout ce qui est ressorti par la suite et que j'ai commencé à reprocher à mon père, à savoir par exemple d'être violent avec ma mère, tout ça, quelque chose comme ça, en fait, quand on était petit, on va dire qu'il se cachait. Donc mon père toujours frappait ma mère, mais il faisait ça, on va dire, pas dans notre champ de vision. Donc à ce moment-là, disons que ça se passait encore bien. Au niveau de la religion, mon père nous donnait des cours de religion lui-même. Il nous apprenait régulièrement des surat, tout ça dans la voiture le matin avant d'aller à l'école.
On avait des petits temps où on devait apprendre le Coran, apprendre par cœur des pages du Coran, donc en commençant par les petites surat à la fin du Coran. Ma mère, elle nous donnait des cours d'arabe pour qu'on puisse lire l'arabe.
À ce moment-là, j'étais assez pieuse. Mon père prenait un malin plaisir à nous mettre en rivalité au niveau du dîn, de la renigeante. C'est-à-dire que par exemple, chaque semaine, on avait le droit à... Cette semaine, la personne la plus assidue dans ses prières, c'était telle personne. Souvent, c'était moi parce que j'étais assez doci à l'époque, je voulais faire plaisir à mes parents, j'étais très serviable. Donc, voilà, j'essayais de bien faire les choses. Donc, mon enfance, on peut dire que j'étais quand même quelqu'un d'assez croyante. En tout cas, je ne sais pas si on peut vraiment considérer que j'ai cru en Allah, mais en tout cas, j'ai cru en mes parents. Et du coup, pour leur faire plaisir, j'étais une bonne musulmane. Voilà. Alors, ma grande-soeur, elle était quand même assez protectrice. C'est-à-dire que ma grande-soeur, qui avait deux ans plus que moi, scolairement, on avait un an de décalage, vu que j'avais sauté l'église, donc on était quand même très proches.
17 more minutes of transcript below
Thousands of transcripts fetched by people building searchable podcast archives
Fetch the whole transcript
The demo key returns a sample episode in full, no card needed:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090Markdown with the speakers named, for your notes, your knowledge base, or anything that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire. Prices exclude VAT, added at checkout for EU customers. Not what you expected? Email us within 14 days with 20 or fewer credits used and we refund the pack in full.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000739485854