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18 | Houda, 35 ans – Voile, culte de la virginité et vivre en couple hors mariage

Révolution des Cœurs

September 3, 2025

Dans cet épisode, Houda, née au Maroc, raconte son enfance et son adolescence puis son entrée dans l’âge adulte avant de venir s’installer en France.Elle aborde notamment le poids du voile et le contrôle exercé autour du culte de la virginité, des normes qui ont profondément marqué son parcours.

Speakers Houda

TopicsRelationshipsSociety & Culture

SPEAKER_1 (0:00)

Bienvenue sur Révolution des Coeurs, le podcast qui libère la parole des femmes de culture arabo-musulmane. Ici, nous brisons les tabous et nous parlons d'amour et de liberté.

Dans ce nouvel épisode, Houda, née au Maroc, nous raconte son enfance, son adolescence, ainsi que son entrée dans l'âge adulte, avant de venir s'installer en France. Houda abordera le sujet du voile et surtout du culte de la virginité. Elle est en couple avec un homme marocain, non religieux, et nous racontera ses déboires quant au fait de vivre avec son conjoint hors mariage. Petite confidence, Houda est une amie proche, je suis donc ravie de l'accueillir sur le podcast. Merci ma chère Houda, un grand bravo et bonne écoute à tous !

Houda (0:50)

Et si je peux me présenter, je dirais que je suis Houda, j'ai 35 ans, je suis marocaine, je suis née au Maroc, élevée au Maroc, jusqu'à mes 28 ans. J'ai une famille un peu compliquée, on va dire. J'ai un père athée, très francophile, il était en tout cas très francophile, une mère musulmane très light. J'ai un frère et une sœur du côté de mon père. Donc c'est une grande sœur du côté de mon père et un frère, mon frère du côté de maman et de mon père. J'ai grandi dans une petite ville au Maroc qui s'appelle Tétouan, qui est une ville au nord du Maroc. C'est une ville avec une histoire très intéressante parce qu'elle est très proche de l'Espagne, donc elle est très influencée par l'Espagne, mais qui est devenue maintenant très conservatrice. Enfin, pas maintenant, mais au bout de 20 ou 30 ans passés, elle est devenue très, très conservatrice. J'ai eu une enfance un peu compliquée avec le divorce de mes parents, où mes parents ont divorcé quand j'avais l'âge de 5 ans. Au début, je ne vivais pas à Tétouan, je vivais à Kinitra, et après on est allé à Tétouan. Et donc moi, puisque j'ai eu une famille qui n'est pas très pratiquante hormis mes grands-parents, j'ai grandi dans une espèce d'âme européenne, dans un endroit très très très islamisé du coup, avec la présence de mon grand-père qui était une prof d'éducation islamique. Mais même avec tout ça, ma mère me protégeait, parce qu'elle voulait que j'aie une éducation libérée, une discussion moderne.

Mais avec les débuts d'année 2000, quand j'avais entre 10-11 ans, il y avait une montée exponentielle des chaînes religieuses et de l'arrivée de ce qu'on va appeler après des frères musulmans, qu'on ne savait pas que c'était les frères musulmans. Mais bon, bref, c'était les chaînes religieuses qui ont fait que l'espace public et l'espace toute la société s'est vite vite vite vite islamisée. On voyait plus de voiles, on voyait plus de gens aller à la mosquée, on parlait, enfin à un moment donné, je me rappelle, on ne parlait que de ça. Donc moi, ce qui m'a mis en situation de conflit avec ça, c'est que ma famille, comme je l'ai dit et je le rappelle, c'est que ma famille, elle était éloignée, mais vraiment éloignée de tout ça.

Et donc moi, quand je voyais les autres, alors tous mes amis, toutes mes amies qui parlaient de leurs parents, qui allaient à la mosquée tout le temps, leurs mères qui sont volées, ma mère à l'époque, elle n'était pas volée. Et moi, ma meilleure amie à l'époque, c'était quelqu'un de très très très religieuse d'ailleurs, son mari actuel, il fait partie des frères et messieurs-mens. Et on était très proches, on était des enfants en fait. J'avais 11 ans ou 10 ans et on écoutait de la musique, on était, je me rappelle, c'est moi qui l'avais initié à Backstreet Boys, c'est moi qui l'avais initié à plusieurs aspects de la vie. À un moment donné, elle vient me dire Ecoute Houda, si tu mets pas ton voile, ton père, ta mère, et toi, vous en direz en enfer. Et en plus, il y avait un clan religieux, elle aimait écouter la musique avec moi et rigoler, on parlait de tout terrien, on parlait des dessins animés et de Pokémon, et après quand je la voyais avec les autres, donc son clan musulman, du coup, c'était un clan de Ah là là, on prie, ah là là, on est voilé, ah là là, on va aller au paradis, ah là là. Et à un moment donné, donc du coup, avec toute cette pression qui monte, moi je décide du coup de me dire, mais c'était deux ou trois années après, de me dire Bah écoute, moi aussi je veux mettre le voile, moi j'étais proche de Dieu à l'époque, moi aussi j'étais religieuse, enfin pas à ce point-là, mais moi aussi j'étais impliquée dans la religion, et donc j'ai décidé de vouloir porter le voile en tout cas. J'en ai parlé avec mes parents et heureusement, et je le dis et je les remercie maintenant, qu'ils ont refusé, enfin ma mère, elle n'a pas refusé techniquement, elle m'a dit Tu fais ce que tu veux, sauf qu'il faut savoir que c'est irréversible, c'est-à-dire que si tu le mets et qu'un jour tu décides de ne plus le porter, ça sera encore plus grave pour la société, et que maintenant c'est juste que tu veux appartenir à un clan et que tu veux appartenir à une sorte de secte, et que l'islam a existé depuis je ne sais pas combien de temps, et qu'il n'y a fait que maintenant quand on en parle du voile, enfin ta valeur n'est pas le voile. Mon père m'a dit une phrase que je n'ai jamais oubliée, c'est pour ça que je le remercie aujourd'hui, parce que ça m'a mis la puce à l'oreille, et c'est ce qui m'a permis un peu à développer un esprit critique ou un esprit de recherche dans cette société, et qui m'a dit si tu mets le voile, c'est par soumission au regard de l'homme. Alors bien sûr, moi, quand tu es un peu jeune, tu ne comprends pas cette phrase, et tu te dis mais non, je ne suis pas soumise à personne, c'est moi qui ai décidé de mettre le voile, c'est une liberté, moi je veux le mettre. Et il me dit oui, mais tu veux le mettre parce que tu as peur de ton corps, parce que tu as peur de… parce que tu estimes que ton corps, ça crée une embrouille dans la société. Donc en fait, mon père il a refusé, ma mère qui était réticente, donc j'ai voulu plus faire plaisir à mes parents qu'à mes amis, mais c'était à contre-coeur en fait pour moi. Parce que je me disais mais comment je vais expliquer à mes amis que mes parents n'ont pas accepté ? Et ce qu'il faut savoir c'est que, enfin, on ne dit pas non à la religion, on ne dit pas non à ce que Dieu veut, donc à un moment donné on arrête. Donc du coup, j'ai très mal vécu en fait, et j'ai très mal vécu le fait que, même si en fait je leur ai fait plaisir, mais j'ai très mal vécu le fait que mes parents ne sont pas aussi religieux que les parents des autres. Et mon problème aussi, c'est que moi j'étais toujours, enfin puisque ma mère m'a donné cette éducation, et mon père, quand j'allais chez lui, mon père il n'avait jamais la télé arabe, il n'avait que la télé française, c'est un vrai francophile, et en fait c'est que j'ai développé une sorte d'âme européenne, et donc je m'habillais comme je voulais, je parlais fort, je riais fort, je n'avais pas de problème d'avoir des amis hommes, et ma mère aussi n'avait pas de problème que j'ai des amis hommes, et tout ça c'était à long compte de ce que voulait la société, c'était à long compte de ce que vivaient mes amis, mes amis ES du coup, et même mes amis hommes en fait, c'était à long compte de ce que voulait la société de moi, et comme je vous dis, Tétouan c'est une vraiment petite ville, avec beaucoup, beaucoup, beaucoup, enfin à un moment donné quand l'islam est revenu, l'islam n'a jamais quitté, mais quand il est revenu dans les années 2000, ça s'est vraiment installé et s'est instauré avec... Je pense que la ville, 80 % de femmes l'ont envolé, donc moi je me concentrerais pendant, comme vraiment à contre-courant de ma société de base, et de ma ville. Ce qui est arrivé, c'est que bon, en 2008, j'ai quitté Tétouan pour aller dans une autre ville un peu plus proche, qui s'était Étangé, parce que j'ai fait les classes préparatoires pour aller dans une école d'ingénieur. J'ai oublié de vous dire que je suis ingénieure.

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