#10 Loom - une marque en mode climat
La Seconde Vintage
February 14, 2023
Je suis ravi d'accueillir Guillaume Declair, cofondateur de la marque Loom et de l'association En Mode Climat Hébergé par Ausha.
Speakers Hugo, Guillaume Declair
Hugo (0:04)
Bienvenue sur La Seconde Vintage, le podcast de La Seconde Main. Le but est de capturer cet écosystème bouillonnant qu'est La Seconde Main à travers une série d'interviews d'entrepreneurs, de collectionneurs, de revendors, mais aussi de marques. Bonjour, ravi pour ce dixième épisode d'accueillir Guillaume Declair, qui est cofondateur de la marque Loom et de l'association En Mode Climat. Comme notre précédente invitée Camille Gréco, tu as cette double casquette de créateur de business dans la mode circulaire et de militant dans la mode. Tu as envie de faire avancer les réglementations dans la mode circulaire, entre autres. Et c'est de tous ces enjeux qu'on va discuter ensemble aujourd'hui.
Guillaume Declair (0:44)
Bonjour Hugo, ravi d'être là aujourd'hui. Pour me présenter, je m'appelle Guillaume Declair, j'ai 39 ans. Moi, je suis arrivé un peu dans la mode par hasard. Je n'étais pas très prédestiné à ça. Je n'avais pas de passion particulière pour la mode, même si j'apprends maintenant à l'aimer et à la comprendre avec les années.
Moi, au départ, j'avais fait une colle de commerce, pas parce que ça m'intéressait de vendre des trucs, mais juste parce que c'était la filière au départ la plus généraliste. C'est ce qui me permettait en prépa de faire de la philo, l'histoire géo. J'aimais bien ça. Ensuite, j'ai monté un média qui s'appelle Merci Alfred et dans l'enquête de ce média, j'ai appris pas mal de compétences dans la capacité, je dirais, à communiquer et faire passer des idées. Et puis aussi peut-être un peu une sorte de curiosité ou de méthode pour l'enquête un peu journalistique dans le cadre de longs articles qu'on faisait. Et en fait, c'est ça que j'ai ensuite réinclus dans la marque Loom que j'ai cofondée avec Julia.
Hugo (1:54)
Quelle était la jeunesse de cette histoire?
Guillaume Declair (2:01)
Alors, tout simplement au départ, c'est dans le cadre du média qu'on a lancé Loom, tout simplement parce que des gens, des lecteurs nous demandaient comment est-ce que je fais pour m'habiller avec un bon rapport qui a été pris. Et à l'époque, il y a cinq, six ans, ça n'existait pas trop cette idée de vraiment parler du vêtement sous l'angle qualité, le décomposer, etc. C'est quelque chose qui se voit plus aujourd'hui.
Et donc, au départ, on s'est tout simplement dit, on va essayer de faire, de construire ces vêtements de bonne qualité nous-mêmes. Et donc, avec Julien, il y a eu une sorte de... On a eu cette démarche de remonter un peu la chaîne, d'aller voir les usines et de leur demander à faire de la qualité. Et ce qui était assez intéressant, ce qu'on a pas mal interpellé au début, c'était que la qualité, ce n'était pas quelque chose qui les intéressait énormément. C'était plutôt l'idée de nous poser sur des nouveautés. On n'a pas un basique, un temporel, très solide et très robuste. Par contre, on a toute cette nouvelle couleur qu'on va lancer pendant six mois, si ça vous intéresse. Venant pas du tout cet univers-là, c'est quelque chose qui nous a pas mal interpellé. C'est après, un peu en tirant le fil, qu'on s'est rendu compte qu'il y avait un truc qui clochait dans ce monde-là.
Ce n'est pas vraiment la qualité en tant que telle qui nous intéresse. C'est juste pousser toujours plus de vêtements, pousser toujours un peu plus à la consommation.
Hugo (3:25)
Justement là-dessus, pour votre slogan qui est assez percutant, et consommer moins mais consommer mieux, n'est-ce pas un paradoxe à créer une néméem marque de mode?
Guillaume Declair (3:40)
C'est une question qu'on nous pose parfois. Pourquoi vous fabriquez des fringues si on en a déjà trop? La réponse est qu'on fabrique en effet quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers maintenant, de vêtements chaque année. Mais notre combat, c'est qu'on en fabrique au global des milliards en moins. Des milliards en moins, rien qu'à l'échelle de la France, et peut-être des dizaines ou centaines de milliards à l'échelle du monde.
Et pour lutter contre cette surconsommation de vêtements, nous, on essaie de faire deux choses en tant que marque. La première, c'est déjà avoir une forme d'essayer d'esquisser une sorte d'entreprise un peu différente, qui n'est pas une entreprise qui cherche à toujours grossir plus pour réussir. Il y a une phrase dans la biographie d'Armenscho Ortega, qui est le fondateur d'United Test, qui dit moi, je pense que si on ne grossit pas, on meurt. C'est vraiment sa conviction qui est assez intéressante, et qui est bien entendu totalement fausse, mais qui est une idéologie assez dominante dans le monde de la mode, où on se dit que chaque marque, l'ensemble des marques se disent pour réussir, il faut qu'on fasse plus de vêtements. Et quand tout le monde se dit ça, forcément la consommation augmente et devient une forme de surconsommation.
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