**Claire Leys** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Claire Leys et il est l'Heure du Monde.
Aujourd'hui, imaginez-vous sur votre lieu de travail. C'est une journée quelconque, vous procédez à des vérifications habituelles dans une réserve, vous ouvrez un petit carnet, il vous intrigue, et là, vous découvrez un trésor, un manuscrit inédit de Mozart, plus précisément sept pièces pour flûte et harpe, écrites en 1778 Cette histoire n'est pas une fiction, c'est ce qu'a vécu un conservateur de la Bibliothèque nationale de France. En février dernier, il est tombé nez à nez avec des partitions de Wolfgang Amadeus Mozart, ce compositeur de génie, à qui on doit ça. Ou encore ça.
Alors, comment expliquer que des partitions signées Mozart aient pu dormir au fond d'une réserve avant d'être retrouvées plus de deux siècles après sa mort ? Pour retracer cette découverte incroyable et savoir si on peut en espérer d'autres dans le futur, je reçois aujourd'hui la journaliste Marie-Aude Roux, spécialiste de la musique classique au Monde. Elle va nous raconter l'itinéraire de cette partition et la situation désespérée de Mozart au moment de son écriture. On parlera aussi du marché des partitions musicales, ce petit monde dont on ne connaît pas grand chose. Mais d'abord, direction la Bibliothèque nationale de France, à Paris. Notre journaliste Esther Michon y a rencontré celui qui a découvert ces fameuses partitions. Mozart, comme on ne l'a jamais entendu, la folle découverte de partitions inédites. Un épisode d'Esther Michon, réalisation Amandine Robillard.
**François-Pierre Goy** (2:21)
Donc ici, nous sommes dans le magasin où se trouvait le manuscrit de Mozart quand je l'ai sorti pour le descendre dans mon bureau. Je suis François-Pierre Goy. Je suis chargé des collections du 16e au 18e siècle au sein du service des collections patrimoniales du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France. Ici, sur cette étagère, il y avait une vingtaine de manuscrits anonymes que j'avais repérés précédemment comme potentiellement intéressants et qui, malheureusement, ce qui est souvent le cas pour les anonymes, a été sommairement décrit dans le catalogue.
Je prends celui-ci qui n'était pas très épais. C'était déjà l'après-midi. Je me dis que ça ne prendrait peut-être pas très longtemps. Donc, il était ici et alors maintenant, vous voyez, il y a ce qu'on appelle un fantôme qui indique qu'il est placé en grande réserve.
**Esther Michon** (3:21)
Donc, vous sortez le document, ce petit cahier.
**François-Pierre Goy** (3:24)
Ensuite, je le descends dans mon bureau pour l'examiner plus à loisir.
**Esther Michon** (3:35)
Donc là, on sort de la réserve et on se dirige vers le bureau.
Et nous entrons dans le bureau de François-Pierre Goy. Qu'est-ce qui se passe une fois que vous êtes dans votre bureau ?
**François-Pierre Goy** (3:47)
Eh bien, je m'installe à mon poste de travail devant mon ordinateur. Et puis donc, j'ouvre le carnet, je commence à le feuilleter. Alors, dès les premières pages, sa nature me semble totalement évidente, c'est-à-dire des cours de composition, puisqu'on a d'une part deux mains, celle d'un maître et une autre qui appartient à l'élève et qui est, d'apparence, beaucoup moins exercée, beaucoup plus malhabile. Et puis, plus je regarde, plus certains détails de l'écriture du maître attire mon œil. Je pense que le premier, ça a été les accolades qui réunissent les portées d'un même système et qui, dans ce cas-là, sont coupées vers le bas de traits obliques. Et alors, où ai-je pu voir ça ? Je me souviens progressivement que, quelques semaines avant, j'avais dû examiner des manuscrits autograffes de Mozart pour un travail qui n'avait rien à voir. Alors, ça paraîtrait quand même très gros que ça soit du Mozart, mais enfin, il faut vérifier. Et donc, j'affiche dans la base Gallica le manuscrit du thème et variation sur La Bergère s'élimène pour violon et piano, d'où nous avons l'autographe ici. Je compare et alors, là, c'est le coup de massue, je dirais.
Je trouve que quand même, l'écriture concorde vraiment parfaitement tout ce que je peux voir, les indications de mouvement, les accolades, les clés, les nuances. Tout ce qui est vraiment facilement comparable, concorde.
Alors là, je n'en crois pas mes yeux, naturellement. Et parce que ça paraît tellement invraisemblable qu'il y ait un manuscrit de Mozart encore inconnu et puis, surtout, quelque chose qui a si peu d'apparence.
C'est un petit cahier qui a en tout 44 pages. 38 seulement portent de la musique, donc les cinq dernières et une autre sont restées inutilisées. Alors il a été relié à un moment que je n'ai pas pu déterminer du 20e siècle par la Bibliothèque nationale. À l'origine, il devait se présenter tout simplement sous la forme d'une petite liasse non reliée.
Vous doutez que quand je rentre chez moi, je suis dans un état un peu second. Et puis aussi, la nuit, j'ai un peu de mal à m'endormir. Alors après d'être successivement conforté par les deux autres experts qui avaient été sollicités, ça amenait une sorte de soulagement. Et je me suis dit que j'avais eu la bonne intuition et que j'avais bien fait de ne pas douter du témoignage de mes yeux.
17 more minutes of transcript below
Try it now — copy, paste, done:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090
Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000775734896