Topics: Daily News, News
**Sophie Larmoyer** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Sophie Larmoyer et il est l'Heure du Monde.
J'espère que vous avez passé un bel été pour débuter cette nouvelle saison de votre podcast. On s'intéresse aux personnages qui décidément chamboulent le plus l'actualité internationale, j'ai nommé Donald Trump. Car ces prochaines semaines vont être décisives pour le président américain. Dans presque deux mois, le 3 novembre, auront lieu les midterms, les élections de mi-mandat. En renouvelant tous les membres de la Chambre des représentants et le tiers des sénateurs, ces élections déterminent la majorité sur laquelle le président pourra compter ou pas et pourra gouverner ou pas. Or jusqu'à présent, les républicains étaient majoritaires, permettant à Donald Trump d'imposer sa politique et d'en rencontrer beaucoup de résistance, au moins au Congrès. Mais au regard de la chute de popularité du président, le vent pourrait bien tourner. Quelles sont les conséquences de l'enlisement de la guerre en Iran aux États-Unis ? Quel bilan tirer de la première partie du mandat de Donald Trump ? Et est-il devenu un boulet pour les républicains ? On en discute avec Piotr Smolar, correspondant du Monde à Washington. Midterms, Trump et les républicains sous pression. Un épisode de Garance Muñoz, réalisation Amandine Robillard.
Bonjour, Piotr.
**Piotr Smolar** (1:31)
Bonjour, Sophie.
**Sophie Larmoyer** (1:32)
Alors, Donald Trump avait été élu en partie sur la promesse de cesser les aventures militaires hors des États-Unis. Pourtant, depuis le début de son mandat, celle-ci se multiplie avec notamment la guerre en Iran, commencée le 28 février dernier. Il espérait une rapide excursion selon ses termes. Et finalement, le pays est englué dans un conflit dont on ne voit pas bien comment il va en sortir. Quel bilan peut-on faire ?
**Piotr Smolar** (1:57)
Le bilan est globalement assez catastrophique pour les Etats-Unis, qui sont dans une situation dansablement en Moyen-Orient. On se souvient des premiers jours lorsque les bombardements avaient commencé et que le régime iranien avait été décapité. Il y avait une espèce d'euphorie et d'optimisme à Washington. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Et à quoi on a assisté ? C'est à une succession d'objectifs variants depuis des mois et qui montre bien qu'il n'y avait pas vraiment une opération pensée, préméditée, réfléchie auparavant.
On est arrivé jusqu'à la mi-juin avec la conclusion d'un protocole d'accord avec les rangs pour essayer de débloquer notamment la situation dans le détroit d'Ormous. Or, ce protocole d'accord qui prévoyait une nouvelle phase de négociation de 60 jours n'a rien donné.
Et donc, à nouveau, cet espoir-là s'efflétrit. Et on est dans une espèce d'entre-deux, ni guerre ni paix, avec une circulation dans le détroit d'Ormous qui n'est pas revenue à la normale aujourd'hui. Et ça montre bien à quel point cette guerre a été une hérance pour les États-Unis. L'objectif, à minima, consiste à essayer de remettre le dentifrice dans le tube, dans ce détroit d'Ormous qui est un axe de circulation essentiel, notamment pour les produits pétroliers. Donc la meilleure perspective possible, ce serait de revenir à une situation pré-guerre. Et on n'en prend pas du tout le chemin puisque, comme tu le sais, l'Iran compte bien continuer son contrôle sur le détroit d'Ormous.
**Sophie Larmoyer** (3:15)
L'autre conséquence, Piotr, c'est une diminution drastique du stock de munitions américain.
**Piotr Smolar** (3:20)
Oui, ça c'est sur le plan opérationnel. La situation est assez dramatique, non pas par rapport à la menace iranienne, puisque les capacités de l'Iran ont été quand même fortement réduites, mais plus généralement par rapport à la capacité de dissuasion des États-Unis et la capacité à se projeter éventuellement, parce que c'est à ça que réfléchit le Pentagone, à se projeter sur plusieurs théâtres de guerre en même temps. Or aujourd'hui, selon les experts, les États-Unis ne seraient pas capables de faire ça parce que leur stock de munitions essentiel, notamment les missiles défensifs comme les TAD ou les Patriotes, ont été très grièvement diminués par les opérations au cours de ces mois au Moyen-Orient. Et c'est l'une des raisons pour laquelle l'administration Trump réclame au Congrès une augmentation du budget militaire absolument historique, puisque ce projet de budget pour l'année 2027 serait de 1500 milliards de dollars, soit une augmentation de 42 %.
**SPEAKER_3** (4:17)
Quand on regarde l'Iran, nous avons pratiquement anéanti leurs forces armées en l'espace de quelques semaines. Nous parlons de l'ouverture du Détroit, du fait de l'avoir ouvert, littéralement d'ici demain. Nous n'avons pas besoin du détroit d'Hormuz, mais nous faisons ce que nous devons faire, parce que nous ne pouvons pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire.
Bientôt, je déclarerai le détroit d'Hormuz comme étant un territoire des États-Unis.
**Sophie Larmoyer** (4:50)
On vient d'entendre plusieurs déclarations contradictoires du président Donald Trump en quoi cet échec en Iran, cet affaiblissement, Piotr, joue sur la réputation des États-Unis dans le monde.
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