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Marine Le Pen condamnée et candidate : un lancement de campagne inattendu

L'Heure du Monde

July 8, 2026

« J’étais heureuse que l’on rende aux Français leur liberté de voter et que la cour me rende mon éligibilité. » C’est par ces mots que Marine Le Pen a réagi à la décision de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet 2026 sur le plateau de TF1.
Speakers: Thomas Baumgartner, Marine Le Pen, Abel Mestre, Laura Motet, Michèle Agy, Clément Guillou
**Thomas Baumgartner** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Thomas Baumgartner, et il est L'Heure du Monde.

**Marine Le Pen** (0:18)
Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle.

**Abel Mestre** (0:21)
Et vous ne changerez pas d'avis ?

**Marine Le Pen** (0:23)
Non, je ne changerai pas d'avis, non.

**Thomas Baumgartner** (0:25)
Marine Le Pen a annoncé mardi soir sur le plateau de TF1 qu'elle se portait candidate à l'élection présidentielle. C'est la quatrième fois qu'elle brigue la présidence de la République. Mais ce qui est nouveau, c'est qu'elle le fait alors que le jour même, la justice l'a condamnée en appel à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, ainsi qu'au port d'un bracelet électronique durant un an pour des faits de détournement de fonds publics dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National. La présidente du groupe RN à l'Assemblée a annoncé ce pourvoir en cassation. Les peines sont donc suspendues. Une stratégie risque tout, totalement assumée. Alors, Marine Le Pen fera-t-elle campagne sans bracelet électronique, comme elle le prétend ? Quelle est la stratégie du Rassemblement National ? Et que change la candidature de Marine Le Pen dans le lancement de la campagne présidentielle ? Pour comprendre cette actualité, nous recevons trois journalistes du Monde. Abel Mestre, éditorialiste politique, Laura Motet, du pôle Enquêtes et qui était présente dans la salle d'audience mardi. Et on entendra aussi Clément Guillou qui suit l'extrême droite au service politique. Marine Le Pen condamnée et candidate, un lancement de campagne inattendue, un épisode de Marion Bothorel et Esther Michon, réalisation Thomas Zeng.
Nous sommes le mardi 7 juillet 2026 C'est aujourd'hui que Marine Le Pen va connaître la décision de la justice dans le procès en appel des assistants parlementaires européens du FN, où elle était accusée d'avoir détourné des fonds du Parlement européen au profit de son parti, pour un préjudice évalué à 3,2 millions d'euros.
4 ans de prison, dont un enferme et 5 ans d'inéligibilité sont requis contre elle.
L'ancienne dirigeante du Parti d'extrême droite est attendue à 13h30 au palais de justice à Paris. Sous l'œil des caméras, Marine Le Pen arrive sur les lieux, vêtue d'une veste rose pâle et d'un t-shirt blanc.

**Laura Motet** (2:15)
Voici Marine Le Pen qui arrive à l'instant. À l'instant, elle n'a jamais fui les caméras.

**Thomas Baumgartner** (2:20)
À l'intérieur d'une salle d'audience surchauffée et pleine à craquer, les journalistes sont venus en ombre et se traitent tôt pour espérer avoir une place. À l'extérieur, dans les couloirs du palais de justice, les duplexes de télévision s'enchaînent dans une atmosphère fébrile.

**Laura Motet** (2:34)
Vous êtes au palais de justice de Paris et vous allez suivre pour nous cet arrêt très attendu.

**SPEAKER_5** (2:41)
Racontez-moi un petit peu ce qui se passe et l'effervescence ou pas autour de vous. On est ici dans les coursifs plusieurs centaines de journalistes, des Français bien sûr, mais aussi preuve du retentissement que va avoir la décision de la Cour d'appel à l'étranger. Beaucoup de journalistes allemands juste à côté de nous, espagnols, sud-américains, américains, asiatiques également.

**Thomas Baumgartner** (3:02)
20 minutes seulement après le début de l'audience, la présidente, Michèle Agy, décline la peine de Marine Le Pen.

**Michèle Agy** (3:08)
On a tous été pris un peu de cours par une lecture très rapide avant d'en arriver aux peines prononcées. Marine Le Pen est condamnée, vous l'avez dit, à trois ans de prison, dont deux ans de prison avec sursis, un an de prison ferme qui sera exécuté avec le port d'un bracelet électronique.

**Thomas Baumgartner** (3:24)
Marine Le Pen est donc reconnue coupable de faits qui lui sont reprochés, mais elle est éligible à l'élection présidentielle et devra porter un bracelet électronique pendant un an.
La justice lui laisse donc la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle. Or, Marine Le Pen l'a répétée depuis des mois, pas question pour elle de faire campagne avec un bracelet électronique.

**Marine Le Pen** (3:42)
Vous imaginez bien que si la Cour suit le tribunal qui m'a condamné au port d'un bracelet électronique, je ne pourrais pas faire campagne. Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénabon, vous voyez.

**Thomas Baumgartner** (4:05)
Le suspens est entier ce mardi après-midi. Va-t-elle laisser son poulain, Jordan Bardella, concourir à sa place ? Ou finalement créer la surprise en annonçant sa candidature ? La députée RN du Pas-de-Calais quitte le Palais de Justice et rejoint vers 14h45 le QG du Rassemblement National dans le 16e arrondissement de Paris où elle retrouve Jordan Bardella pour une longue discussion à deux, bientôt rejoint par une quinzaine de soutiens.
C'est finalement à 20h sur le plateau du journal télévisé de Gilles Boulot sur TF1 que l'ancienne dirigeante annonce, après plusieurs minutes d'entretien, qu'elle se présente à l'élection et se pourvoit en cassation.

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