**Sophie Larmoyer** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Sophie Larmoyer et il est l'heure du monde.
Aujourd'hui, faut-il croire à un accord de paix durable au Moyen-Orient, ou peut-être au retour de la diplomatie ? Après plus de 100 jours de guerre et des semaines très incertaines entre négociations et menaces, les Etats-Unis et l'Iran semblent être parvenus à un accord pour que cessent les combats au Moyen-Orient, y compris au Liban, et que les navires puissent à nouveau emprunter le détroit d'Hormuz. Le président américain Donald Trump l'écrivait dès dimanche sur son réseau social, Truth Social.
**Donald Trump** (0:46)
L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé. J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Hormuz sans droit de passage et parallèlement la levée immédiate du blocus naval américain.
Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche, que le pétrole coule à flot.
**Sophie Larmoyer** (1:04)
Un accord de principe qui comporte de nombreuses zones d'ombre sur tous les points cruciaux qu'il y avait à choper jusqu'ici. Alors que s'est-on pour l'heure de cet accord ?
En quels termes évoque-t-il le nucléaire iranien ou le régime de sanctions contre Téhéran ? Que dit-il des frappes sur le Liban ? Est-il prévu un retrait d'Israël du pays du Cèdre ? Est-ce le retour de la liberté de circulation dans le détroit d'Hormouz ? Et comment s'annonce la phase de négociation de 60 jours après la signature de l'accord en Suisse ? Pour répondre à ces questions et décrypter la situation, je reçois Piotr Smolar, correspondant du Monde à Washington. L'accord entre les Etats-Unis et l'Iran signent-t-il la fin de la guerre au Moyen-Orient ? Un épisode d'Esther Michon, réalisation Quentin Tenaud.
Bonjour, Piotr.
**Piotr Smolar** (1:56)
Bonjour.
**Sophie Larmoyer** (1:57)
Une question un peu directe pour commencer. Est-ce que cette fois, on peut y croire, puisque ça fait des semaines qu'un accord de paix est annoncé par Donald Trump, puis démenti par la réalité du terrain ?
**Piotr Smolar** (2:07)
Oui, on peut au moins faire preuve d'une sorte de scepticisme assez sain, parce que le doute ces dernières semaines et même ces derniers mois est devenu presque notre parfum quotidien. Combien d'annonces péremptoires de la part de Donald Trump, combien de propos militaristes, combien de menaces formulées et qui finalement ne se sont pas concrétisées, et combien de commentaires de la part du président américain disant que finalement les Iraniens avaient beaucoup plus envie de cet accord que lui.
La réalité a été différente, c'est que Donald Trump était dans une situation extrêmement compliquée et les Etats-Unis avec lui, et que par conséquent il était prêt à faire énormément pour essayer d'arracher cet accord. Quand on dit accord, attention tout de même à l'expression, il s'agit d'un protocole d'accord pour que nos auditeurs le comprennent bien. C'est-à-dire que c'est une sorte d'accord cadre qui est censé mettre un terme formellement aux hostilités, mais ouvrir ensuite une autre phase, et une phase qui sera bien plus complexe et bien plus incertaine parce qu'elle portera sur les questions techniques.
**Sophie Larmoyer** (3:07)
Alors on va entrer dans le vif du sujet de ce protocole d'accord. On peut noter peut-être d'abord que tout a failli capoter à nouveau lorsqu'Israël dimanche a lancé des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, visant officiellement un centre de commandement du Hezbollah, la milice alliée d'Iran.
**Piotr Smolar** (3:23)
Oui, exactement. Et d'ailleurs, cette journée de dimanche a été très très très très longue à Washington.
Donald Trump espérait qu'une annonce serait faite dans la matinée. C'était d'ailleurs le jour de son 80e anniversaire. Et il y a eu un report de plusieurs heures en raison de ces frappes. Le président américain, comme souvent dans ces cas-là, a pris son téléphone et il a parlé à plusieurs journalistes. Et notamment un journaliste d'Axios qui est devenu véritablement une sorte de relais officiel de la communication de la Maison de Blanche. Et il lui a dit que Benjamin Netanyahu n'avait aucun putain de jugement, je le cite. Et cette expression assez rude vis-à-vis de l'allié le plus précieux des États-Unis dans la région, montrait bien la forme d'exaspération montante de Donald Trump. Parce que l'Iran s'apprêtait à répliquer aux frappes israéliennes et à déclencher à son tour des missiles en rétorsion. Et donc il a fallu effectivement retenir le bras du régime iranien pour préserver cet accord cadre qui se profilait.
**Sophie Larmoyer** (4:20)
Et ça reste un point de fragilité car il y a eu de nouvelles frappes israéliennes au sud-liban cette semaine. Si on rentre point par point dans le contenu de ce protocole d'accord Piotr, pour ce qu'on en sait, est-ce qu'on peut dire d'abord qu'il acte la fin des opérations militaires ?
**Piotr Smolar** (4:36)
Alors oui, ça doit être son premier objectif.
17 more minutes of transcript below
Try it now — copy, paste, done:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090
Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000773204283