**Claire Leys** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Claire Leys et il est L'Heure du Monde.
Aujourd'hui, on s'intéresse à la fête. Mais pas à n'importe quelle fête. À celle qui est illégale, subversive, libre. Celle qui fait peur aux autorités. Car depuis la pandémie de Covid-19, le gouvernement a drastiquement diminué sa tolérance aux soirées clandestines. La répression se fait de plus en plus dure et deux textes sont en cours d'examen par les parlementaires. Le premier est une proposition de loi votée à l'Assemblée nationale le 9 avril. Elle prévoit des amendes lourdes et des peines de prison de quelques mois pour les organisateurs et les participants. Le deuxième est le projet de loi Riposte, porté par le ministère de l'Intérieur et examiné à l'Assemblée nationale à partir de ce lundi 6 juillet. Le changement majeur consiste à faire de l'organisation de Free Party un délit pénal punissable de deux ans de prison et de 30 euros d'amende. Si ces lois sont votées, elles constitueront l'arsenal le plus répressif d'Europe contre la Free Party.
Mais alors pourquoi une telle méfiance vis-à-vis de la fête libre, qui existe pourtant depuis les années 90 ? Quelles peuvent être les conséquences de ces lois ? Faut-il réduire la fête à un trouble à l'ordre public ou bien la considérer comme un laboratoire politique et un espace de résistance comme le clament les Teuffeurs ? Notre journaliste Garance Muñoz a mené l'enquête entre les caissons de base.
Free Party, menace sur la liberté de danser, un épisode réalisé par Thomas Zeng.
**Garance Muñoz** (1:57)
Il est 18h, un samedi, quand je reçois un message.
Cela fait plusieurs jours que je suis à la recherche d'une free party, où je pourrais rencontrer des teuffeurs. Mais ce n'est pas si simple à trouver. Il faut montrer patte blanche, avoir les bons contacts, pour espérer recevoir enfin les bonnes infos.
**SPEAKER_4** (2:16)
Oyez, oyez, vous faites quoi à tard ce soir ? Au menu Concertpunk, Mix Artstyle et Electrotech.
On va pas abandonner nos espaces de liberté et laisser place à la dérive autoritaire. On va quand même pas regarder tout ça s'effondrer sans rien faire, en criant que c'est la dernière. Alors venez, dansez, ramenez vos instruments, prenez soin de vous et des autres, et surtout, faites de la musique.
**Garance Muñoz** (2:41)
Evidemment, pas d'indication de lieu. Il faut appeler l'Info Line.
**Claire Leys** (2:45)
Fais ici le code de l'Info Line, tapé sur 10 pour valider.
**Lilou** (2:54)
Pour les piétons, ravouchons les gardes de Lyon.
**Garance Muñoz** (2:57)
Heure après heure, les informations se font plus précises. Je finis par prendre un RER, direction le sud de l'île de France. Sur le trajet, une petite cinquantaine de personnes ont visiblement le même objectif que moi. L'ambiance est joyeuse, l'excitation palpable. Après une heure de trajet, nous arrivons dans une petite ville de campagne.
Aucune lumière aux fenêtres des maisons, les habitants dorment. Discrètement, tout le monde emboîte le pas de ceux qui ont l'air au courant de la localisation exacte. Mais au bout d'à peine quelques minutes de marche, une voiture de police arrive, gyrophare allumé.
Trois policiers sortent. L'un d'entre eux hurle sur les jeunes. Il leur ordonne de s'arrêter, de faire demi-tour. Ils menacent d'utiliser du gaz lacrymogène. Le groupe s'immobilise, inquiet. Certains sortent des cagoules pour éviter de se faire identifier par les forces de l'ordre et exhortent les autres à continuer à avancer groupés. D'autres tentent de prendre des chemins de traverse. Je les suis et me retrouve sur une petite route de terre à travers champs. Au loin, je commence à distinguer le son de la teuf.
A mes côtés, marche un jeune homme. Il s'appelle Bastien et à 27 ans, c'est sa première free party.
**Bastien** (4:34)
J'avais toujours eu envie d'en faire une, déjà parce que je suis fan de musique électronique et aussi ça incarne un peu un idéal de liberté que peut véhiculer la musique et la fête.
**Garance Muñoz** (4:46)
Et du coup, là que ta première soirée soit potentiellement gâchée par l'arrivée ?
**Bastien** (4:50)
J'étais préparé parce que je m'y étais intéressé déjà avec tout ce qui se passe en ce moment en plus.
**Garance Muñoz** (4:55)
Tu vois qu'il y a ces lois qui arrivent et en fait tu dis je vais quand même aller faire ma première teuf alors que c'est peut-être pas le bon moment.
**Bastien** (5:01)
Non, c'est sûr mais justement, je pense qu'il y a plus de risques de se prendre des coups ou se faire gazer comme ils disaient tout à l'heure, nos très chers collègues policiers. Mais bon, c'est peut-être le meilleur moment pour montrer qu'il y aura de la résistance malgré tout.
**Garance Muñoz** (5:14)
Mais pourquoi prendre autant de risques ? Qu'est-ce que les fêtards trouvent dans la fête libre qu'ils ne peuvent pas trouver ailleurs ?
21 more minutes of transcript below
Try it now — copy, paste, done:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090
Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000775265305