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Après Ormuz, faut-il craindre une guerre des détroits ?

L'Heure du Monde

June 24, 2026

Depuis l’offensive israélo-américaine en Iran, le 28 février 2026, les yeux du monde sont braqués sur la situation dans le détroit d’Ormuz, cet étroit couloir marin bloqué d’abord par Téhéran, puis aussi partiellement par Washington.
Speakers: Sophie Larmoyer, Claire Gatinois, Julien Bouissou, Emmanuel Macron
**Sophie Larmoyer** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Sophie Larmoyer et il est l'Heure du Monde.
Aujourd'hui, c'est un couloir marin d'à peine 55 km de large, capable à lui seul de gravement perturber le commerce mondial. Depuis fin février, les yeux du monde sont braqués sur la situation dans le détroit d'Ormuz, bloqué d'abord par l'Iran, puis aussi partiellement par les États-Unis, et dont l'étau semblait se desserrer depuis l'annonce d'un protocole d'accord le 14 juin dernier, mais les derniers jours ont montré que les tensions étaient toujours là. Trois mois et demi de paralysie d'une route maritime stratégique qui a rappelé aux yeux de tous l'importance de ses petits bras de mer pour l'économie mondiale. L'Iran, bien décidé à ne pas lâcher cette nouvelle arme de blocage massif, entend désormais en tirer une manne financière. Et si ce précédent donnait des idées à d'autres pays, riverains, d'autres détroits, un peu partout dans le monde ? Comment ce blocage a-t-il été possible ? Avec finalement peu de moyens. Un pays peut-il décider à lui tout seul de remettre en question la liberté de circulation des bateaux dans les détroits ? Le commerce maritime est-il menacé et avec quelles conséquences ? Et d'ailleurs que dit le droit international à ce sujet ? Pour répondre à ces questions, je reçois Claire Gatinois et Julien Bouissou, journalistes des services international et économies au monde. Ils vont nous éclairer sur cette géopolitique des détroits.
Après Ormuz, faut-il craindre une guerre des détroits ? Un épisode d'Adélaïde Tenaglia, réalisation Florentin Baume.
Bonjour Claire, bonjour Julien.

**Claire Gatinois** (1:47)
Bonjour Sophie.

**Julien Bouissou** (1:48)
Bonjour Sophie.

**Sophie Larmoyer** (1:49)
Je commence par un petit résumé des épisodes précédents. Après le déclenchement de la guerre le 28 février et les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, assez rapidement le régime de Téhéran a trouvé un nouveau moyen de pression pour compenser son infériorité militaire. C'est le fameux blocus du détroit d'Ormuz qui a duré trois mois et demi. Même si quelques bateaux sont passés depuis la semaine dernière, la situation est loin d'être réglée, on va en parler. Mais d'abord Claire, est-ce qu'on peut dire que cette stratégie de l'Iran a pris les Etats-Unis par surprise ?

**Claire Gatinois** (2:19)
Tout à fait, en fait, c'était une menace qui existait depuis très longtemps, mais les gouvernements internationaux imaginaient que l'Iran ne passerait pas le Rubicon entre guillemets, parce que en fait, fermer le détroit est aussi suicidaire pour l'économie iranienne. Donc en fait, les Etats-Unis ont littéralement été pris par surprise avec la fermeture du détroit dès le premier jour de la guerre.
Et en fait, avec ce levier, l'Iran a d'entrée pris une supériorité à l'égard des Etats-Unis, en bloquant toute l'économie mondiale et en renchérissant exagérément le prix de la guerre.

**Sophie Larmoyer** (2:56)
Jusqu'à pousser Donald Trump à chercher une voie d'issue.
D'où ce protocole d'accord signé mercredi dernier, le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran. Il y est prévu que l'Iran rouvre complètement le détroit d'Ormuz pendant 60 jours. Mais après, est-ce que ce passage maritime restera en libre circulation, Claire ?

**Claire Gatinois** (3:13)
Alors c'est la grande question justement et l'interrogation qu'il y a au sujet de ces négociations qui signent, il faut quand même le rappeler, une capitulation assez impressionnante de la part des Etats-Unis. L'Iran doit négocier avec Oman la façon dont sera gérée ce détroit. Il est donc fort possible qu'il y ait une forme de péage qui ne dirait pas son nom qui soit imposé.
Sachant qu'Oman finalement s'est plus ou moins mis d'accord avec l'Iran pour imposer un système de redevance qui du coup ne serait pas complètement contraire ou en tout cas essaierait de flirter avec le droit international pour éviter d'avoir les foudres des organisations multilatérales.

**Sophie Larmoyer** (3:52)
D'ailleurs, vendredi dernier, il y a un nouvel organisme iranien qui s'appelle l'Autorité du Détroit du Golfe Persique qui a publié un poste sur X pour dire aux armateurs ça va être gratuit pendant 60 jours, on prend tout à notre charge, mais après on verra.

**Claire Gatinois** (4:05)
Profitez-en, entre guillemets. En fait, là on voit que l'Iran a une supériorité psychologique aussi dans cette guerre. Ce compte sur X était déjà une provocation à l'égard des Américains. Et là aujourd'hui, en fait, les Iraniens montrent que c'est eux qui maîtrisent la gestion du Détroit. Et en fait, même si on arrive par les pourparlers à rétablir la gratuité du passage, à rétablir le non-filtrage des bateaux, en fait, ce blocage du Détroit a créé un précédent problème parce qu'avec quelques drones, avec quelques mines, l'Iran a montré dans cette guerre qu'il était capable de refermer le Détroit comme on ouvre ou on ferme un robinet.

**Julien Bouissou** (4:48)

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