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**Hugo Décrypte** (0:00)
Depuis plusieurs semaines, l'Ukraine multiplie les frappes de drones contre les entrepôts de Wildberries, qui est l'équivalent d'Amazon en Russie. Mais alors, pourquoi cibler une entreprise de e-commerce plutôt qu'une cible purement militaire ? Quelle est la logique derrière ces frappes ? Et surtout, cette stratégie est-elle légale ? Salut Céléa, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'Actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Alors pour comprendre l'enjeu, commençons déjà par une présentation de Wildberries. Fondée en 2004 par Tatiana Kim, qui est aujourd'hui considérée comme la femme la plus riche en Russie, l'entreprise s'est imposée en une vingtaine d'années comme le pilier du commerce en ligne russe, d'où sa comparaison avec Amazon. Pour vous donner une idée, plus de 80 millions de personnes l'utilisent chaque mois, soit plus d'un russe sur deux, et plus d'un million de vendeurs y déposent leurs produits. Son chiffre d'affaires annuel est estimé entre 70 et 75 milliards d'euros, soit plus de 2 % du PIB russe, donc l'ensemble des richesses produites par la Russie en une année. Mais Wildberries n'est pas seulement une plateforme de vente, depuis le rachat d'une petite banque en 2021, l'entreprise prête aussi de l'argent à ses vendeurs, gère leurs paiements et perçoit des commissions. En 2024, Wildberries a aussi fusionné avec un groupe publicitaire proche du pouvoir russe, ce qui a encore renforcé son poids dans l'économie du pays. Et c'est donc précisément à cause de ce rôle central que l'Ukraine prend Wildberries pour cible. Depuis la mi-juillet, l'Ukraine a frappé une vingtaine de sites de Wildberries en Russie, certaines situées à plus de 1700 kilomètres de la frontière. Ces frappes ont tué une dizaine de personnes et détruit environ 14 % des capacités logistiques de l'entreprise pour plusieurs centaines de millions d'euros de marchandises. Alors officiellement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky justifie ces frappes en affirmant que la plateforme vend du matériel utile à l'armée russe, comme des gilets par balles ou des composants de drones. Mais un conseiller de la présidence ukrainienne a reconnu que l'objectif principal restait avant tout d'affaiblir l'économie russe, selon Riddle Russia, un site russe d'analyse basé à l'étranger. À noter que début juillet, donc avant les premières frappes, Walberries a modifié ses contrats avec ses vendeurs pour se dégager de toute responsabilité en cas de dégâts liés à la guerre, laissant des centaines de milliers de petits commerçants russes sans véritable indemnisation. Certains ont perdu l'intégralité de leurs stocks. Cependant, la dirigeante de l'entreprise qui a dénoncé, je cite, des actes de terrorisme a promis d'indemniser en partie les vendeurs. De son côté, la Russie pourrait être contrainte de venir en aide financièrement à l'entreprise via des banques publiques pour maintenir l'activité de Wildberries. Alors maintenant qu'on a dit ça, les frappes ukrainiennes sur les entrepôts de Wildberries sont-elles légales ? En fait, selon le droit international, un site civil peut devenir une cible militaire s'il contribue de manière importante à l'effort de guerre. Mais l'attaque doit rester proportionnée. Or, même si Wildberries vend bien certains équipements utilisés par l'armée russe, comme on le disait, la grande majorité des produits vendus sur la plateforme sont destinés à un usage civil, selon plusieurs experts. Certains observateurs s'interrogent donc sur la légalité de ces frappes. A noter que cette campagne contre Wildberries s'inscrit aussi dans une stratégie plus large de l'Ukraine. Depuis le début de l'été, elle frappe régulièrement des raffineries et des dépôts de pétrole russes, provoquant notamment des pénuries de carburant dans le pays. En tout cas, dans les deux cas, l'objectif semble être le même, frapper des cibles éloignées du front, mais qui touchent directement le quotidien de la population russe pour lui rappeler concrètement la réalité de la guerre. Mais selon certains analystes, ce pari est risqué et il pourrait pousser une partie des Russes à se retourner contre l'Ukraine, plutôt que contre la Russie. Voilà donc pour ce sujet, je voulais aussi faire un point sur les dernières infos sur le terrain. Ce mardi, Volodymyr Zelensky a affirmé disposer de documents des services de renseignement, indiquant que la Russie préparerait une importante vague de mobilisation à l'automne, juste après les élections législatives russes prévues à la mi-septembre. Selon lui, plusieurs centaines de milliers de Russes pourraient être recrutés d'ici la fin de l'année. Ces accusations ne peuvent cependant pas être vérifiées de façon indépendante. Enfin, quelques infos très rapides. Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie a mené une nouvelle vague de frappes de drones et des missiles sur l'Ukraine, tandis que l'Ukraine a revendiqué une attaque contre la base navale russe de Novorossiysk en mer noire. Selon le président ukrainien, il s'agit du dernier grand bastion de la flotte russe dans cette zone. Ces échanges de frappes ont fait plusieurs morts des deux côtés, côté russe deux personnes dont un enfant d'8 ans ont été tué, selon les autorités locales et côté ukrainien, les frappes russes ont tué deux personnes et fait plusieurs blessés. Je vous laisse avec Blanche pour le reste de l'actualité importante du jour.
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