**Benoit Grunemwald** (0:00)
Monde numérique.
Ce n'est pas parce qu'on a un système de sécurité qu'on est protégé à 100 %. On peut avoir une alarme chez soi et tout à fait être cambriolé. L'objectif, c'est d'avoir une surveillance, une supervision. Et c'est ce que, aujourd'hui, les entreprises font. Elles ont un EPP, un EDR, un firewall, etc. Et au-dessus de cela, elles vont avoir une surveillance. Et grâce à cette surveillance, en fait, on va pouvoir détecter les signaux faibles, notamment, tiens, j'ai un antivirus qui s'est désactivé. Tiens, j'ai un EDR qui n'envoie plus de signaux. Et bien, ça, finalement, le silence devient un signal comme un autre qu'il va falloir prendre en compte, analyser et se demander pourquoi on n'a pas.
**Jerome Colombain** (0:46)
Bonjour, Benoit Grunemwald.
**Benoit Grunemwald** (0:47)
Bonjour, Jérôme.
**Jerome Colombain** (0:48)
Expert cybersécurité chez ESET. On se retrouve pour parler cybersécurité en partenariat avec ESET. Et l'actu, Benoit, en ce moment, c'est la Coupe du monde de football. Et comme d'habitude, je dirais, un événement planétaire comme ça, ça donne lieu évidemment à tout un tas de cyberattaques. En gros, les escrocs, les cyber-escrocs, les cyberméchants, s'agit de tous azimuts.
**Benoit Grunemwald** (1:13)
Exactement, ils ne manquent pas d'inventivité pour essayer de nous attirer dans leur filet. Au plus l'événement est gros, au plus ils mettent les moyens. Et puis, avec l'intelligence artificielle, quand même, force est de constater qu'en qualité et en quantité, et bien, ils arrivent à faire beaucoup de choses, notamment des noms de domaines et des faux sites qui vont nous proposer soit-disant du merchandising, des goodies, voire pourquoi pas des places pas chères. Et puis, on voit aussi un petit côté sur les IPTV, qui vont attirer un très grand nombre de personnes qui ne pourront pas voir les matchs et qui pourraient être tentés par ces outils illégaux, qui parfois nous mènent surtout à des arnaques.
**Jerome Colombain** (1:52)
Oui, qui rappelons-le, soit sont-ils légaux quand ils fonctionnent, soit fonctionnent pas du tout.
**Benoit Grunemwald** (1:57)
Exactement. Et puis quand vous donnez vos coordonnées pour acheter ce boîtier, vous donnez vos coordonnées à des cybercriminels.
**Jerome Colombain** (2:03)
En fait, l'imagination des pirates est évidemment sans limite quand il s'agit d'essayer de contrer tous les systèmes de sécurité aujourd'hui quels qu'ils soient.
**Benoit Grunemwald** (2:10)
Exactement. C'est une tendance forte, ce que l'on va qualifier de furtivité, de discrétion. Et on l'a vu dans plusieurs recherches que l'on a menées ces derniers temps, à la fois sur des outils, ça veut dire que des groupes de rançons GCL, notamment ASE Service, ça veut dire qu'ils louent leurs services à d'autres, et bien vont créer des logiciels qui vont avoir pour objectif de tuer, donc ça s'appelle EDR Killer, de tuer les solutions de sécurité. Les solutions de sécurité qu'on appelle EDR pour endpoint detection and response, c'est ce que l'on va aujourd'hui ajouter en complément de ce que l'on appelait avant l'antivirus, qui n'existe plus, qu'on appelle l'EPP pour endpoint detection platform, qui fait bien plus que l'antivirus. Et ce nouveau EDR, forcée de constater qu'il fait son travail, parce que les cybercriminels sont obligés de le désactiver pour continuer leurs attaques.
**Jerome Colombain** (3:04)
Ah oui, c'est-à -dire que pour éviter d'être détectés, contrés, bloqués, etc., ils commencent par désactiver les sécurité.
**Benoit Grunemwald** (3:11)
Exactement, ils importent sur nos ordinateurs des drivers qui sont légitimes, mais qui sont vulnérables, parce qu'on a trouvé des vulnérabilités qui le datent un peu.
Mais bien souvent, ils sont encore signés, parce qu'ils ont été originellement signés par Microsoft, ou l'éditeur qui les a créés. Et quand il arrive, ce driver sur l'ordinateur qui est infecté, il va permettre, en exploitant la vulnérabilité aux cybercriminels, d'aller jusqu'au niveau noyau, et d'aller sélectionner les processus qui l'intéressent et qui le va tuer. Donc ça peut être la suite de sécurité, ça peut être le DR Killer, ça peut être tout un tas d'autres éléments qui vont lui faciliter les différentes étapes dans sa progression.
**Jerome Colombain** (3:53)
Ouais, mais alors c'est pas rassurant du tout, Benoit. Ça veut dire que même si j'installe un système de sécurité, je suis pas protégé.
**Benoit Grunemwald** (4:00)
Alors ça, ça a toujours été le cas. C'est-à -dire que c'est pas parce qu'on a un système de sécurité qu'on est protégé à 100 %.
On peut avoir une alarme chez soi et tout à fait être cambriolé. L'objectif, c'est d'avoir une surveillance, une supervision. Et c'est ce que aujourd'hui les entreprises font. Elles ont un EPP, un EDR, un Firewall, etc. Et au-dessus de cela, elles vont avoir une surveillance, généralement 24h7, 365 jours par an, sinon ça sert à rien. Les civils criminels vont activer ça le vendredi soir, le week-end, pendant les vacances. Et grâce à cette surveillance, en fait, on va pouvoir détecter les signaux faibles, notamment, tiens, j'ai un antivirus qui s'est désactivé. Tiens, j'ai un EDR qui n'envoie plus de signaux. Et bien ça, finalement, le silence devient un signal comme un autre qu'il va falloir prendre en compte, analyser et se demander pourquoi on n'a plus d'informations.
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