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**Didier Vançon** (0:00)
Monde numérique.
Je me suis posé la question si il n'y avait pas d'autres façons de faire. Et le soir même, j'ai trouvé une idée, un nouveau type de captation qui permet de faire tous les mouvements, même de manière très précise, et doigts par doigts, et avec, donc, non invasives, et avec une prise en main instantanée. C'est-à-dire que là, il n'y a pas de rééducation pour essayer de dissocier les muscles, etc. C'est instantané.
**Jerome Colombain** (0:33)
On parle beaucoup de robots humanoïdes et on sait que l'une des difficultés en matière de robotique, c'est de fabriquer des mains robotisées suffisamment performantes, capables de rivaliser avec les mains humaines. Alors, il y a beaucoup de recherches au sein des labos des sociétés spécialisées pour cela, mais il y a aussi des initiatives étonnantes dans des garages qui émanent de particuliers, des inventeurs et avec des résultats spectaculaires. On en parle avec mon invité Didier Vançon, qui a mis au point lui-même tout seul comme un grand, une main robotique. Il nous explique tout d'abord comment lui est venue l'idée.
**Didier Vançon** (1:12)
En fait, c'est venu grâce à une émission de télé qui s'appelait Lego Masters en 2021 En fait, j'ai vu un candidat qui avait une prothèse en Lego. J'ai trouvé ça marrant. J'ai voulu savoir comment il commandait cette main.
Le soir même, j'ai regardé sur internet et j'ai découvert tous les systèmes de captation, de mouvement. Donc, principalement, on utilise les systèmes mioélectriques qui permettent, grâce à des électrodes, de capter les contractures musculaires et les transformer en signaux.
**Jerome Colombain** (1:48)
Ça, c'est quand on l'utilise vraiment comme une prothèse.
**Didier Vançon** (1:51)
Comme une prothèse, principalement, c'est comme ça que les bras fonctionnent.
Les mains robotiques ou biomécaniques dans le domaine de la prothèse fonctionnent principalement avec des capteurs mioélectriques. Et en fait, j'ai voulu en savoir plus et je me suis rendu compte que ces systèmes mioélectriques n'étaient pas très fiables ou demandaient beaucoup d'entraînements de la part du patient pour pouvoir faire des commandes. Parce que la plupart du temps, ça marche avec des combinaisons musculaires. Par exemple, je vais faire une contracture pour fermer le bras ou quelques combinaisons musculaires en essayant de dissocier par exemple le biceps et le triceps pour pouvoir faire des combinaisons. Et c'est très compliqué. Et forcément, ça demande de la latence. Parce que le temps de traiter l'information, de faire le mouvement, et puis de filtrer tout ça, de faire le mouvement, et puis d'obtenir le mouvement final, il peut se passer à 500 millisecondes, à une seconde en fonction du mouvement que l'on va faire. Et donc, je me suis posé la question s'il n'y existait pas d'autres façons de faire. Et le soir même, j'ai trouvé une idée, un nouveau type de captation qui permet de faire tous les mouvements, même de manière très précise, doigts par doigts et avec un nom invasif, et avec une prise en main instantanée. C'est-à-dire que là, il n'y a pas de rééducation pour essayer de dissocier les muscles, etc. C'est instantané.
Et donc, j'ai voulu développer ça pendant, donc ça m'a pris deux mois à développer ce capteur. Et au moment de l'essayage, j'ai voulu faire des tests sur des robots, enfin des bras biomécaniques. Et en fait, bon, bah ça coûte très cher. Et j'ai vu aussi que les bras étaient quand même à l'époque assez archaïques en termes de mouvement, de design et de cinématique aussi. Ça a fait des très pinces Playmobil.
Il avait manqué de fluidité. Il n'y a pas beaucoup de contrôle possible. Et je me suis dit, autant faire ma propre main pour pouvoir essayer toutes les capacités de mon capteur.
**Jerome Colombain** (4:07)
Quand on voit la vidéo de votre main en mouvement, c'est vrai qu'elle paraît extrêmement fluide. C'est ça qui est étonnant.
Comment vous arrivez à ce résultat ?
**Didier Vançon** (4:19)
En fait, dans un premier temps, j'ai fait ce premier prototype de main. Ça m'a pris six mois à faire ce premier prototype. Et j'ai vu que ce que je faisais était bien meilleur que ce qui existait sur le marché. Au même moment, on commençait à parler des robots humanoïdes qui commençaient à arriver. Et on parlait de robots humanoïdes pour l'aide aux tâches ménagères, à l'industrie, dans les usines, dans l'espace. Et là, je me suis dit, bingo, j'ai un bras, autant toucher ce marché-là.
Mais pour ça, il fallait que la destabilité soit bien plus grande. Là, ça me permettait de pouvoir manipuler chaque doigt, un par un, avec une fluidité. J'avais toute la partie design qui était organique, mais il manquait encore de la dextérité. J'avais pas 24 degrés de liberté. Et c'est là que je me suis lancé dans ce projet fou de développer ce modèle-là, ce prototype V2, on va dire, donc UM1 EVO, l'évolution.
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