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**Samy** (0:00)
C'est une première mondiale qui inquiète autant qu'elle fascine. Des scientifiques américains ont utilisé pour la première fois l'intelligence artificielle pour créer des virus. Ils étaient jusque là totalement inconnus dans la nature. Mais alors pourquoi ces virus ont-ils été créés ? Et pourquoi certains s'en inquiètent ? Salut, c'est Samy. J'espère que vous allez bien. C'est le sujet à l'œil de ce format d'Actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. Bon alors pour commencer, quel est l'objectif des scientifiques derrière la création de ces nouveaux virus ? Bien sûr, ce point je vous rassure, l'équipe qui travaille sur ce projet n'a pas pour objectif de créer une nouvelle pandémie. L'objectif a un but purement thérapeutique, sans rentrer dans les détails techniques, ce qu'ils cherchent à développer, c'est notamment ce qu'on appelle la phagothérapie sur mesure. En gros, ils ont uniquement utilisé des virus qui n'infectent que les bactéries et non les humains. Et l'objectif final est donc de trouver à terme une forme de complément aux antibiotiques. En fait, c'est un point très important et beaucoup de scientifiques se penchent de plus en plus là-dessus, parce qu'il faut savoir qu'avec le temps, certaines bactéries évoluent et développent des résistances aux antibiotiques qui existent déjà. Et si cette tendance se poursuit, des infections aujourd'hui considérées comme bénignes pourraient donc redevenir dangereuses. Enfin bref, il y a donc de véritables enjeux à trouver des alternatives. Et l'IA pourrait avoir un rôle à jouer dans cette recherche. On va revenir sur le virus en lui-même et sur ses capacités dans un instant. Mais avant ça, on va aussi voir comment il a été créé. En fait, les scientifiques de l'université de Stanford et de l'Arc Institute en Californie ont utilisé un programme IA appelé EVO, un programme spécialement conçu pour la biologie. Pour faire au plus simple, les IA qu'on utilise à notre niveau comme ChadGPT ou Claude servent notamment à comprendre et générer du langage pour répondre à des questions. Pour cette IA, c'est différent. Elle est spécialisée et capable d'analyser, de prédire et surtout de générer des séquences d'ADN. Pour vous donner une idée, dans sa version la plus avancée, cette IA a ingéré plus de 9 milliards de nucléotides, l'équivalent très grossier des maillons qui composent l'ADN de tous les êtres vivants. Et c'est donc en s'appuyant sur l'ensemble de ses connaissances que les scientifiques ont demandé à l'IA de travailler sur un virus qui existe déjà et qui est donc capable de cibler uniquement la bactérie Echirichia coli, une bactérie très courante et largement étudiée en microbiologie. Le but, c'était donc de développer un virus totalement inoffensif pour l'être humain, mais pas seulement, comme ce virus fait partie des plus étudiés au monde, les chercheurs savaient aussi exactement à quoi il ressemblait normalement et ça leur donnait donc un vrai point de comparaison pour vérifier si les versions inventées par l'IA fonctionnaient réellement comme un virus classique. Alors là-dessus, je vous passe tous les détails très scientifiques, si ça vous intéresse, l'étude complète est en description. Mais pour résumer, l'IA a donc finalement permis de générer des centaines de versions inédites et modifiées de ce virus. Et après avoir été synthétisé en laboratoire par les scientifiques, 16 de ces séquences se sont révélées viables, c'est à dire que 16 séquences générées par l'IA ont réellement été capables de produire de vrais virus fonctionnels capables d'infecter et de détruire la bactérie échirichacoly comme les virus naturels. Ce qu'il faut aussi souligner, c'est qu'en plus de la création de nouveaux virus, dans certains cas très précis, le virus naturel n'arrivait plus du tout à détruire la bactérie, mais face aux mêmes bactéries, les virus générés par l'IA, eux y arrivaient. Pour les chercheurs, c'est donc un tournant majeur et très prometteur pour la recherche médicale et le développement de nouveaux traitements, car même si on n'est qu'au tout début et que le virus en lui-même n'est pas très complexe, cette expérience marque pour l'IA une nouvelle étape. Elle montre qu'elle est dés capable de concevoir des virus fonctionnels, ce qu'elle n'avait jamais réussi à faire jusque là. Ce sont les chercheurs à l'origine de l'étude, il est donc de leur responsabilité de diffuser cette technologie fondamentale au plus grand nombre compte tenu de ces immenses bienfaits potentiels pour la santé et l'humanité. Selon eux, les avantages de ces recherches l'emportent largement sur le risque que des personnes mal intentionnées puissent modifier ces outils pour les utiliser à mauvais escient, mais forcément, certains s'inquiètent aussi que de tels avancées puissent être détournées et ouvrir la porte à de nouveaux enjeux de biosécurité et de biosurité. La biosécurité concerne le risque d'un accident, tandis que la biosurité, ça désigne le risque que ces recherches soient utilisées volontairement à des fins malveillantes. Dans la revue Science, des scientifiques ont par exemple félicité les chercheurs de Stanford pour leur travail et leurs précautions dans leurs recherches, mais ils ont tout de même aussi souligné que de véritables cadres légaux concernant de telles recherches n'existaient tout simplement pas encore. Pour beaucoup de chercheurs, il est donc urgent de mettre en place des contrôles obligatoires imposés par la loi dans le cadre de telles recherches. Le but, c'est d'éviter tout risque plutôt de continuer à s'appuyer uniquement sur les précautions qui sont prises volontairement par les labos de recherche eux-mêmes. Et là encore, on retombe sur cet enjeu central de l'IA. Elle évolue très rapidement, alors que les cadres légaux et les protections sont à la traîne. Et beaucoup l'affirment aujourd'hui. La question n'est donc plus de savoir s'Ilia sera un jour capable de créer des virus, puisqu'on vient de le voir et on est déjà capable. Mais la vraie question, c'est plutôt de savoir si la société sera capable de contrôler et de sécuriser tout ça à temps. En bref, on aura forcément l'occasion d'en reparler dans les mois à venir. Si le sujet vous intéresse, des articles très détaillés sont en description. Et je vous laisse avec Léa pour le reste de l'actualité importante du jour.
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