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**Samy** (0:00)
Alors que la guerre au Moyen-Orient n'en finit pas, l'Arabie Saoudite, qui tentait de rester à l'écart du conflit, a mené la semaine dernière des frappes conjointes avec les Etats-Unis contre des milices pro-iraniennes en Irak. Mais alors une étape dangereuse vient-elle d'être franchie ? Et ces frappes risquent-elles d'étendre encore plus la guerre au Moyen-Orient ? Salut, c'est Samy, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format Actu du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. Alors pour bien comprendre l'enjeu de ces frappes saoudiennes, il faut revenir sur les relations entre l'Iran et l'Arabie Saoudite On va malheureusement pas pouvoir faire un cours d'histoire dans cette vidéo, mais pour faire au plus simple, ce qu'il faut retenir, c'est que les deux pays sont de très importants rivaux dans la région. On a d'un côté une rivalité religieuse, l'Iran est majoritairement chiite et l'Arabie Saoudite sunnite, deux branches distinctes de l'islam. Et de fait, chaque pays a tendance à soutenir des mouvements ou des gouvernements proches de leurs croyances, ce qui alimente depuis des années d'importantes tensions dans toute la région. Et en plus de ça, les deux puissances affrontent aussi pour être la plus influente au Moyen-Orient. Pour être très concret, le meilleur exemple de ces tensions est la situation au Yémen. Ce pays situé au sud de l'Arabie Saoudite est au cœur d'une guerre civile qui dure depuis plus de 10 ans et qui a déjà fait plus de 300 morts selon différents rapports. Depuis 2015, l'Arabie Saoudite a notamment pris la tête d'une coalition militaire qui a pour but de contrer les rebelles houthistes soutenus par l'Iran au Yémen, mais on y revient dans quelques instants. Et c'est donc dans tout ce contexte d'importantes tensions qu'en 2023, la Chine va finalement réussir, après de nombreuses négociations, à rapprocher les deux pays. La signature d'un important accord a notamment permis une reprise des relations diplomatiques avec une réouverture respective de leurs ambassades, mais attention, les deux pays ne sont pas devenus alliés pour autant, mais on a assisté à une forme de détente assez historique. Résultat, au début de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël, depuis le 28 février en Iran, l'Arabie Saoudite, bien qu'elle ait aussi été très largement ciblée par des bombardements de représailles iraniens, est restée sur la retenue. Ici, l'objectif était notamment de ne pas entrer directement en guerre avec l'Iran, ce qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour l'Arabie Saoudite, l'Arabie Saoudite qui cherche d'ailleurs depuis plusieurs années à attirer des investisseurs étrangers, investisseurs qui pourraient largement fuir le pays, si jamais une véritable guerre entre l'Arabie Saoudite et l'Iran venait à voir le jour. L'autre crainte de l'Arabie Saoudite, c'est aussi que les outils du Yemen ne les prennent davantage pour cible en représailles. Mais finalement, je vous le disais, l'Arabie Saoudite et les États-Unis ont bombardé la semaine dernière plusieurs sites liés à des groupes armés soutenus par l'Iran en Irak. Selon ces mêmes groupes, une vingtaine de leurs membres seraient morts dans ces bombardements aériens. Selon l'Arabie Saoudite, ces frappes résultent de son droit à la légitime défense, alors que le gouvernement a accusé ses factions pro-iraniennes d'avoir lancé des vagues de drones contre le pays ces derniers jours. Ce qui est marquant, c'est que c'est donc la première fois que l'Arabie Saoudite revendique officiellement de telles frappes depuis le début de la guerre de grande ampleur entre l'Iran et les Etats-Unis, mais alors pourquoi l'Arabie Saoudite a-t-elle décidé d'intervenir maintenant au vu de tout ce qu'on a dit ? Et bien en réalité, plusieurs analystes soulignent que ces bombardements interviennent à la suite d'une accumulation de nombreux événements. Xavier Borden, un spécialiste des questions de paix et de sécurité au Moyen-Orient à l'université Lancaster cité par France 24, souligne notamment que les bombardements contre ces infrastructures et la fermeture du détroit d'Hormuz compliquent déjà le commerce du pays, mais selon lui, c'est surtout la menace des outils de bloquer le détroit de Babel Mandeb qui inquiète le plus l'Arabie Saoudite. Si on sort nos cartes, l'Arabie Saoudite est entourée par deux routes maritimes essentielles pour son commerce et ses exportations pétroles. On retrouve à l'est le détroit d'Hormuz qui est aujourd'hui largement bloqué par l'Iran et à l'ouest le détroit de Babel Mandeb que les outils menacent aussi de bloquer. Et si ces deux passages venaient à être fermés en même temps, conséquence économique pour l'Arabie Saoudite serait considérable. Le pays cherche donc à tout prix à éviter ce scénario. Et c'est pourquoi plusieurs observateurs estiment que ces fra avaient pour but d'envoyer un invertissement à l'Iran en bombardant des milices en Irak, plutôt que directement l'Iran. L'Arabie Saoudite évite alors d'entrer en guerre ouverte contre le pays, tout en envoyant un message clair. Le pays est prêt à réagir face aux menaces. Maintenant attention, il s'agit là d'un objectif affiché et de nombreux experts soulignent aussi que l'Arabie Saoudite vient de passer un nouveau cap dans l'escalade militaire. Un cap qui complique davantage une guerre qui s'étend et qui pourrait donc devenir encore plus imprévisible. A noter d'ailleurs que des bombardements ont aussi régulièrement lieu entre l'Arabie Saoudite et les outils au Yémen. En fin de semaine dernière, l'Arabie Saoudite a d'ailleurs annoncé la création d'une coalition de défenses maritimes face aux attaques outils. A voir si ces différentes initiatives permettront de calmer la pression ou si elles vont au contraire alimenter un peu plus l'escalade. La semaine dernière, les outils avaient en tout cas promis une escalade totale. Et pour finir, concernant rapidement les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre, les deux pays sont toujours en discussion et les bombardements restent fréquents malgré certaines accalmies. Ce mardi, Donald Trump a de nouveau menacé de frapper le pays très fort si le détroit d'Ormuz ne rouvrait pas rapidement. On continuera à suivre la situation et je vous laisse avec Léa pour le reste de l'actualité importante du jour.
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