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**Blanche Vathonne** (0:00)
Le 19 août, le Canada risque une taxe de 50 % sur près de 20 milliards de dollars de produits vendus aux Etats-Unis, comme le fromage, le vin ou encore les crosses de hockey. Et pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes ne semblent pas encore bouleverser leurs plans. Beaucoup minent sur un seul scénario que Donald Trump recule encore. Alors, est-ce que ces droits de douane vont réellement être mis en place et peuvent-ils créer une guerre commerciale entre les deux pays ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'Actu du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, le président états-unien, Donald Trump, multiplie les droits de douane contre le Canada. Il a notamment imposé des taxes sur l'acier, l'aluminium et les véhicules canadiens. L'objectif de ces taxes, selon lui, est de mettre la pression sur le Canada pour qu'il œuvre davantage pour stopper le trafic de fentanyl, une drogue puissante et très répandue aux États-Unis. Les droits de douane, rapidement, ce sont des taxes que les entreprises américaines doivent payer lorsqu'elles importent des produits depuis l'étranger. Juridiquement, c'est donc l'entreprise américaine qui verse la taxe aux douanes américaines, et économiquement, une partie du coût est souvent répercutée sur le fournisseur canadien et ou le consommateur. Alors en face, le Canada n'est pas resté sans réponse et a lui aussi répliqué. Le gouvernement canadien maintient notamment des droits de douane sur certains véhicules, ainsi que sur l'acier et l'aluminium américain. Sauf que le 20 juillet dernier, Donald Trump a signé un décret imposant 50 % de droits supplémentaires sur toute une gamme de produits canadiens, effectifs 30 jours plus tard, le 19 août donc. Ça concerne les vins, les alcools, les produits laitiers, le ciment, les meubles, ou encore, je le disais en introduction, les crosses de hoquet. Et le vrai changement, c'est que ces droits s'appliqueraient même aux produits normalement protégés par la Somme, un accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Jusqu'ici, cet accord permettait à la majorité des marchandises canadiennes qui respectent ces règles d'échapper aux droits de douane américains, mais pour les produits concernés par cette nouvelle série de taxes, cette protection ne fonctionnerait plus. Mais alors, pourquoi Donald Trump a-t-il annoncé ces nouveaux droits de douane ? Alors la Maison Blanche justifie sa décision en accusant le Canada de traiter injustement certains produits américains. Trump s'appuie sur l'article 338 de la Tarif Act de 1930 qui permet d'imposer jusqu'à 50 % de droits sur un pays qui pratique, je cite, de la discrimination commerciale envers les États-Unis. Pour bien comprendre, les États-Unis reprochent notamment au Canada ces mesures concernant les voitures américaines, l'accès au marché laitier et le retrait de nombreux alcools américains des magasins canadiens. Et puis Donald Trump affirme aussi que les coûts générés par ces nouvelles taxes pousseront l'industrie manufacturière à se relocaliser aux États-Unis, même si pour l'instant les données économiques apportent peu de preuves de ce qu'il avance. De son côté, le gouvernement canadien a rappelé qu'une partie des mesures justement dénoncées par les États-Unis ont en fait été adoptées en représailles à de précédents droits de douane américain. Bref, chaque camp présente désormais ces mesures comme une réponse aux actions de l'autre. Mais pour comprendre pourquoi cette décision inquiète le Canada, il faut surtout regarder un chiffre. En 2025, plus de 70 % des exportations canadiennes de marchandises étaient encore destinées aux États-Unis. Le Canada exporte de plus en plus vers l'Europe et d'autres marchés, mais aucune destination ne peut aujourd'hui remplacer les États-Unis. C'est donc une dépendance considérable. En fait, lorsqu'un produit canadien arrive aux États-Unis et qui est soumis à un droit de douane de 50 %, c'est l'importateur américain qui paie cette taxe. Mais pour l'entreprise canadienne qui fabrique le produit, ça veut dire que son produit devient beaucoup plus cher sur le marché américain. Pour certaines entreprises canadiennes, ça peut donc signifier moins de commandes, moins de revenus et à terme, moins d'investissements, moins d'emplois. Alors maintenant qu'on a dit ça, ces nouveaux droits concernent 20 milliards de dollars de produits, soit environ 5 % des importations américaines venant du Canada. C'est donc pas l'ensemble du commerce entre les deux pays qui serait frappé à 50 % de taxes. Cependant, ces nouvelles taxes, elles posent quand même des questions, notamment d'inégalité entre les provinces canadiennes. Selon les estimations de l'économiste Trevor Tomb, cité par le média L'Actualité, près de 14 % des exportations de la Colombie-Britannique seraient concernées par ces nouveaux droits de douane, contre environ 11 % au Québec et 9 % en Ontario. A l'inverse, en Alberta par exemple, seulement 1 % environ des exportations seraient touchées. La raison c'est que les produits visés ne sont pas les mêmes partout. L'énergie et la potasse par exemple sont exclus de ces nouveaux droits de douane, ce qui protège davantage les provinces de l'ouest qui en exportent beaucoup. Et ça pourrait créer des tensions à l'intérieur même du Canada. Si le gouvernement canadien décide de riposter aux États-Unis, certaines provinces pourraient avoir beaucoup plus à perdre que d'autres. L'un des principaux moyens de pression du Canada serait justement son énergie et ses matières premières, dont les États-Unis ont besoin. Mais utiliser cette arme pourrait pénaliser les provinces qui les produisent. Le gouvernement canadien doit donc trouver un équilibre assez compliqué, d'un côté répondre à Donald Trump tout en évitant de diviser les provinces canadiennes. Maintenant qu'on a dit ça, il faut savoir qu'une partie du monde des affaires canadiens semble parier que Donald Trump va finalement reculer. En effet, le président états-unien a déjà utilisé cette stratégie auparavant, annoncé des droits de douane très élevés, créé un rapport de force, puis réduit ou modifie certaines mesures lorsqu'une négociation avance ou lorsque les conséquences économiques deviennent trop importantes. Et le calendrier lui-même laisse une fenêtre. Je vous le disais, les droits de douane ont été annoncés en juillet, mais ils doivent entrer en vigueur le 19 août. Et donc entre les deux, les négociations continuent. Selon plusieurs sources proches des négociations citées par des médias canadiens, les deux pays ont échangé des propositions pour tenter de trouver un compromis. Le Canada serait prêt à faire des concessions sur plusieurs demandes américaines en échange d'une réduction de certains droits de douane imposés par Donald Trump. Cependant, aucun accord n'a été conclu pour le moment. Et les deux camps semblent vouloir trouver une solution avant le 19 août. Il reste donc deux scénarios, soit un compromis est trouvé et Donald Trump réduit ou abandonne une partie de ses nouveaux droits de douane, soit aucun accord n'est trouvé et les taxes entrent en vigueur. Dans ce cas, le Canada pourrait à son tour décider de riposter au risque d'alimenter une nouvelle escalade commerciale. Voilà pour ce sujet, on continuera évidemment de vous informer. On continue avec le reste de l'actualité importante du jour. On commence avec cette info qui concerne toujours Donald Trump. Le président étasunien a affirmé ce vendredi lors d'un meeting qu'une fois l'Iran battu, il proclamerait le Détroit d'Ormuz territoire des Etats-Unis, ce qui a provoqué la colère de l'Iran. Le Détroit d'Ormuz, on en a beaucoup parlé ces derniers temps, c'est un passage maritime clé pour le commerce mondial et qui est en partie bloqué par l'Iran depuis le mois de mars. Et pour en revenir à la déclaration de Donald Trump, un responsable de la Maison Blanche a assuré auprès de plusieurs médias américains que ces propos avaient été dit sur le ton de la plaisanterie, mais l'Iran a immédiatement réagi assurant que le Détroit restera iranien et que son ouverture dépendra de l'Iran. Il faut savoir que Donald Trump affirme régulièrement que les Etats-Unis ont désormais le contrôle du Détroit d'Ormuz, ce que l'Iran dément catégoriquement. Dans les faits, le passage reste bloqué par le régime iranien depuis le début de la guerre, tandis que les Etats-Unis imposent de leurs côtés un blocus au port iranien. En tout cas, le président états-unien a également défendu sa décision d'entrer en guerre contre l'Iran pour l'empêcher d'obtenir l'arme nucléaire, malgré les conséquences sur les prix de l'énergie. Aux Etats-Unis, en effet, l'essence a augmenté de plus de 35 % depuis le début du conflit. Deuxième actu, des colons israéliens assiègent depuis dimanche dernier les habitations palestiniennes dans le village de Xra, au nord de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël, laissant les habitants sans accès à la nourriture ni médicaments. Il faut savoir que la colonisation de la Cisjordanie est considérée comme illégale au regard du droit international par l'ONU et la plupart des Etats, mais elle s'est fortement accélérée depuis l'arrivée de l'extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022 Plus de 500 Israéliens vivent aujourd'hui dans des colonies en Cisjordanie. Pour en revenir au village cisjordanien, l'armée israélienne a indiqué ce mardi avoir reçu plusieurs signalements faisant état de colons, s'installant dans des maisons et sur des terres palestiniennes de la région. Elle a condamné ses agissements, les qualifiant dilégaux et inacceptables, estimant qu'ils portent atteinte aux habitants et perturbent leur quotidien. Par ailleurs, ce vendredi, des dizaines de militants israéliens de gauche ont marché vers des maisons assiégées pour apporter des vivres aux familles palestiniennes. Les provisions ont pu être distribuées après inspection par l'armée israélienne. De son côté, la France a vivement condamné ces violences israéliennes. Le ministre des Affaires Étrangères a demandé au gouvernement israélien, je cite, de traduire en justice les colons qui assiègent ces maisons. A noter qu'Israël a réinstallé ce jeudi la colonie de Ghanim en Cisjordanie, qui avait été démantelée en 2005 Environ deux douzaines de maisons pré-fabriquées y ont été installées. Des palestiniens craignent que la construction de Ghanim ne rende leur vie plus difficile, voire n'entraîne à terme leur déplacement. Troisième actu, rapidement, je voulais vous parler du nouvel incendie dans les Landes, qui a débuté ce jeudi. Après une accalmie, le feu a repris ce samedi matin et près de 1600 hectares ont brûlé, selon le préfet. Une centaine de personnes supplémentaires ont été évacuées, ce qui porte le total à 650 personnes évacuées. Par ailleurs, aucune habitation n'a été touchée, toujours selon le préfet. Quatre avions bombardiers d'eau canadaires ont été déployés pour relayer l'hélicoptère Chinook CH-47D, prêté par l'Australie, qui est capable de transporter près de deux fois plus d'eau qu'eux et qui a procédé à de premiers largages. On vous tiendra au courant de l'évolution de la situation. Et on termine avec cette actu, Luigi Mangione qui niais jusqu'ici à avoir tué Brian Thompson, le patron de l'assureur United Healthcare, a reconnu ce vendredi lui avoir tiré dessus mortellement en décembre 2024 Il appelait des coupables de deux chefs d'accusation liés au harcèlement ayant entraîné la mort. Si vous n'aviez pas suivi, Brian Thompson avait été abattu dans la rue à Manhattan, donc à New York, alors qu'il se rendait à une conférence de son entreprise. Luigi Mangione avait été arrêté cinq jours plus tard dans un McDonald's en Pennsylvanie, après plusieurs jours de recherche. Ce vendredi, il a donc reconnu avoir préparé l'attaque et tiré sur Brian Thompson. Il risque la prison à vie et connaîtra sa peine le 18 décembre. A noter qu'il existe une seconde procédure devant la justice de l'état de New York, dans laquelle il est toujours poursuivi pour meurtre. Son procès est prévu le 8 septembre. Ses avocats demandent désormais l'abandon de cette accusation, estimant qu'il ne doit pas être poursuivi une deuxième fois pour les mêmes faits. La justice doit encore trancher cette question, on suivra évidemment tout ça. Voilà pour ces actualités en bref, je voulais qu'on conclue avec cette bonne nouvelle. Je voulais vous parler d'Oscar, un jeune britannique de 11 ans, qui pendant un mois a couru un mile, donc à peu près 1,6 km tous les jours, pour aider son meilleur ami Mason à atteindre un rare cancer agressif qui touche les tissus mous. Oscar a donc couru 1,6 km pendant 30 jours, ce qui fait un total de 48 km. Et grâce au partage de son défi sur les réseaux sociaux qui a fait le tour du monde, Oscar a pu récolter plus de 73 euros pour aider la famille de son meilleur ami à payer les soins. C'est tout pour aujourd'hui, je crois que j'ai tout dit, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.
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