**Blanche** (0:00)
C'est une décision qui en dit long sur les craintes de Vladimir Poutine. Selon plusieurs médias, le président russe aurait récemment fait suspendre une partie du système de vidéosurveillance chargé de sa protection. La raison, la peur que ses caméras censées le protéger puissent finalement être utilisées contre lui. Mais alors pourquoi Vladimir Poutine se méfie-t-il désormais de ses propres dispositifs de sécurité ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. Hugo revient bientôt. C'est le sujet à la une de ce format d'Actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Les services de sécurité russes ont donc temporairement désactivé une partie du système de surveillance dédié à la protection de Vladimir Poutine et de son entourage proche, selon les informations du journal britannique Financial Times relayé par plusieurs médias européens. Alors il ne s'agit pas des 300 caméras installées dans les rues de Moscou, la capitale de la Russie, mais d'un réseau spécifique utilisé pour surveiller les déplacements et les lieux fréquentés par le président russe. Ce système n'aurait été remis en service qu'après avoir été inspecté et davantage isolé d'Internet afin de limiter les risques de piratage. Mais alors pourquoi une telle décision ? Selon plusieurs médias, le déclencheur aurait été l'assassinat le 28 février dernier du guide suprême iranien Ali Khamenei lors d'une opération menée par les Etats-Unis et Israël. On en avait parlé à l'époque, les services de renseignement israélien auraient notamment utilisé pendant des années des caméras de surveillance installées à Téhéran, la capitale de l'Iran, pour suivre les déplacements de l'entourage d'Ali Khamenei. En combinant ces images avec d'autres données de renseignement et des outils IA capables d'analyser d'immenses quantités de vidéos, ils auraient réussi à déterminer avec précision ses habitudes et sa localisation. Et pour la Russie, cette opération a donc en quelque sorte servi d'avertissement. Si des systèmes de surveillance peuvent être utilisés pour protéger un dirigeant, ils peuvent aussi être une source précieuse d'informations pour des services de renseignement étrangers. D'autant que la Russie dispose d'un des réseaux de vidéosurveillance les plus développés au monde. On compte environ un million de caméras dans le pays, dont près de 300 à Moscou. A titre de comparaison, il n'y en a que 5000 à Paris. Depuis plusieurs années, ces dispositifs en Russie sont utilisés pour surveiller l'espace public et identifier des opposants politiques. Mais les progrès récents de l'intelligence artificielle changent la donne. En fait, là où il fallait avant des centaines d'analystes pour examiner des images, il y a désormais des algorithmes qui peuvent traiter des millions d'heures de vidéos en très peu de temps et repérer des comportements, des trajets ou des habitudes par exemple. Autrement dit, un système conçu initialement pour surveiller la population peut aussi permettre à un adversaire de mieux comprendre les déplacements d'un chef d'état comme Vladimir Poutine. Mais sa récente décision de couper temporairement une partie du système de surveillance s'inscrit dans un contexte plus large. Depuis plusieurs années, Vladimir Poutine semble de plus en plus préoccupé par sa sécurité personnelle. D'ailleurs, dès la pandémie de Covid-19, de nombreux médias avaient rapporté qu'il avait pris l'habitude de se protéger derrière des mesures sanitaires extrêmement strictes, limitant drastiquement le nombre de personnes pouvant l'approcher. Et ce qu'on peut dire, c'est que cette tendance semble s'être accentuée depuis le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en février 2022 Ces derniers mois, les attaques de drones ukrainiens contre le territoire russe se sont multipliées, y compris dans la région de Moscou. Par exemple, quelques jours avant la Grande Parade du 9 mai, qui célèbre la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, un drone ukrainien a frappé un immeuble résidentiel à Moscou, à quelques kilomètres seulement du Kremlin, donc le palais présidentiel russe, sans faire de victime. Résultat, le défilé avait été réduit, et pour la première fois depuis 2008, il n'inclut aucun matériel militaire. Autre exemple, en décembre dernier, le lieutenant général Fanil Sarvarov, l'un des responsables militaires russes impliqués dans la guerre en Ukraine, a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée à Moscou. La Russie accuse les services ukrainiens d'être derrière cette attaque, que l'Ukraine n'a pas revendiquée. Sa mort avait poussé Vladimir Poutine à organiser une réunion d'urgence fin 2025 En tout cas, c'est dans ce contexte que selon un rapport de renseignement européen cité notamment par CNN et le Financial Times, qui avait fait pas mal parler début mai, les autorités russes auraient considérablement renforcé les mesures de protection autour du président. Toujours selon ce document, Poutine limiterait davantage ses déplacements, passerait plus de temps dans des bunkers ultra-sécurisés et son entourage proche serait soumis à des contrôles renforcés. Certains collaborateurs n'auraient par exemple plus le droit d'utiliser des smartphones connectés à internet en présence du président. Le rapport évoque aussi les inquiétudes des autorités russes face au risque d'un complot, d'un coup d'état ou même d'une tentative d'assassinat venant de certaines élites russes, mais plusieurs experts appellent à la prudence car certaines affirmations du document n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Plusieurs experts estiment que des responsables européens pourraient chercher à exagérer certaines affirmations, voire à faire fuiter volontairement des documents afin d'attiser la méfiance au sein du cercle proche de Vladimir Poutine. Une sorte de guerre informationnelle donc, à l'image de ce que font déjà l'Ukraine et la Russie pour s'affaiblir mutuellement. En tout cas, une chose est sûre, la question de la sécurité personnelle de Vladimir Poutine semble occuper une place de plus en plus grande au sommet de l'état russe. Voilà donc pour ce sujet, je vous laisse avec Léah pour le reste de l'actualité importante du jour.
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