**Blanche Vathonne** (0:00)
Et si des entreprises d'intelligence artificielle étaient à l'origine de la destruction de milliers de livres, c'est en tout cas ce que pensent plusieurs libraires à travers le monde. En fait, depuis plusieurs mois, ils se font racheter leurs livres par une mystérieuse entreprise canadienne. Dans le même temps, le Washington Post a dévoilé que certaines entreprises d'IA achetaient massivement des livres avant de les analyser, puis de les détruire. Mais alors pourquoi faire ça et comment tout ça a été découvert ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on va aussi parler du premier film d'animation de Timothée Chalamet, ou encore d'une annonce de Sony concernant la PlayStation qui va bousculer le monde du jeu vidéo. On est parti pour un nouveau résumé de l'actualité culturelle du jour en quelques minutes. On commence avec le sujet à la une de ce podcast. Depuis plusieurs mois, des entreprises spécialisées en intelligence artificielle achèteraient massivement des livres anciens dans des librairies du monde entier pour les numériser, les utiliser comme données d'entraînement, puis les détruire. Mais avant de revenir en détail sur les raisons qui pourraient mener ces entreprises IA à faire tout ça, comment ces suspicions sont-elles nées ? En fait, tout commence en Allemagne, dans plusieurs librairies de livres d'occasion. Certains libraires se mettent à remarquer quelque chose d'étrange. Parfois et de plus en plus souvent, des commandes sont passées la nuit, entre 3 et 5 heures du matin. Le plus intrigant, c'est que ces commandes semblent automatisées. Elles s'enchaînent à quelques secondes d'intervalle. Très vite, le même scénario est signalé en Espagne, aux États-Unis, en Bulgarie, en Nouvelle-Zélande ou encore au Royaume-Uni. Et à chaque fois, un même acteur revient, une entreprise canadienne nommée ZoomBooks. Officiellement, la société se présente comme une plateforme de recyclage de revente de livres d'occasion. Elle affirme acheter des ouvrages invendus, les trier, en revendre certains et recycler les autres. Mais pour les libraires, quelque chose cloche. Le concept de l'entreprise ne va pas avec ses commandes. Déjà, certains achats sont massifs. Ils concernent parfois des centaines ou des milliers de livres d'un coup. Et surtout des ouvrages très aléatoires. Essais, manuels techniques, actes de coloc, journaux anciens, souvent publiés après 1970 et quasiment introuvables aujourd'hui. La plupart sont en espagnol, bulgare ou encore allemand, alors que le public visé par l'entreprise est purement nord-américain. Pour les libraires, c'est certain, ces livres ne sont pas destinés à être revendus à des libraires, mais bien à des entreprises d'intelligence artificielle. Mais alors pourquoi ces livres-là en particulier ? En fait, ces documents intéressent les entreprises d'IA pour une bonne raison. Les modèles de langage ont besoin de gigantesques volumes de textes pour être entraînés. Si pendant longtemps ils ont utilisé des contenus disponibles sur Internet, les modèles ont désormais besoin de plus. Résultat, les entreprises se retrouvent face à ce que certains experts appellent un mur des données. Trop peu de textes nouveaux, trop peu de contenus fiables et longs pour continuer à améliorer des modèles. Une nouvelle méthode apparaît, acheter des livres physiques, les numériser, puis les intégrer aux bases d'entraînement. Selon une enquête du Washington Post, certains ouvrages sont alors envoyés dans des centres spécialisés, les reluures sont découpées à la machine, les pages scannées automatiquement, puis les livres sont détruits et recyclés en pâte à papier. C'est notamment ce que révèle le cadre d'un projet interne d'Entropiq, une entreprise majeure de l'intelligence artificielle appelée Project Panama. Selon des documents judiciaires consultés par le Washington Post, l'entreprise aurait acheté et traité entre plusieurs centaines de milliers et jusqu'à 2 millions d'olives, avec pour objectif de les numériser de manière industrielle avant leur destruction. Mais alors, est-ce que tout ça est légal ? Aux Etats-Unis, le principe du Fair Use autorise dans certains cas l'utilisation par l'IA d'œuvres protégées si l'usage est considéré comme transformateur, c'est-à-dire s'il ne remplace pas l'œuvre mais sert à produire quelque chose de nouveau, ici en l'occurrence un modèle d'intelligence artificielle. C'est précisément sur cette base que certaines entreprises s'appuient pour justifier ces pratiques. Une fois qu'on a dit ça, ce qui inquiète surtout les libraires, c'est la disparition des écrits et donc de tout un patrimoine culturel. Cette pratique donne lieu à des ouvrages rares, peu diffusés, parfois uniques, qui finissent numérisés puis détruits, sans traces accessibles au public. Certains libraires parlent d'un pillage littéraire, d'autres alertent sur une perte irréversible de contenu secondaire, pas les grandes œuvres connues mais tout ce qui les entoure, les témoignages, les archives ou encore les textes oubliés. Pour l'instant, ZoomBooks affirme simplement recycler et revendre des ouvrages. Plusieurs enquêtes montrent des zones d'ombre et surtout un manque total de transparence sur le devenir final des livres. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que la justice est en train d'enquêter. Je vous mets des liens en description si vous voulez en savoir plus et on vous tiendra évidemment au courant. On continue avec les autres actualités et on commence avec cette info. La bande annonce du film d'animation Not Alone est sortie ce mardi. Les personnages principaux sont doublés par l'acteur franco-américain Timothée Chalamet, connu pour ses rôles dans Dune ou encore Wonka, et par l'actrice et chanteuse américaine Selena Gomez, qu'on a pu récemment voir dans Emilia Perez de Jacodiar. La sortie de ce film d'animation est prévue en avril 2027 Il raconte l'histoire de Joe, un mécanicien de fusée, qui tombe amoureux de Fran, une astro-botaniste. Ensemble, ils décident de partir en voyage sur une fusée. Sur leur chemin, ils font une drôle de rencontre, celle de trois aliens haut en couleur. Pour ceux que ça intéresse, je vous mets le lien de la bande annonce dans la description. Deuxième actu, Netflix a demandé une réforme de la loi française pour réduire ses investissements dans le cinéma français. En fait, il faut savoir que depuis 2021 en France, les plateformes de streaming par abonnement doivent investir au moins 20 % de leurs chiffres d'affaires réalisés en France dans la production de films, séries et documentaires français et européens. Netflix y investit ainsi plus de 250 millions d'euros chaque année. Dans un entretien accordé au Monde, un porte-parole de l'entreprise a déploré, je cite, un système qui imposera d'augmenter ses investissements de manière disproportionnée dans les années à venir au regard des besoins de son public en France. La plateforme est d'ailleurs actuellement le premier financeur privé de l'audiovisuel français devant TF1 et Canal+. Seul le service public investit plus que la plateforme, avec 407 millions d'euros investis l'an dernier pour France Télévisions. Troisième actu, la chaîne MCM du groupe M6, dédiée à la pop culture et à la musique, a cessé d'émettre ce mardi soir, 30 juin. Le groupe avait annoncé la fermeture de la chaîne mi-avril pour des raisons économiques, elle émetait depuis 37 ans. En 1989, la chaîne est née sous le nom de Monte Carlo Music, avant de se renommer Ma chaîne musicale. Si au départ la programmation était purement musicale avec des top 50, elle a évolué. Ces dernières années, la chaîne diffusait principalement des séries américaines et des animés comme Pokémon. Le quatrième actu, la ville d'Orléans dans le Loiret a annoncé la première édition de Fireflame, un nouveau festival dédié au rap. Il aura lieu le 19 septembre prochain aux zéniths de la ville. Il accueillera La Fouine, Timar ou encore Tiff. Le reste de la programmation n'est pas connu pour le moment mais au total, le festival rassemblera 10 rappeurs et un DJ. La direction artistique, elle, sera chapeautée par Dossé, un rappeur originaire de la ville. La billetterie est déjà ouverte. Pour le tarif, il faut compter 35 euros pour une place debout et 40 euros pour une place assise. Et enfin un dernier actu, à partir de 2028, les nouveaux jeux pour consoles PlayStation ne seront disponibles qu'en version dématérialisée, c'est ce qu'a annoncé Sony. Les jeux sortis avant janvier 2028 continueront, eux, d'être vendus en format physique. Sony explique cette décision par l'essor du dématérialisé qui représente déjà 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 lors de son dernier exercice fiscal. Les jeux pourront toujours être achetés chez les revendeurs, mais sous forme de codes de téléchargement qui ne permettent ni le prêt ni la revente comme un disque. C'est tout pour aujourd'hui, merci beaucoup d'avoir écouté ce podcast. N'hésitez pas à vous abonner à la chaîne. En attendant, prenez soin de vous et je vous dis à plus tard.
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