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🤔 Peut-on vraiment interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? (Tout comprendre)

Monde Numérique (Actu tech & IA)

July 29, 2026

Derrière l'idée d'interdire les réseaux sociaux aux mineurs se cache un défi technique et juridique bien plus complexe qu'il n'y paraît. IA, carte d'identité, biométrie, tiers de confiance : quelles sont les solutions ? Et pourquoi aucune n'est parfaite ?
Speakers: Jerome Colombain
**Jerome Colombain** (0:00)
Monde numérique.

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Voilà, le Parlement vient de voter l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Et c'est une avancée majeure. La France ouvre la voie en Europe pour la protection de nos enfants, de nos adolescents.

**Jerome Colombain** (0:20)
On en parle beaucoup depuis quelques temps, interdire les réseaux sociaux aux enfants afin de les protéger contre les contenus inappropriés. Mais comment vérifier efficacement l'âge des utilisateurs sans aller trop loin dans la surveillance ? De nombreux sites sont déjà interdits aux mineurs. Ils requièrent une date de naissance au moment de l'inscription. Mais le dispositif est facile à contourner, de nombreux jeunes ne s'en privent pas. Ils acceptent aux réseaux sociaux bien avant l'âge limite des 13 ans. Car demander l'âge ne suffit pas, encore faut-il, le vérifier. Dans le monde réel, c'est facile. Un coup d'œil pour estimer l'âge de quelqu'un.
Si on a un doute, on peut toujours lui demander une pièce d'identité. Mais sur Internet, c'est beaucoup plus compliqué. Rien ne permet d'affirmer avec certitude qu'une personne derrière son clavier est bien celle qu'elle prétend être. Il est facile de gruger la machine, soit en lui mentant, soit en montrant une photo de quelqu'un d'autre. En fait, vouloir transposer dans le monde numérique des vérifications qui paraissent simples dans le monde réel, c'est un vrai défi. On ouvre la boîte de Pandore des problèmes. Car ça touche à la sécurité des données, à la vie privée et aux principes communément admis du pseudonymat sur Internet qui permet à chacun de ne pas se dévoiler entièrement. Alors est-il possible de résoudre cette équation infernale ? C'est ce que nous allons voir dans cet épisode.
Cet épisode de Monde Numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Comme les inventions dont je vous parle dans cette série, Frogans ouvre une nouvelle voie. C'est une manière innovante de diffuser du contenu sur Internet, à travers des sites d'un nouveau genre, plus visuels et plus libres, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Frogans sont optimisés pour tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée, grâce à une technologie ouverte, respectueuse de la vie privée. C'est un véritable outil de création, propulsé par un nouveau langage basé sur le XML, accessible en bêta à tous les développeurs professionnels. Frogans est un projet français tourné vers l'internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. f2r2.fr. Et merci à Frogans de soutenir Monde Numérique.
La méthode la plus simple pour vérifier l'âge de quelqu'un sur Internet, c'est de lui demander une photo de sa carte d'identité ou de son passeport. Ensuite, un logiciel peut facilement contrôler la date de naissance, vérifier les éventuels éléments de sécurité, et parfois, pour aller plus loin, demander un selfie pour comparer avec la photo d'identité.
Mais l'utilisateur, en envoyant tout cela, donne beaucoup d'informations sur lui-même. Son nom, son prénom, sa photographie, sa date de naissance, son lieu de naissance, parfois même son adresse. À l'arrivée, le réseau social ou autre se retrouve donc avec énormément d'informations sur l'utilisateur. Et là, ça pose tout de suite beaucoup de questions. Car qui est cet organisme pour recevoir ainsi une copie de ce document ?
Cette copie va-t-elle être conservée ? Si oui, pendant combien de temps ? Est-ce qu'elle pourra être réutilisée ? Et que se passe-t-il si la base de données est piratée ? Le contrôle de l'âge crée ainsi un nouveau risque. Pour protéger les mineurs, on constitue des fichiers contenant les documents d'identité de millions d'internautes. Cela oblige aussi à dévoiler des données personnelles à une organisation privée, en laquelle on n'a pas forcément confiance. Car que va-t-elle faire de ces données ? Est-ce qu'elle va me traquer personnellement ? Est-ce qu'un employé indélicat pourrait exploiter ces informations ? Enfin, ça ne protège pas contre la triche. Un adolescent peut aisément transmettre la carte d'identité de son père, de sa mère, de son grand frère ou de sa grande sœur. Une autre option consiste à demander une carte bancaire comme preuve de majorité. On entend souvent cet argument mis en avant. C'est un élément d'identification qui est un peu moins bavard qu'un document d'identité, bon, à condition bien sûr de ne pas révéler le code secret qu'ils vont avec. Mais là encore, il y a des failles. Car posséder une carte bancaire ne signifie pas nécessairement qu'on est majeur. Il y a de nombreux adolescents qui ont aujourd'hui des cartes liées à des comptes pour mineurs, et à l'inverse, certains adultes n'ont pas de carte bancaire. Enfin, là encore, rien n'empêche un enfant d'utiliser la carte d'un parent d'un tiers. Le même problème se pose avec l'identification par numéro de téléphone. Un opérateur connaît généralement le titulaire du forfait, mais le téléphone d'un adolescent peut être enregistré au nom d'un adulte. Une donnée peut donc être exacte sans correspondre à la personne qui utilise réellement le service.

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