📆 L'HEBDO 06/06 - L’Europe veut briser la dépendance aux GAFAM artwork

📆 L'HEBDO 06/06 - L’Europe veut briser la dépendance aux GAFAM

Monde Numérique | Actualité Tech & IA

June 6, 2026

L’Europe relance la bataille pour sa souveraineté numérique face aux GAFAM • Le Parlement européen adopte Qwant comme moteur par défaut • L’IA affronte le droit d’auteur et Mistral monte au créneau • Anthropic relance le débat sur une pause mondiale de l’IA • SoftBank investit 75 milliards d’euros...
Speakers: Cyril Demonceaux, Jerome Colombain, Raphaël Beaufret, Bruno Guillem Minetti, Boris Lecœur
**Cyril Demonceaux** (0:00)
Monde numérique.

**Jerome Colombain** (0:11)
L'Europe veut se passer des Gafams et reprendre en main son destin numérique, mais a-t-elle les moyens de le faire ? Pour commencer, elle prend des mesures symboliques. Allez, objectif, souveraineté numérique cette semaine dans Monde Numérique L'Hebdo.
L'actu, c'est aussi la bataille de l'intelligence artificielle contre le droit d'auteur, ou l'inverse d'ailleurs, la bataille du droit d'auteur contre l'IA, avec une proposition de loi qui énerve beaucoup le français Mistral. Les milliards pleuvent sur la France pour créer des data centers. Le japonais SoftBank va investir 75 milliards d'euros pour faire des usines à IA. Pendant ce temps, Anthropic propose de mettre l'intelligence artificielle en pause. Ça y est, l'idée revient. La maison-mère de Claude craint le moment où les IA pourront s'entraîner elles-mêmes. De son côté, Microsoft dévoile une panoplie de nouveaux modèles et ses agents intelligents pour la maison, tandis qu'en France, l'Education nationale s'équipe de détecteurs de triche électronique.
Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews de la semaine, le patron de Coante sera mon invité. Il nous expliquera pourquoi le Parlement européen a décidé d'adopter le moteur de recherche français. On va revenir aussi sur Mythos, cette IA chercheuse de bugs qui fait trembler les grandes entreprises. On en parle avec Orange Cyberdéfense. Enfin, troisième volet de la mini série de Monde Numérique sur la tech à l'hôpital. On verra ce que les technologies, et notamment l'IA, peuvent apporter aux hôpitaux publics, en partenariat avec la Fédération hospitalière de France. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'Hebdo du 6 juin 2026

**Raphaël Beaufret** (1:54)
Monde Numérique, Jérôme Colombain.

**Jerome Colombain** (1:58)
Je suis ravi de vous accueillir dans ce nouvel épisode de L'Hebdo de Monde Numérique. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptages, d'interviews, plus d'une heure si vous êtes abonnés à la version premium sur Apple Podcasts ou Spotify. En tout cas, abonnez-vous à Monde Numérique sur la plateforme de votre choix pour recevoir tous les épisodes. L'Hebdo chaque samedi, des interviews, des éditos, des zooms sur les grands sujets tech. N'hésitez pas à commenter et puis mettre ces fameuses petites étoiles, cinq étoiles sur Apple Podcasts. Merci d'avance. Merci pour votre fidélité également ou bien merci d'avoir choisi de cliquer ici si c'est la première fois que vous venez. Vous êtes le bienvenu pour une grande dose d'actu tech et surtout pour tout comprendre au numérique. C'est parti.
Grosse actualité institutionnelle donc cette semaine avec tout d'abord l'Europe qui veut reprendre la main sur son destin numérique et réduire sa dépendance aux géants américains et chinois. Une chanson connue, mais cette fois, ça s'accompagne d'actes. La Commission européenne, en effet, a présenté un plan stratégique pour défendre sa souveraineté technologique. On le sait, la dépendance aujourd'hui est massive. Chaque année, l'Union dépense environ 264 milliards d'euros pour acheter des services numériques à des puissances extérieures, principalement américaines ou asiatiques. Les réseaux sociaux en Europe sont contrôlés à 90 % par les plateformes du groupe Meta, tandis que les systèmes d'exploitation mobile sont quasi exclusivement aux mains d'Apple et de Google. Donc, pour tenter d'inverser la vapeur, eh bien, il faut agir à la fois sur les logiciels, les services et même sur l'infrastructure matérielle. Ainsi, Bruxelles a proposé une mise à jour majeure du règlement sur les puces, le CHIPS Act 2.0. Objectif, sécuriser l'approvisionnement en semi-conducteur, notamment pour les secteurs critiques comme les hôpitaux ou les réseaux énergétiques. Le plan prévoit aussi de réserver certains contrats publics de cloud et d'intelligence artificielle à des fournisseurs européens. Là encore, pour les secteurs les plus critiques comme la sécurité, la défense, etc.
Hena Virkonen, la vice-présidente en charge de la souveraineté technologique, qui a présenté ce plan, explique notamment vouloir éviter un risque de kill switch. C'est l'expression utilisée pour parler de ce risque qu'un fournisseur étranger puisse soudain appuyer sur un bouton d'urgence, c'est-à-dire débrancher ou dégrader des services vitaux en Europe en cas de crise géopolitique. Donc l'intention paraît loyale, mais la question qui reste, c'est comment faire ? Car en fait, peut-on se passer des Gafams ? Certes, il existe des alternatives européennes, mais elles souffrent notamment d'un problème. C'est celui du passage à l'échelle. Selon des experts, les infrastructures actuelles ne pourraient pas supporter une migration massive et immédiate de tous les utilisateurs européens. Premier problème, donc. Et puis, il y a aussi ce paradoxe entre souveraineté et cybersécurité, car stocker ces données localement, certes, garantit une indépendance juridique, mais cela ne signifie pas forcément une meilleure protection technique face aux cyberattaques mondiales par rapport aux moyens colossaux qui ont été investis par les GAFAM. Il faut bien dire qu'on peut reprocher plein de choses à Microsoft, Google ou autres, mais en cybersécurité, ils ne sont pas trop mauvais. En attendant, on se contente donc de mesures symboliques, comme par exemple celle du Parlement européen, qui a annoncé cette semaine le passage au moteur de recherche français Qwant. Depuis le 4 juin, Qwant est donc le moteur par défaut sur les ordinateurs des députés et des employés du Parlement, en tout cas via les navigateurs Edge et Firefox. Une décision qui vise à réduire un peu la dépendance à Google et à mieux protéger les données du personnel, puisque c'est l'atout et le fer de lance de Qwant. On en parle d'ailleurs tout à l'heure avec le patron de Qwant, le français, Boris Lecœur, qui est mon invité. Il reconnaît lui-même que c'est une décision surtout symbolique, mais ce sera l'occasion de faire avec lui le point sur cette entreprise, créée en 2013, rachetée en 2023 par le patron d'OVH, Octave Klaba. Donc rendez-vous dans la deuxième partie de cette émission.

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