**Hugo Décrypte** (0:00)
Préparez-vous, puisqu'une nouvelle forme d'argent pourrait bientôt voir le jour en France et en Europe. La Banque Centrale Européenne se prépare ainsi à la création d'un euro numérique, mais alors que pourrait-il changer pour vous et pourquoi est-ce que tout cela fait autant débat et réagir ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien, et c'est donc le sujet à la une de ces actualités du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes de podcasts. Bon alors déjà, qu'est-ce que c'est que cet euro numérique ? Et bien très concrètement, il s'agirait d'une nouvelle forme de notre monnaie, avec la même valeur qu'un euro classique, donc un euro numérique vaut un euro classique en quelque sorte. Et à l'avenir, on pourrait donc payer de trois façons différentes, en espèces par carte bancaire ou environnement, ou encore en euros numériques. Et en fait pour comprendre ce que ça change, il faut distinguer l'argent sur un compte bancaire et les espèces que l'on a en liquide. Quand votre argent évidemment est géré sur votre compte bancaire, ce ne sont pas des billets qui sont toujours stockés comme ça quelque part et qui vous attendent, il est géré intégralement par votre banque et c'est au cœur de son modèle économique. Ce qui veut dire au passage qu'en cas de crise ou de retrait massif, elle ne pourrait donc pas forcément rendre tout l'argent en liquide à tout le monde de façon immédiate, puisqu'elle ne dispose pas de l'intégralité de l'argent de tout le monde en liquide à un instant T. Les espèces quant à elles, comme les pièces ou les billets, sont donc émis par la Banque Centrale Européenne, la BCE, et une fois dans votre portefeuille, ils vous appartiennent évidemment directement, ils ne dépendent plus de votre banque. Et on en vient donc ici à la troisième option qui pourrait potentiellement voir le jour, l'euro numérique. L'euro numérique, ce serait une sorte de cash digital, lui aussi donc émis par la Banque Centrale Européenne, mais qui serait utilisable sous forme entièrement numérique, via une application par exemple ou via une carte. Alors on va voir dans un instant tout ce qui fait polémique, tout ce qui fait débat, mais déjà on va commencer par voir officiellement pourquoi est-ce que la Banque Centrale Européenne veut mettre en place tout cela. La première raison qui est affichée, c'est l'objectif d'adapter la monnaie de la Banque Centrale Européenne aux nouveaux usages du quotidien. En gros, ils sont partis du constat qu'on paye de moins en moins en liquide. La BCE affirme ne pas vouloir mettre fin officiellement aux liquides, mais simplement selon eux proposer une alternative. L'autre enjeu dont on a beaucoup entendu parler, c'est un enjeu stratégique. L'objectif, c'est de réduire la dépendance aux grands acteurs financiers, notamment les acteurs américains. En effet, aujourd'hui, quand on paye en euros par carte, les paiements vont passer par des réseaux privés. Parmi les réseaux privés les plus connus, il y a CBE ou encore Visa et Mastercard. Or Visa et Mastercard, ce sont deux géants qui sont américains. Autrement dit, même si vous payez en euros avec votre carte bancaire, l'infrastructure qui fait passer le paiement est largement privée et c'est souvent une plateforme qui est non européenne. L'objectif affiché par la BCE, ce serait d'avoir un euro qui serait moins dépendant des systèmes américains, avec un système qui ne passerait pas par Visa ou par Mastercard. Et même si beaucoup estiment qu'il y a des alternatives à l'euro numérique pour répondre à ce problème, on va revenir là-dessus dans un instant. Un bon exemple pour comprendre cet enjeu, c'est le cas de Nicolas Guyoux, un juge français à la Cour pénale internationale. Il a été, comme d'autres juges d'ailleurs dans le monde, placé sous sanction par l'administration de Donald Trump. Et pourquoi est-ce qu'il a été sanctionné ? Et bien, après avoir émis des mandats d'arrêt visant des responsables israéliens, dont le Premier ministre, Benjamin Netanyahou. Depuis, il a donc interdiction de se rendre aux États-Unis, mais il a aussi des sanctions qui interdisent à toute entreprise américaine de lui fournir des services. Résultat donc, il ne peut plus utiliser de carte bancaire Visa ou de carte bancaire Mastercard. Et là, c'est à l'échelle de quelques individus. Mais le risque, selon certains, c'est d'avoir à l'échelle plus globale. En cas de conflit avec les États-Unis, et bien le président américain qui décide comme ça de couper un certain nombre de services. On a parlé des risques sur l'intelligence artificielle ces derniers jours, mais là, c'est donc un autre risque avec des entreprises comme celle-ci. Autre point par ailleurs qu'il faut souligner, l'Union européenne est loin d'être la seule à développer tout ça. La Chine est en train de mettre en place quelque chose de similaire. Je sais que tout ça peut faire penser à la question des crypto monnaies. Il y a quand même des différences assez majeures, contrairement aux crypto monnaies dont la valeur peut fluctuer fortement. L'euro numérique a un objectif d'avoir un cours fixe. Donc un euro numérique, encore une fois, vaudrait toujours exactement un euro. Par contre, ce qu'on peut noter, c'est qu'il semblerait que la Banque centrale européenne souhaite concurrencer les stable coins. Les stable coins, qu'est-ce que c'est pour ceux qui ne connaissent pas ? C'est donc des crypto monnaies qui sont conçues pour conserver une valeur stable en étant adossée à une monnaie comme l'euro ou le dollar. Mais ce qu'il faut noter aujourd'hui, c'est que ces stable coins sont très largement adossées au dollar. Bref, il y a quand même certains rapprochements, et c'est ce qui fait que ça fait aussi autant débat dans ce milieu. Bref, le Parlement européen a donc donné son feu vert au lancement du projet d'euros numériques. C'est attendu pour l'instant pour 2029 Mais attention, il y a encore énormément de questions à l'heure actuelle. Et je le disais, énormément de choses qui font encore fortement débat. Déjà sur le plan opurement technique, l'Union européenne, s'il souhaite le mettre en place, va devoir mettre en place de nombreux systèmes, de nombreuses infrastructures. Certains se demandent si tout cet investissement vaut réellement le coup. Par ailleurs, il s'agit d'une infrastructure critique qui devrait être fortement protégée pour éviter toute cyber attaque, qui pourrait donc potentiellement compromettre un certain nombre de données personnelles. Par ailleurs, certains craignent que l'Union européenne à terme puisse, avec cet euro numérique, conditionner cet euro numérique, par exemple avec des restrictions sur certains achats, à des limites aussi dans le temps sur le moment dont on peut le dépenser. Bref, en quelque sorte, que cet argent puisse potentiellement être versé ou géré sous conditions. Alors la Banque centrale européenne affirme que ce n'est absolument pas l'objectif de l'euro numérique aujourd'hui, mais ses opposants craignent que à terme, et bien cet outil puisse être contourné en quelque sorte pour avoir comme ça certaines restrictions sur la façon dont l'argent peut être utilisé. Ils mettent en avant le fait que c'est quelque chose qui a déjà été expérimenté dans d'autres pays du monde. Bon et plus largement en fait, chez une partie de la population, c'est là où ça suscite une crainte, là où l'argent liquide évidemment est beaucoup moins traçable. L'euro numérique potentiellement peut permettre un suivi plus important. On peut noter sur ce sujet que la CNIL, la CNIL qui donc veille à la protection des données en France, a déjà appelé à la vigilance sur ce point, en demandant notamment la mise en place d'un mode hors ligne. Un mode hors ligne donc où les transactions ne seraient pas enregistrées. Dernier point là dessus, je le disais, l'un des enjeux qui est mis en avant, c'est un enjeu de souveraineté, mais certains estiment que pour faire face donc à Visa ou à Mastercard, il n'y a pas forcément besoin d'un euro numérique. On pourrait par exemple développer le système CB. CB je le disais, c'est un système un peu comme Visa ou Mastercard. C'est un système qui est français et certains militent pour sa refonte ou son développement, pour qu'il puisse être donc utilisable notamment en dehors de la France, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Maintenant en tout cas pour cet euro numérique, l'Union Européenne affirme qu'il pourrait être utilisé même en cas de panne de réseau et qu'il reposera sur un système avec des frais de transaction nettement allégés par rapport à Visa et Mastercard, qui prennent une commission parfois importante. On notera au passage, et on terminera là-dessus, que les banques sont opposées pour la plupart à cet euro numérique, et ce pour deux raisons. D'abord, elles craignent que leurs clients puissent transférer leurs économies de leur compte en banque vers l'euro numérique, ce qui représenterait forcément pour les banques une perte considérable. A noter par ailleurs que de nombreuses banques possèdent des contrats avec Visa ou Mastercard, et qu'ils touchent parfois une certaine commission, notamment une forme d'affiliation. Donc forcément, elles ne voient pas d'un bon œil à l'idée d'avoir une forme de concurrence d'une certaine façon. En tout cas, pour l'heure, la Banque Centrale Européenne propose que le portefeuille d'euros numériques ne dépasse pas les 3 euros maximum par personne. Alors on va suivre tout ça évidemment dans les prochains jours. Tout ce qui fait débat est plus largement l'évolution de la situation. N'hésitez pas à me dire si ce genre de sujet vous intéresse. C'est rarement à la une de l'actualité, mais ça me paraît intéressant de faire un point factuel sur ce que l'on sait sur tout ça, et de voir tous les débats sur le sujet. Je rappelle au passage rapidement que vous pouvez suivre ce format des actus du jour, ainsi que toutes mes interviews directement en podcast. Je vous mets le lien en description, autrement vous tapez HugoDécrypte sur votre application de podcast. N'hésitez pas à vous abonner, vous êtes de plus en plus nombreux là bas. Je vous laisse avec Blanche pour le reste de l'actualité du jour, et je reviens juste après pour un bon plan et la bonne nouvelle du jour.
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