**Hugo Décrypte** (0:00)
Et si ChatGPT appartenait au gouvernement américain ? C'est une proposition historique. OpenAI, qui développe donc ChatGPT, proposerait de céder 5 % de son entreprise au gouvernement américain. Et vous allez le voir, c'est un signe de plus du rapprochement historique entre les IA américaines et le pouvoir, avec énormément de questions qui se posent. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. Et c'est donc le sujet à la ligne de ces actualités du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio, sur toutes les plateformes de podcasts. Vous êtes d'ailleurs de plus en plus nombreux en podcasts ces derniers jours, soit sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer ou autres. Et pour les nouveaux, n'hésitez pas à taper HugoDécrypte et à vous abonner directement pour découvrir tout ça. Alors attention, rien n'est encore officiel, mais selon le Financial Times, qui cite deux personnes anonymes très proches du dossier, et bien Sam Altman, le PDG d'OpenAI, avancerait l'idée de partager ses intérêts financiers directement avec le gouvernement américain. Et aujourd'hui c'est donc 5 % du capital de l'entreprise qui est évoqué. Ce serait l'équivalent de plus de 40 milliards de dollars qu'on prend la valorisation actuelle de l'entreprise. Et donc concrètement, si l'État américain devient actionnaire de l'entreprise, ça veut dire que si OpenAI génère beaucoup d'argent à l'avenir, l'État américain encaissera lui aussi une partie de ses profits. Et là-dessus, il y a forcément énormément de choses qui peuvent se poser. D'abord, si l'État devient actionnaire de l'entreprise, ça veut dire qu'une fraction de l'argent généré par OpenAI va donc remonter directement dans le budget de l'État. Dans ce cas, OpenAI et le gouvernement américain pourraient alors dire, au moins dans leur communication, que la population américaine profite d'une certaine façon elle-même de l'IA. Et sur le papier, je dis bien sur le papier, c'est un argument qui vient tenter de s'opposer forcément au questionnement très important que pose l'intelligence artificielle. L'inquiétude qu'une telle révolution puisse enrichir une petite élite au dépend d'une majorité qui, par exemple, pourrait perdre son emploi ou encore être impactée par la consommation énergétique de ses outils. Dans une telle situation, le gouvernement et OpenAI pourraient tenter de défendre que l'IA ne va pas seulement aux actionnaires privés mais qu'en théorie, j'ai dit bien là aussi, en théorie, ça pourrait permettre de financer des écoles, des hôpitaux, etc. Mais attention évidemment, même si l'idée peut paraître très vertueuse sur le papier, absolument rien ne garantit que l'administration américaine utiliserait ses fonds pour davantage de justice sociale ou autre. Tout dépendra en fait des futurs choix budgétaires. Bref, pour dire les choses, on n'en sait strictement rien. Et aujourd'hui, si un tel accord est fait, c'est uniquement de la communication. L'autre point qui est évoqué par beaucoup d'observateurs, c'est le fait qu'une participation de l'État dans une entreprise privée laisse forcément présager des risques de conflits d'intérêts. En soi, ce n'est pas quelque chose de nouveau, puisque l'État en soi est lui aussi actionnaire, y compris en France, de nombreuses entreprises. Mais là, évidemment, l'IA, c'est un sujet qui est extrêmement chaud. Et donc, d'un côté, on peut avoir un État qui est censé réguler l'intelligence artificielle, mais forcément, en parallèle, s'il est actionnaire, il a tout intérêt aussi à ce que l'IA prospère pour gagner plus d'argent. Et donc, on est dans une situation potentiellement ambigue. Et encore là, on parle donc d'une prise de capital par l'État américain, et donc pas directement par des individus, Donald Trump ou autres. Mais c'est finalement un rapprochement qui vient illustrer des tendances plus profondes, de rapprochement très important entre les géants technologiques et l'État américain. Alors ici, on parle d'Open AI, mais on sait que d'autres entreprises seraient dans des discussions similaires. Et c'est un point qui a beaucoup été analysé ces dernières années, cette alliance entre le pouvoir politique incarné ici par Donald Trump et les géants technologiques. C'est une alliance inédite, aux conséquences potentiellement immenses. Encore une fois, elle a fallu lancer parce qu'on parle de l'État américain, qui restera donc là après Donald Trump. Mais ce rapprochement entre politique et technologie, ça a été évoqué par de nombreux chercheurs. Certains chercheurs parlent d'un rapprochement important, d'autres évoquent une forme de techno-fascisme avec un pouvoir étatique et un pouvoir technologique qui reste renforcé. Alors la politologue Asma Mallah de son côté n'utilise pas ce terme de techno-fascisme, mais elle parle du risque d'une nouvelle forme de totalitarisme. Si jamais vous voulez plus d'informations sur ce sujet là et sur les débats qui entourent toute cette question, je vous mets le lien de mon interview de Asma Mallah directement en description. C'est plus d'une heure d'échange sur ce sujet là. En tout cas, Sam Altman semble donc avoir très bien compris ce qu'il avait à gagner. Et en effet, il pourrait estimer que faire entrer l'État américain au capital de son entreprise, ce serait peut-être le meilleur moyen d'éviter toute confrontation directe et toute régulation donc qui serait hostile à son développement. Et cette situation, elle a encore plus d'actualité quand on voit tout ce qui se passe récemment. On en a parlé dans ce format. Il y a eu cette forme de guerre ouverte ces derniers mois entre Donald Trump et Anthropik, Anthropik qui développe notamment Claude. Il y a eu donc des modèles plus puissants qui ont été coupés, puis finalement autorisés avec la réintroduction notamment de Fables il y a quelques jours, avec un cadre plus restreint et plus contrôlé. On sait aussi que le lancement du dernier modèle d'OpenAI, GPT 5.6, a été fait sous tutelle directe du gouvernement américain qui a validé qui pourrait y accéder ou non. Bref, en tout cas, c'est sûr que pour les États-Unis, c'est une infrastructure absolument stratégique. Alors maintenant, encore une fois, il faut annoncer que le Financial Times souligne que ces discussions, elles sont encore un stade préliminaire. Donc, ce n'est pas quelque chose qui a été encore signé et acté. Autrement dit, l'État américain n'est pas encore actionnaire de OpenAI. Il faudra voir comment ça évolue. Par contre, encore une fois, on sait que l'État américain a la capacité dès aujourd'hui de mettre la pression sur ces géants-là. On a déjà évoqué d'ailleurs ces derniers jours le risque pour l'Europe avec, par exemple, en cas de guerre commerciale entre les États-Unis et l'Europe, une volonté potentielle des États-Unis de pouvoir couper ces services d'IA américains directement aux Européens. Bref, on aura l'occasion de suivre tout ça. Évidemment, je vous tiens au courant. Je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour. Et je reviens juste après.
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