Topics: News, Society & Culture
**David Daudignon** (0:00)
Bonjour à tous.
**Guillaume Pley** (0:00)
Aujourd'hui, émission sur l'alcoolisme. On reçoit David qui a été alcoolique pendant 10 ans et sa femme Christel qui l'a connue avant et surtout pendant cette addiction. David, pour que vous comprenez bien, il buvait des bières dès le matin et plus de 1,5 litres de vodka par jour. C'est un sujet qu'on aborde aujourd'hui dans Legend Story parce qu'en France, 4 millions de personnes sont concernées par une dépendance ou un risque élevé de dépendance à l'alcool, selon le gouvernement, et près de 50 personnes en meurent chaque année. Si jamais vous ou un de vos proches est touché par l'addiction à l'alcool, il existe un numéro national, le 0-980-980-930.
Et aujourd'hui, la bonne nouvelle dans l'histoire de David, c'est qu'il ne boit plus une seule goutte d'alcool et il va nous raconter comment il a réussi à s'en débarrasser, alors que c'était vraiment pas gagné. Et il est venu avec sa femme Christel, c'est tout de suite sur Legend.
Bonjour David. Bonjour. Tu es accompagné de ta femme pour nous raconter les 10 années où l'alcool t'a poussé au plus bas, avant que tu tombes vraiment malade alcoolique. T'avais quelle vie de famille avec Christel, tes enfants ? Ça ressemblait à quoi votre quotidien ?
**David Daudignon** (1:00)
Alors avant que je sois malade, on était vraiment, je veux dire, la famille heureuse, on était tout jeune. Dès qu'on a des enfants, on joue aux adultes, on savait pas ce que c'était. Mais par contre, il y avait toujours ce côté festif le week-end. On pouvait très facilement faire garder les enfants ou on les amenait, mais ça m'empêchait pas de consommer. Jamais je me suis dit, bon là, attention, ce soir il y a les enfants, mais pour moi, c'était une vie normale. Et surtout dans mon environnement, j'ai envie de dire, on se ressemblait tous beaucoup.
C'était...
Ouais, presque, on disait presque, on nous met dans un champ de maïs, s'il y a de l'alcool, on va s'éclater. On n'avait besoin de rien d'autre.
**Christel Daudignon** (1:45)
Alors avec David, en fait, on s'est connu à l'âge de 16 ans.
17 ans, on sort ensemble et on ne s'est plus jamais quitté. On a grandi ensemble, on a toujours été très liés, très complices, les meilleurs amis, des projets communs absolument extraordinaires. Donc on a toujours partagé ça. En plus, on est dans une région où c'est très festif, il y a les férias, nous, on était dans la musique, les concerts, donc beaucoup d'alcool. L'alcool a toujours été présent, fait partie de notre culture et l'alcool n'a jamais été un problème. Au contraire, c'était l'ami de toutes les fêtes. C'était vraiment ce qui nous permettait de passer des joyeux moments, qui nous faisait rire parce que c'est toujours drôle, une personne qui est un peu bourrée. Et voilà, donc en fait, l'alcool, c'était plutôt quelque chose de super sympa même. Et c'était aussi des moments d'intimité en couple quand on partage une petite bouteille de vin, une bouteille de champagne et puis on va à des soirées comme ça, ça peut être très sympa aussi dans un couple. Mais ni moi ni lui, on n'a jamais vu ça comme un problème. Ça n'était absolument pas un problème, au contraire même.
**Guillaume Pley** (2:53)
Il y a des moments où tu étais alcoolisé et tu ne te reconnaissais plus, tu étais violent avec ta femme.
**David Daudignon** (3:00)
En fait, quand on est sous alcool et moi j'étais dans des doses extrêmes, un litre et demi de vodka par jour, j'ai mélangé des benzodiazépines, enfin je ponais entre 10 et 15 Valium par jour ou CRS à 50 Il n'y a de quoi vraiment mal traiter un rhinocéros, j'ai fait ça pendant 6 ans. Et Christel me disait souvent, ça c'était Dr. Jekyll, Mr. Hyde quoi. Il y a un moment donné, la consommation est telle que cette colère que j'avais en moi, il fallait qu'elle sorte. Je ne la comprenais pas, je ne savais pas d'où elle venait, je ne savais pas me l'expliquer et je n'avais pas ni le vocabulaire ni le courage pour parler de tout ça. Et donc, comme ça ne pouvait pas sortir, mais ça me mettait dans des...
Il fallait que quelqu'un prenne ça. Et ça a été le plus souvent ma famille.
**Christel Daudignon** (3:51)
Je suis restée, oui, alors je ne sais pas si on peut appeler ça du courage. Moi je dirais plutôt que c'est de la foi, ça a beaucoup de foi, parce que je n'ai jamais lâché... Je n'ai jamais oublié la personne qui était derrière celui qui buvait en fait. Cette personne-là, je ne l'ai jamais oubliée. Donc je pense que c'est plutôt cette foi-là qui a fait que j'ai tenu et surtout plus que de courage, c'est de la détermination. La détermination à vouloir retrouver, en tout cas ne pas perdre la personne que j'aimais déjà, la famille qu'on avait fondée ensemble. Voilà, et puis après je suis restée aussi pour...
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