**Thomas Baumgartner** (0:02)
Bonjour à toutes et à tous, je suis Thomas Baumgartner et il est L'Heure du Monde.
Aujourd'hui, il y a-t-il en 2026 des profiteurs de guerre ? De la question des super-profits, on a glissé ces derniers temps au terme de profiteurs de guerre. De quelle guerre ? La période offre malheureusement le choix. Iran, Ukraine, Liban. Profiteur de guerre, l'expression sort directement des replis de l'histoire et résonne comme une accusation d'immoralité. Le profiteur abuse de la situation à son profit. Le profiteur de guerre, c'est l'inverse du héros de guerre. C'est son négatif, une figure face à laquelle on en appelle souvent à l'action de l'Etat pour une intervention destinée à rétablir moralité et justice. Profiteur de guerre, le mot a été lâché notamment à gauche à l'égard de TotalEnergies. La multinationale française de l'énergie a réalisé 5,8 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2026 Et Patrick Pouyanné, son PDG, va être auditionné ce mercredi 17 juin par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Alors, l'accusation est-elle justifiée ? Est-ce que TotalEnergies est coupable d'avoir spéculé sur la guerre ou simplement d'avoir cherché à renforcer son indépendance énergétique ? Que veut et que peut l'État en 2026 face aux profits hors normes d'industriels en temps de guerre ? Marie de Vergès est journaliste au service économie du Monde. Elle a récemment signé un portrait du patron de TotalEnergies titré La crise pétrolière lui va si bien. Elle est avec nous pour évoquer comment les entreprises vivent et s'adaptent en temps de guerre et comment elles répondent ou pas aux questions morales qui vont de pair avec le profit qu'elles génèrent. Y a-t-il des profiteurs de guerre en 2026 ? Un épisode de Yann Plantier, réalisation Quentin Tenaud.
Imaginez-vous où nous sommes en 1917, en France. C'est l'été et c'est la guerre.
Au comptoir d'un café ou sur le quai d'une gare, vous ouvrez le journal L'Humanité. À la dernière page, à côté d'une publicité qui vous propose d'acheter par correspondance un portrait de Jean Jaurès pour 1,55 francs, vous tombez sur un article qui vous attire l'œil.
**SPEAKER_3** (2:22)
La spéculation sur les vins s'étend et s'aggrave. Il faut sévir.
**Thomas Baumgartner** (2:28)
Evidemment, avec un titre comme ça, difficile de ne pas lire.
**SPEAKER_3** (2:31)
Alors, vous lisez.
Absorbé à des doses modérées, le vin est un excellent stimulant pour toute personne devant produire un effort physique assez considérable, spécialement par conséquent pour les soldats et les ouvriers. Or, il se fait actuellement un honteux agiotage sur cette denrée.
**Thomas Baumgartner** (2:51)
L'article s'insurge. Il faut protéger le soldat en permission, l'artisan dans les grandes villes ou l'ouvrier dans les champs. L'Etat doit agir contre ceux qui font artificiellement monter les prix, les coupables de l'agiotage, un terme qui mélange l'idée de spéculation et de manipulation des prix. Et l'Etat doit mettre en place une taxe, une taxe sur les vins. L'article conclut.
**SPEAKER_3** (3:11)
Le pinard pour les soldats et pour les ouvriers, payer un juste prix, suffisamment rémunérateur, oui, sans doute.
Mais non pas le vin, à un taux dont l'élévation permettrait aux forbans de l'agiotage de réaliser des fortunes scandaleuses à l'ombre des tentes des grands cafés et à l'abri de la défense que leur font de leurs poitrines les héros qui luttent et souvent meurent sur les champs de bataille. Que le gouvernement n'ait aucune hésitation, ne ménage aucun louche intérêt et sévisse impitoyablement.
**Thomas Baumgartner** (3:58)
Bonjour Marie.
**Marie de Vergès** (3:59)
Bonjour Thomas.
**Thomas Baumgartner** (4:00)
La spéculation et la manipulation du prix du vin, les marchands de vin profiteurs de guerre, c'était donc pendant la première guerre mondiale. On parlait déjà du consommateur qui subit et de l'Etat qui doit intervenir. Mais avec toi, on est bien en 2026 Et au cœur de la question, il y a donc plutôt le prix de l'essence que celui de l'alcool.
Les profits qui vont avec. Au premier trimestre 2026, TotalEnergies a réalisé 5,8 milliards de dollars de profits. Pourtant, à première vue, on pourrait se dire que la situation au Moyen-Orient devrait affecter durement l'industrie pétrolière. Alors comment TotalEnergies a-t-il réussi à dégager ses profits ?
**Marie de Vergès** (4:35)
Alors ce qu'il faut avoir à l'esprit, c'est que Total est un groupe intégré. Ça veut dire concrètement qu'il est présent sur toute la chaîne, depuis le puits de pétrole jusqu'à la fin à la station de service. Alors c'est vrai que ça reste un peu contre-intuitif parce que effectivement, avec le Moyen-Orient, il a perdu une partie de sa production et pas petite, 15 %.
Mais c'est largement compensé par la hausse du prix du baril et du gaz. En gros, son coût d'extraction reste le même et sa marche bénéficiaire, elle elle écommente de façon colossale. Et ça, sans qu'il ait eu besoin d'investir davantage ou qu'il ait fait preuve d'une innovation particulière. C'est vraiment le résultat mécanique de la hausse des prix du baril.
17 more minutes of transcript below
Try it now — copy, paste, done:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090
Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000772892893