William Kadouch-Chassaing : "Eurazeo est une société qui combine croissance, transformation et très haut rendement" artwork

William Kadouch-Chassaing : "Eurazeo est une société qui combine croissance, transformation et très haut rendement"

Ecorama

June 1, 2026

William Kadouch-Chassaing, co-PDG d’Eurazeo, était l’invité de l’émission Ecorama du 1er juin 2026, présentée par David Jacquot sur Boursorama.com.
Speakers: David Jacquot, William Kadouch-Chassaing
**David Jacquot** (0:07)
Votre invité à présent dans la grande interview en direct sur Boursorama, c'est William Kadouch-Chassaing, coprésident de Eurazeo. Bonjour.

**William Kadouch-Chassaing** (0:14)
Bonjour.

**David Jacquot** (0:14)
Merci de être avec nous sur Boursorama.
Alors, je me disais, est-ce que sur 2026, vous êtes sur une tendance de collecte qui est aussi favorable qu'en 2025 ? 2025, c'était bon, 5,5 milliards d'euros. L'an dernier, vous avez fait 1,1 milliard de collecte au premier trimestre 2026 C'était, j'ai vu le chiffre, 900 millions d'euros. Premier trimestre 2025, satisfait-ce que c'est la même tendance ?

**William Kadouch-Chassaing** (0:37)
Ça fait trois ans que Eurazeo est sur une tendance qui est cohérente avec des prises de parts de marché. C'est-à-dire que nous, on a une croissance de collecte qui est à deux chiffres.

**David Jacquot** (0:46)
40 milliards aujourd'hui.

**William Kadouch-Chassaing** (0:47)
Alors nos objectifs suggestions sont 40 milliards. Notre collecte est plus proche de 5 milliards, 4-5 milliards par an. Ça fait trois ans qu'on a une collecte qui est en croissance chaque année à deux chiffres. Les trois dernières années, c'était en moyenne 22-23 % dans un marché qui est un peu à taune.
Et donc, effectivement, au premier trimestre, on a de nouveau plus 11 % par rapport à la période de référence de l'an dernier.

**David Jacquot** (1:09)
Les chiffres ressemblent à 900 millions en 2020

**William Kadouch-Chassaing** (1:11)
Absolument. Un milliard cent sur le premier trimestre, 900 millions sur l'an dernier.
Donc voilà, on va rester prudents. Je vais écouter très attentivement l'échange avec Jean-Claude Trichet. On est dans un contexte qui est quand même plutôt difficile et incertain, mais on continue de construire notre plateforme avec des gains de part de marché.

**David Jacquot** (1:30)
Donc, vous confirmez votre montée en puissance parce que le modèle, Eurazeo est en train de se transformer. Je veux dire, Eurazeo d'il y a 5-10 ans n'est pas le Eurazeo d'aujourd'hui.

**William Kadouch-Chassaing** (1:41)
C'est un modèle en transformation très profonde qui est sur plusieurs aspects. C'est d'abord un modèle qui a décidé de changer de modèle d'affaires. Maintenant, nous sommes purement un gestionnaire d'actifs.

**David Jacquot** (1:53)
Alors qu'avant, vous étiez...

**William Kadouch-Chassaing** (1:54)
Avant, on était un modèle hybride entre de la gestion d'actifs et un modèle de holding.
Donc aujourd'hui, on est un modèle d'asset manager, de gestionnaire d'actifs avec effectivement l'avantage d'un bilan important. Et puis, c'est un modèle qui a choisi son positionnement. C'est qu'on est un des rares opérateurs de nos marchés, c'est-à-dire les marchés privés, la gestion alternative, qui opère à cette taille avec une dynamique de plateforme, c'est-à-dire avec plusieurs classes d'actifs, du buy-out, du preit equity jusqu'à la dette, avec une focalisation, qui est l'Europe et les entreprises de taille petite et moyenne, qui est pour nous l'endroit où nous sommes le plus légitimes et l'endroit où il y a le plus de transformations possibles.

**David Jacquot** (2:38)
On sait que ce que vous en parlez, William Kadouch-Chassaing, du crédit privé qui craque, qui craque un petit peu, on va dire plutôt aux États-Unis. Pas d'inquiétude sur l'Europe pour les acteurs du secteur et pour les épargnants aussi.

**William Kadouch-Chassaing** (2:53)
D'une manière générale, je pense qu'on peut quand même être prudent sur la question du cycle de crédit de manière plus globale, que ce soit du crédit bancaire, des instruments de marché ou du crédit privé. Ça a été dit tout à l'heure par Jean-Claude Trichet. On rentre dans une période qui, potentiellement, peut être un peu plus compliquée compte tenu des niveaux d'endettement globaux d'une part et du niveau de taux d'autre part. Cela étant, il y a une différence fondamentale dans le crédit privé entre la manière dont on s'est fait en Europe et en particulier dans le segment où nous sommes nous, c'est-à-dire la petite entreprise où les crédits sont structurés de manière beaucoup plus sécurisée et ce qui s'est passé aux États-Unis avec des effets de levier très importants, avec souvent des sécurité beaucoup plus faibles, avec des documentations beaucoup plus faibles et beaucoup de nouveaux entrants qui, contrairement aux entrants un peu plus anciens dans ce marché, ont peut-être pris des risques que d'autres n'auraient pas pris et certainement que nous n'aurions pas pris. Donc, premier message, rien n'est immune si les choses se dégradaient massivement, mais il est clair que je pense qu'aujourd'hui, en tout cas pour ce qui concerne le crédit privé, on surestime un peu sa taille relative. Le crédit privé, c'est un segment qui reste minoritaire dans l'ensemble de la dette. Par ailleurs, les effets systémiques à partir du crédit privé me semblent assez surestimés aussi, parce qu'il faudrait pour ça qu'il y ait une contamination possible dans le système bancaire. Est-ce que par ailleurs, il peut y avoir quand même un peu des moments un peu difficiles sur le cycle de crédit compte tenu de la volatilité à laquelle nous serons ? Oui.

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