**SPEAKER_1** (0:00)
ETI Radio, la web radio 100 % dédiée aux dirigeants d'entreprises de taille intermédiaire, co-animée par Alain Marty et Richard Fremder en partenariat avec Carmine Capital, le groupe Henner et Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels.
Bonjour à toutes et bonjour à tous. Bienvenue à bord de ETI Radio. Vous êtes plus de 14 dirigeants d'entreprises abonnés à nos podcasts. Nous vous remercions d'être toujours plus nombreux à nous écouter chaque semaine. Et bien sûr, vous pouvez réagir sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, nous recevons Kevin Polizzi. Bonjour Kevin.
**Kévin Polizzi** (0:35)
Bonjour.
**SPEAKER_1** (0:35)
Vous êtes le Président d'Unitel Group. Avant de parler de votre quotidien au travail, de votre passion d'entrepreneuriat, je voudrais qu'on remonte un petit peu le cours de votre vie.
Vous avez vu le jour à Marseille. C'est une ville qui compte beaucoup pour vous. Et vous dites que quelque part, cette ville de Marseille a influencé votre parcours d'entrepreneur. Dans quel sens ?
**Kévin Polizzi** (0:57)
C'est une réalité. Déjà, c'est une ville historique qui est idéalement positionnant méditerranée. C'est une ville dans laquelle il y a beaucoup de courants culturels, beaucoup de différences et puis parfois aussi un petit peu trop éloigné de Paris. Donc, lorsqu'on entreprend de créer une entreprise à Marseille, on est dans des réflexes fondamentaux et ça nous permet vraiment d'aborder le sujet avec beaucoup de résilience et immédiatement d'avoir ce réflexe, d'aller voir ce qui se passe dans les régions, d'aller faire des rencontres et finalement de construire un réseau de manière très très accélérée.
**SPEAKER_1** (1:30)
Alors, on va voir un peu comment vous êtes débrouillé dans votre carrière professionnelle. Au départ, vous aviez une formation technique dans l'informatique, mais vous êtes surtout, vous nous avez dit, un autodictacte, entrepreneur, formé sur le terrain, il n'y a rien de mieux, mais sur le terrain entouré d'équipes. C'est important pour vous le travail d'équipe ?
**Kévin Polizzi** (1:50)
C'est essentiel, surtout lorsqu'on entreprend dans une technologie qui n'existe pas encore. On est au début des années 2000, on est dans le monde du cloud, on est à la fin de notre cycle d'études, puisque lorsqu'on démarre ce métier-là, on a finalement tous les handicaps, celui de l'âge, celui de l'argent, et puis celui d'un marché qui n'existe pas. Donc il faut très vite s'entourer, très vite avoir quelques convictions, et puis les défendre, et même lorsqu'on vous dit que le cloud, ça n'existera jamais et que ça ne fonctionnera pas, on s'aperçoit finalement, 20 ans après, que les plus grandes capitalisations boursières mondiales sont des acteurs du cloud.
**SPEAKER_1** (2:28)
Alors votre première très grande aventure, c'est la création de Jaguar Network, que vous signez, que vous fondez à Marseille, écoutez bien, le 11 septembre 2001 Et vous dites, oui ça a été un jour catastrophique pour l'ensemble du monde, mais ça vous a apporté quelque chose, cette signature, ce fameux 11 septembre 2001
**Kévin Polizzi** (2:52)
Pour tout le monde, c'est le souvenir du World Trade Center qui s'écroule dans des conditions apocalyptiques. Pour nous, c'est une vision où 50 % de l'Internet disparaît.
On s'aperçoit alors de l'importance des réseaux, ce qui à l'époque était anecdotique, si je n'ai pas mon email quelques heures, ce n'est pas grave. C'est avéré très vite devenir un besoin critique. Donc, le 11 septembre 2001, le jour de la création de Jaguar Network, on comprend qu'il faut aller dans l'excellence technique, dans l'ingénierie. On est correctement doté en France pour réaliser ces exploits et on s'aperçoit finalement, dès quelques années après, que tous ces flux de e-commerce, tous ces flux bancaires sont aujourd'hui des impondérables. Le numérique, c'est le quatrième flux. Après l'eau, l'électricité, l'air, on a besoin du numérique aujourd'hui pour survivre et il faut un numérique assez performant, puissant, résilient. Et ça, c'est notre métier.
**SPEAKER_1** (3:46)
Vous avez parlé d'excellence. À cause de ce drame arrivé, finalement, vous auriez pu avoir une vie d'entrepreneur beaucoup plus cool, en vendant des produits peut-être plus bas de gamme. Là, vous avez foncé pour dire il faut qu'en France, on puisse donner une offre d'excellence.
**Kévin Polizzi** (4:05)
Oui, ce qui, à 20 ans, s'appelait la souveraineté n'était absolument pas considéré par le marché.
Aujourd'hui, depuis quelques mois, ça devient une priorité stratégique, une survie pour un nombre certain d'entreprises. Et donc, le fait d'avoir eu le temps de démarrer, il y a maintenant quasiment 25 ans, à construire briques après briques, à vaincre marche après marche. On est très heureux de l'avoir fait parce qu'à l'époque, le cycle entrepreneurial était un petit peu moins accéléré qu'aujourd'hui. On avait moins d'immédiateté et puis surtout, les technologies n'étaient pas matures. Il a fallu construire, tester, valider et puis convaincre. Et je crois qu'avoir à la fois ce bagage technique et finalement un bagage commercial qu'on a inventé au quotidien, nous aide aujourd'hui à être énormément pédagogues pour comprendre un super cycle qui est celui de l'intelligence artificielle. On est très heureux d'être passé par le cycle du cloud juste avant puisqu'on est en train de reproduire quasiment mot pour mot les mêmes sujets, sauf que ce qu'on a réalisé en 20 ans, aujourd'hui, il faut le réaliser en quelques mois.
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