Pourquoi classer et inscrire aux Monuments Historiques ? - Avec Cédric Ludwikowski - EXTRAIT artwork

Pourquoi classer et inscrire aux Monuments Historiques ? - Avec Cédric Ludwikowski - EXTRAIT

Nota Bene

August 4, 2026

J’ai reçu récemment dans un nouvel entretien historique Cédric Ludwikowski, qui est un spécialiste des beffrois, et qui a activement participé à l’inscription des beffrois du nord de la France au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Speakers: Benjamin Brillaud, Cédric Ludwikowski
**Benjamin Brillaud** (0:02)
Mes chers camarades, bien le bonjour ! J'ai reçu récemment dans un nouvel entretien historique Cédric Ludwikowski, qui est un spécialiste des Béfrois et qui a activement participé à l'inscription des Béfrois du Nord de la France au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans cette émission, on a pu aborder autant l'histoire de ces édifices que les inscriptions au patrimoine mondial en elles-mêmes. D'où ça vient, comment ça fonctionne. Et ça, vous pourrez l'écouter en intégralité dans quelques jours sur le podcast. Mais en attendant, il y a un point que je ne trouve pas très clair, la différence entre cette inscription au patrimoine mondial et les classements et les inscriptions au monument historique qu'on a en France. Donc j'ai posé la question à Cédric et je vous propose d'écouter sa réponse. Bonne écoute !
Est-ce que tu peux détailler un petit peu le classement des monuments historiques en France ?

**Cédric Ludwikowski** (0:47)
Les monuments historiques, c'est un texte de loi français qui remonte à 1913, dont l'objectif est l'identification et la protection du patrimoine architectural français. On a instauré deux niveaux de protection différents, d'un côté l'inscription, d'autre côté le classement. Et le choix entre ces deux niveaux de protection, il est notamment lié par exemple à des spécificités architecturales, la qualité architecturale de l'édifice en question, sa rareté. Et c'est ce qui va opérer le choix entre l'inscription et le classement. Globalement, un site classé Monuments Historiques, on va considérer qu'effectivement sa valeur historique et architecturale est plus forte qu'un bien inscrit au Monument Historique. Ce qui ne veut pas dire que le bien inscrit n'a pas de valeur, pas du tout. Être inscrit au Monument Historique, c'est déjà montrer une certaine valeur qui va reposer effectivement sur des critères architecturaux qui vont être liés à sa période de construction, qui vont être liés également à son intégralité. C'est-à-dire, est-ce que le bien protégé au Monument Historique, il a fortement évolué depuis sa construction ? Est-ce qu'on a conservé les caractéristiques architecturales importantes et fortes qui permettent sa protection ? Voilà, le Monument Historique, on est réellement sur la protection de l'architecture et du patrimoine français.
Et ce texte de loi, 1913, n'est jamais qu'un des outils que l'on peut utiliser sur le territoire qu'on sait pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle d'un bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial. La valeur universelle exceptionnelle ne peut pas se contenter, si tu veux, d'une simple protection au titre des monuments historiques parce qu'on risque d'occulter un certain nombre de sujets. Par exemple, si on prend les Béfrois, je parlerai tout à l'heure de l'importance des cloches et du rôle des Béfrois dans, j'allais dire, la temporalité des villes. Donc on a ces cloches, ces carrions et donc des carrionneurs qui jouent derrière. Si on se borne à utiliser un texte de loi qui va protéger l'architecture, rien ne garantit que dans 10, 15 ou 20 ans qu'on aura encore des carrionneurs qui vont venir jouer au sommet des Béfrois.
Rien ne va garantir effectivement qu'on aura encore un mécanisme d'horloge et un système de carrions automatiques qui va encore fonctionner. Donc voilà, le Moniment Historique, c'est un espèce, l'architecture, essentiellement qui est protégée. La valeur universelle exceptionnelle recoupe bien d'autres sujets.

**Benjamin Brillaud** (3:31)
Oui, et c'est important de préserver le savoir-faire des carrionneurs parce que je peux vous assurer que j'ai filmé un carrionneur à Saint-Quentin. Vu que ça se transmet bien, les gars, ils adaptent les répertoires modernes. Et donc, entendre du Game of Thrones ou du Star Wars au carrion dans toute la ville, je peux vous assurer que ça vaut le coup.

**Cédric Ludwikowski** (3:47)
Écoute, je plus sois, j'ai eu l'occasion d'entendre Harry Potter sur le carrion de Lyon, la ville de Lyon, un très joli carrion, avec un carrionneur qui officiait également au B-Froide-du-Huez. Il a dépoussieré, on va dire ça un petit peu comme ça, ou en tout cas, il a utilisé des thèmes que l'on connaît tous aujourd'hui. Jouer au carrion, effectivement, ça permet de sensibiliser, en tout cas de toucher un public beaucoup plus jeune, effectivement.

**Benjamin Brillaud** (4:13)
Super important ! Merci à tous d'avoir écouté cet extrait du prochain entretien qui sera disponible très bientôt sur Nota Bene. À bientôt !
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