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Marine Le Pen : les enjeux du procès en appel [REDIFFUSION]

L'Heure du Monde

June 30, 2026

Le 7 juillet, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires européens du FN. Avec en ligne de mire, la confirmation ou non des 5 ans d’inéligibilité de Marine Le Pen, condamnation qui avait été prononcée en première instance.
Speakers: Thomas Baumgartner, Franck Johannès, Corentin Lesueur
**Thomas Baumgartner** (0:03)
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Thomas Baumgartner et il est L'Heure du Monde.
Aujourd'hui, retour sur un procès aux résonances politiques. Le 7 juillet, la Cour d'appel de Paris doit rendre sa décision dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires européens du FN, avec en ligne de mire la confirmation ou non des cinq ans d'inéligibilité de Marine Le Pen, condamnation qui avait été prononcée en première instance. Le 12 février, nous avions consacré tout un épisode de L'Heure du Monde au déroulement de ce procès pour détournement de fonds publics européens et à ces 12 prévenus. Si l'inéligibilité de Marine Le Pen est confirmée, s'en est finie a priori de sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 Et pour la première fois depuis 39 ans, personne ne s'appellera Le Pen dans la course à l'Élysée. Pour tout comprendre du procès en appel des assistants parlementaires européens du FN, en amont des décisions qui seront rendues le 7 juillet, nous vous proposons de réécouter Franck Johannès, le journaliste du Monde qui a suivi chaque journée de ce procès, ainsi que Corentin Lesueur en toute fin d'émission, en charge de l'extrême droite au journal. Procès en appel de Marine Le Pen, que faut-il en retenir ? Un épisode de Marion Bothorel, réalisation Florentin Baume.
Bonjour Franck.

**Franck Johannès** (1:27)
Bonjour Thomas.

**Thomas Baumgartner** (1:28)
Le procès en appel des assistants parlementaires du FN, devenu depuis Rassemblement national, se termine aujourd'hui, jeudi 12 février. Mais nous n'avons bien sûr pas connaissance de la décision de la Cour d'appel qui ne sera connue, elle, au mieux qu'au début de l'été. En revanche, on connaît les réquisitions du parquet, c'est-à-dire ce que les magistrats du ministère public ont requis, ont demandé comme peine pour les différents prévenus. Pourquoi est-ce que c'est un moment particulièrement attendu lors d'un procès, les réquisitions, Franck ?

**Franck Johannès** (1:54)
Les réquisitions sont importantes parce que c'est en fait le bilan qu'en tire l'accusation de tout ce procès, de ce gros mois de procès.
En épluchant le dossier de première instance depuis le début et en écoutant tous les prévenus à l'audience avec leur système de défense qui ont plus ou moins été affléchis. Alors ça ne veut pas dire du tout que ce sera conforme à la décision finale puisque la Cour reste entièrement libre de décider ce qu'elle veut ou d'aller plus loin ou d'aller moins loin ou de suivre le tribunal en première instance. Mais c'est quand même un moment important parce que c'est en somme le bilan de toutes ces journées d'audience qui va quand même donner une indication assez forte sur la condamnation ou pas de Marine Le Pen et des 11 autres prévenus.

**Thomas Baumgartner** (2:38)
Alors justement c'est peut-être à prendre comme un indicateur comme tu te dis mais ces réquisitions en appel sont différentes des peines qui ont été prononcées en première instance. Les avocats généraux ont demandé des condamnations légèrement moins sévères en appel. Pour Marine Le Pen, la peine demandée en appel reste de quatre années de prison mais seulement d'une année de prison ferme au lieu des deux années auxquelles elle avait été condamnée en première instance. Les peines de 100 euros d'amende et de cinq années d'inéligibilité restent inchangées pour l'ancienne présidente du RN. Mais cette fois-ci, sans exécution immédiate, sans exécution provisoire requise. Alors est-ce qu'on pourrait penser qu'on mentionne là des petites nuances ou est-ce que vraiment il y a un changement ? Est-ce que tu peux nous expliquer ?

**Franck Johannès** (3:17)
Il y a vraiment un changement sur deux points. Exécution provisoire, c'est-à-dire l'explication immédiate de la peine. Ce qui avait été prononcé en première instance, ça veut dire que quoi qu'il arrive, qu'on aille faire un pourvoi en cassation ou pas, qui suspend effectivement la décision de l'accord d'appel.
S'il y avait une exécution provisoire, la peine d'individuité s'appliquerait. Donc là, ils ne demandent pas cette exécution provisoire. Et l'autre chose importante, c'est que aucun des prévenus n'ira en prison si jamais la cour suit les réquisitions du Parquet Général. Il y a des peines de prison fermes qui sont demandées, mais aménageables. En dessous d'un an de prison, on peut l'aménager avec un bracelet électronique.
Donc personne n'ira en prison. En ça, ni exécution provisoire, ni peine de prison physique, ça change des choses. Ça reste quand même un réquisitoire très très sévère. Les gens qui font appel s'imaginent toujours que les peines vont être plus douces. C'est souvent le cas. Côté réquisitoire, c'est quand même sévère. Le plus dur, quand même, c'est vraiment ces peines d'illégibilité. Pour Marine Le Pen, puisque c'est son avenir politique qui se joue. Mais il y a les autres aussi. Il y a les députés. Les députés nationaux, il y a notamment Timothée Houssin et Julien Audoul. Julien Audoul qui est député de Lyon et porte-parole du parti.

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