**Samy** (0:00)
L'ONU vient d'appeler les pays du monde à se préparer. Selon son dernier rapport, un épisode El Niño a au moins 80 % de risque de survenir entre juin et août. Ce phénomène météorologique majeur pourrait largement impacter le commerce mondial et le climat, mais aussi mener à des chaleurs records dans le monde. Mais alors pourquoi l'ONU s'alarme et que pourrait-il se passer ? Salut c'est Samy, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'Actus du Jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. El Niño, c'est donc un phénomène météorologique qui avait notamment contribué à faire de 2024 l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des données officielles en 1850 Quand le phénomène El Niño se met en place tous les deux à sept ans, l'océan Pacifique se réchauffe, ce qui entraîne de nombreux changements climatiques dans la région. Dans le sud des Etats-Unis, El Niño est par exemple capable de provoquer des pluies torrentielles dans des régions normalement très sèches à cette période. A l'inverse, El Niño peut aussi provoquer des sécheresses dans des zones tropicales où il pleut normalement beaucoup comme en Asie du Sud-Est. Ce phénomène peut aussi entraîner d'importants incendies ou cyclones en fonction des régions. Si vous voulez en savoir plus sur El Niño en lui-même, je vous renvoie directement sur notre sujet de une qu'on avait fait là-dessus il y a quelques semaines de ça maintenant. Mais désormais, c'est donc quasiment certain, selon le dernier bulletin de l'OMM, l'Organisation Météorologique Mondiale, une agence de l'ONU, El Niño a donc 80 % de risque de survenir entre juin et août, et même 90 % entre juillet et novembre. Et en raison des fortes chaleurs déjà recensées dans l'océan Pacifique, certains parlent même d'un super El Niño, un terme non officiel utilisé pour désigner les épisodes encore plus intenses. De son côté, l'OMM prévient qu'une incertitude subsiste quant à l'intensité du phénomène, mais le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, affirme tout de même Nous devons tous accorder à cette situation le degré d'urgence climatique qu'elle représente.
**António Guterres** (1:38)
Les conditions El Niño jeteront de l'huile sur le feu d'une planète qui se réchauffe. Les conséquences seront encore plus graves, s'étendront encore plus loin, et franchiront les frontières à une vitesse dévastatrice.
**Samy** (1:48)
Globalement, c'est comme ce qui s'est passé récemment avec le Dôme de Chaleur en France. On est sur un événement qui existe et qui est connu depuis des années, mais qui en raison du dérèglement climatique devient plus extrême et intense. Et alors que les premiers mois de l'année ont déjà été marqués par des records de chaleur, avec des canicules précoces, le OMM prévoit désormais des températures supérieures à la normale dans presque toutes les régions du globe pour la période allant de juin à août, donc pendant El Niño. Maintenant au-delà des températures, El Niño peut être assez marquant car les effets qu'il provoque sur le climat sont très concrets. En Asie du Sud-Est, de potentielles sécheresses dues à El Niño pourraient impacter les productions de riz, de cannes à sucre et d'huile de palme. En 2023, lors du précédent phénomène, l'Inde avait par exemple dû limiter ses exportations de riz dans le monde pour contenir la hausse des prix dans son pays. Mais c'est pas tout, sur le plan logistique, les échanges commerciaux peuvent aussi être perturbés. Sur terre, les inondations peuvent empêcher la circulation des camions et en mer, les sécheresses peuvent aussi perturber certaines voies maritimes. Et ces risques concernent évidemment d'autres domaines, avec des conséquences directes pour les populations. On parle de pénuries d'eau, de coupures d'électricité ou encore de fortes vagues de chaleur, dangereuses pour les plus fragiles. Et c'est donc dans ce contexte que certains experts appellent déjà les pays à prendre en compte ces informations pour adapter tout de suite leur politique et s'adapter au mieux. Evidemment, il y a des préparations à faire sur le temps long pour limiter les effets des vagues de chaleur, des infrastructures plus adaptées peuvent être construites, avec aussi la végétalisation des sols, etc. Concernant les inondations, il faut aussi repenser comment on construit des villes et à quel endroit, mais évidemment tout ça représente des choix économiques et politiques assez importants. Sur le temps court, certains estiment que des pays proches du Pacifique et dépendant de la pêche pourraient aussi revoir leur stratégie et se préparer à limiter l'envoi de bateaux de pêche en raison d'une possible baisse des stocks de poissons liés aux fortes températures des océans, et les pays touchés par les sécheresses pourraient aussi acheter des bâtiments de pêche en avance afin d'éviter tout hausse des prix. Sur ce point, le journal économique Les Echos souligne aussi qu'El Nino pourrait survenir alors que le blocage du détroit d'Hormuz par l'Iran serait toujours en vigueur. Cette situation perturbe déjà l'agriculture, une partie des engrais qui transitaient par ce détroit est désormais plus chère et ou livrait avec du retard. Combiné aux effets d'El Nino, cette situation pourrait donc fortement faire baisser les rendements. Enfin bref, on continuera évidemment de suivre la situation dans les prochaines semaines. De son côté, le secrétaire général de l'ONU souligne que la seule réponse efficace consiste à mener une action climatique à la hauteur de la crise, en accélérant notamment la transition vers les énergies renouvelables. Je vous laisse avec Léah pour le reste de l'actualité importante du jour.
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